Algérie

Feux de forêt en Algérie : 7 suspects en détention pour incendies volontaires

Sept personnes ont été placées en détention provisoire après qu’un juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed a ordonné leur incarcération dans le cadre de cinq affaires distinctes d’incendies volontaires. Des forêts réduites en cendres, des oliveraies ravagées et des broussailles enflammées au cœur de quartiers résidentiels témoignent d’une réalité criminelle organisée et délibérée. Chaque dossier repose sur des preuves solides, allant des témoignages directs aux enregistrements vidéo.

La première affaire concerne « M.A.Z », accusé d’avoir intentionnellement mis le feu à une zone envahie de broussailles et de végétation sèche, près de la bibliothèque municipale du quartier Maâmouli à Guelma. Sa présence sur les lieux au moment de l’incendie est confirmée par une séquence vidéo récupérée par les enquêteurs, le montrant en train d’allumer les flammes.

Le deuxième dossier implique deux suspects, « A.H » et « N.M.M », qui sont accusés d’avoir incendié des broussailles et des herbes sèches dans une zone connue sous le nom d’El-Kef Lekhal, dans la commune de Constantine. Les dégâts matériels sont considérables : 1 000 bottes de paille, 40 oliviers et 20 arbres fruitiers ont été détruits, ainsi que deux écuries. Des témoins les ont formellement identifiés sur les lieux au moment du départ du feu.

Évaluée à 500 mètres carrés de superficie ravagée, la troisième affaire se déroule dans la wilaya de Tipaza. « A.Z » est soupçonné d’avoir volontairement incendié une parcelle agricole privée dans la région d’Oued El-Azayeb, commune de Sidi Semane. Des oliviers, des pins d’Alep et des broussailles ont été consumés. L’acte, commis sur un terrain appartenant à un particulier, aggrave la qualification retenue.

À Jijel, « S.H » a été interpellé en flagrant délit alors qu’il allumait un feu dans des broussailles derrière un immeuble du quartier Ayouf El-Gharbi. Il n’a pas eu le temps de fuir, et son arrestation en flagrant délit constitue l’élément central du quatrième dossier.

La cinquième affaire, instruite pour des faits survenus dans la commune de Boukarama, cercle de El-Khdharia, est peut-être la plus élaborée. Des riverains ont aperçu « A.T », vêtu d’une chemise grise, à bord d’un véhicule stationné à proximité d’une forêt du village Boukhalfoun. Dès que la voiture a quitté les lieux, les flammes ont surgi. Les investigations ont ensuite établi que « Dj.K », passager du même véhicule, est celui qui a physiquement mis le feu.

Au terme des auditions menées par le magistrat instructeur, sept personnes ont été placées sous mandat de dépôt. Le juge a estimé que les éléments réunis par les enquêteurs justifiaient leur maintien en détention en attendant le procès. Les charges retenues concernent des actes d’incendie volontaire commis au sein de propriétés forestières domaniales et de zones d’habitation.

Cette vague d’arrestations s’inscrit dans un contexte national marqué par une recrudescence des feux criminels. Dès le 22 juillet 2026, un premier réseau démantelé à Constantine avait déjà conduit à l’incarcération de quatre suspects, poursuivis sous des qualifications particulièrement graves, y compris des actes terroristes passibles de la peine capitale. La justice algérienne a clairement exprimé sa volonté de traiter ces dossiers avec la plus grande sévérité.