
Chroniques de la Byrsa : Les Huns-Laliens à Carthage (II)*
Nous sommes donc à Carthage Byrsa, engagés dans une vaste campagne de réfection des trottoirs, qui semble s’inscrire dans une opération plus large touchant des communes voisines et d’autres plus éloignées. C’est une bonne initiative !
Cependant, un problème se pose : les tronçons déjà achevés ne laissent aucune place à la verdure. Les autorités municipales semblent avoir négligé cet aspect environnemental. Le résultat est que les trottoirs, bien réalisés, sont totalement dépourvus de végétation. Il a fallu l’intervention de l’Association des Amis de Carthage, qui défend l’intégrité et l’image de l’ancienne métropole africaine, pour que la municipalité prenne en charge l’implantation d’arbres d’ornement à intervalles réguliers sur les tronçons déjà terminés.
Ainsi, le chantier a été rouvert pour aménager des carrés destinés à accueillir de nouveaux arbres, qui embelliront le paysage et fourniront leurs bienfaits, notamment de l’oxygène et de l’ombre, aux usagers. En attendant, ces derniers devront faire preuve de patience face à la chaleur, à l’air chargé de dioxyde de carbone et de poussières. Mais la question se pose : s’agit-il seulement de cela lorsqu’on évoque la végétation ?
De l’autre côté de la Méditerranée, face aux menaces à venir, dont les rigueurs commencent à être mesurées avec les vagues de chaleur actuelles, accompagnées de sécheresse, de déficit hydrique et d’incendies, des recherches sont en cours pour trouver des solutions susceptibles d’atténuer les risques et les effets néfastes de ce phénomène que l’on désigne par l’expression « changement climatique ».
Parmi les différentes expériences mises en œuvre, on trouve celle de la « re-végétalisation des villes ». De quoi s’agit-il ? Il s’agit de réduire au maximum la surface de bitume et de béton armé en y réintroduisant des éléments naturels tels que la terre, le sable ou même la pierre, afin d’accueillir de la végétation, qu’il s’agisse de plantes décoratives ou comestibles.
Ainsi, des trottoirs pavés, des parkings, des terrasses ou des toits d’immeubles se sont transformés en squares, jardins, vergers ou même potagers ! Cela change tout. Non seulement l’espace devient plus utile, mais le décor s’adoucit et la température baisse de manière significative, avec des écarts mesurés entre 7 et 17 degrés Celsius !
Malheureusement, les planificateurs municipaux chez nous semblent ignorer ces avancées. Ils continuent à s’acharner sur ce qui reste de végétation dans nos villes. Certains d’entre eux, il est vrai, passent la saison estivale à l’ombre, mais les usagers, exposés à un soleil de plomb sans la moindre protection, n’ont que peu de compassion pour cette situation.
