Tunisie

Départ anticipé de 12 000 agents des sociétés environnementales en vue ?

Une proposition a été formulée pour permettre la retraite anticipée de près de 12 000 employés des sociétés environnementales et de plantation, dans le but de soutenir le redressement financier de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG).

Cette initiative, révélée par le député à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) Abdeljalil Hani, prévoit que les caisses sociales prennent en charge le paiement des salaires des agents concernés, afin de réduire le poids financier pesant sur la compagnie et de lui permettre de retrouver une meilleure marge opérationnelle.

Dans une déclaration faite à Diwan FM, le parlementaire a précisé que cette proposition intervient alors que l’ARP examine plusieurs projets de loi relatifs à des financements extérieurs destinés aux entreprises publiques du secteur des phosphates.

Le député a rappelé que le Parlement doit examiner l’approbation de deux crédits : le premier, d’un montant de 110 millions d’euros, au profit de la Compagnie des phosphates de Gafsa, et le second, d’une valeur de 120 millions de dollars, en faveur du Groupe chimique tunisien (GCT).

Ces financements sont destinés à garantir la continuité des activités et à soutenir les efforts de modernisation des deux entreprises.

Pour la CPG, le prêt sera principalement utilisé pour le renouvellement des équipements d’extraction et de transport, ainsi que pour le développement des installations de traitement des eaux. Selon Abdeljalil Hani, ce financement devrait contribuer à augmenter la production de phosphate pour atteindre 4,2 millions de tonnes en 2026, avec un objectif de 9 millions de tonnes d’ici 2030.

Le député a également indiqué que le Parlement examinera deux accords de mourabaha au profit du Groupe chimique tunisien, destinés à financer l’achat de matières premières et d’engrais nécessaires aux activités de transformation.

Il a également signalé qu’environ 3 millions de tonnes de phosphate, déjà extraites, sont en attente de transport, en raison d’un manque de moyens logistiques suffisants pour leur acheminement vers les unités industrielles du groupe et les ports d’exportation.

Les difficultés financières de la Compagnie des phosphates de Gafsa ont conduit l’entreprise à solliciter des financements extérieurs. Ces difficultés sont notamment dues au vieillissement des équipements, à la baisse de la productivité et à l’impact des mouvements sociaux sur l’activité.

D’après les données fournies par le député, la productivité individuelle moyenne d’un agent est passée de 1 640 tonnes de phosphate à 470 tonnes, en raison de l’augmentation du nombre d’employés et de la dégradation des conditions de production.