Tunisie

Vision stratégique pour le développement scientifique : enjeux et perspectives.

Conscient de l’enjeu technologique et de son impact significatif, la Tunisie a choisi de faire de la super-informatique et de l’innovation un axe stratégique pour son avenir socio-économique. Le lancement récent d’un supercalculateur au Centre de calcul El Khawarizmi illustre cette orientation stratégique.

Cette réalisation, d’une importance majeure, témoigne de l’engagement de la Tunisie à réinventer son économie et à l’orienter vers des modèles performants, capables d’assurer une croissance globale et durable.

Cette ambition est tout à fait légitime, surtout dans des domaines ciblés tels que l’énergie propre, l’intelligence artificielle, l’agriculture innovante et l’économie circulaire ou verte.

Il convient de préciser que ce nouveau supercalculateur, développé dans le cadre de la coopération avec la Chine, reflète la volonté de la Tunisie de s’adapter aux normes internationales, d’anticiper les nouvelles tendances, d’échanger des expertises et d’élargir les capacités productives et compétitives de ses ressources nationales, tout en garantissant leur durabilité.

Cependant, ce qui est réellement crucial, c’est que cet atout pourrait progressivement permettre à la Tunisie de passer du statut de « récepteur » à celui de « concepteur » technologique, grâce à ce partage.

Cette orientation n’est pas étrangère à la Tunisie qui, depuis quelques années, face à la complexité des enjeux stratégiques du développement économique national, a fait de l’innovation technologique un principe fondamental, même si le rythme d’avancement est souvent jugé lent et timide. Nous assistons désormais à une transformation intelligente reposant sur une vision stratégique du développement, notamment scientifique.

L’initiative Horizon 2035, qui définit les principales exigences de l’innovation, l’installation de ce nouveau supercalculateur, la garantie d’une bonne circulation du savoir, l’identification de programmes spécifiques pour valoriser nos compétences et la multiplication de partenariats ciblés soutiennent ce choix d’avenir.

Pour réussir cette transformation ambitieuse, il est essentiel de s’appuyer sur un ensemble de compétences avancées capables de répondre aux exigences complexes de la gestion technologique, notamment en matière de cybersécurité, de transfert et d’analyse des données, de pilotage des nouveaux outils et d’intégration efficace des expertises.

Ces enjeux reposent sur la disponibilité d’un réseau de formation professionnelle moderne et adapté aux normes internationales.

Il est reconnu que notre système actuel ne répond pas à ces attentes, en raison d’un manque de modernisation et d’adaptation aux besoins réels du marché économique et à ses diverses tendances. De plus, les investissements productifs dans ce domaine stratégique demeurent timides. Ces défaillances sérieuses nécessitent des corrections rapides et ciblées.