
Miel importé : une menace pour la production locale en France
Depuis 2020, les volumes importés de miel ont triplé pour atteindre près de 800 tonnes par an, alors que les besoins du marché national sont estimés entre 400 et 500 tonnes. Les apiculteurs tunisiens dénoncent la commercialisation de miel importé présenté comme un produit local et vendu à des prix variant entre 15 et 30 dinars le kilogramme, tandis que le miel naturel tunisien se vend entre 40 et 120 dinars selon la qualité et l’origine.
L’augmentation des importations de miel suscite une forte inquiétude parmi les apiculteurs tunisiens. Depuis 2020, les volumes de miel importés ont été multipliés par trois, dépassant largement les besoins du marché national, selon les acteurs du secteur. Ces derniers dénoncent une concurrence qu’ils jugent déloyale, favorisée par la commercialisation de miel importé présenté comme un produit local, vendu à des prix très inférieurs à ceux du miel tunisien. Cette situation fragilise encore plus un secteur déjà vulnérable, confronté à une multiplication des pratiques frauduleuses.
Les apiculteurs locaux craignent la grande quantité de miel importé, qui menace directement leur production. Pour rappel, depuis 2020, les quantités importées ont été multipliées par trois. Cette afflux massif de miel compromet le secteur de l’apiculture locale, d’autant plus que les apiculteurs ne reçoivent pas d’incitations et doivent compter uniquement sur leurs propres ressources pour réussir.
Mohamed Ben Hamouda, apiculteur et membre de la Chambre nationale des apiculteurs, a déclaré sur une radio privée que les volumes importés ont atteint près de 800 tonnes par an, alors que les besoins du marché national sont estimés entre 400 et 500 tonnes, et que la production locale dépasse déjà les 500 tonnes. Il a également souligné que la délégation d’Aïn Jloula, située dans la région d’Oueslatia du gouvernorat de Kairouan, reste la principale zone de production du pays, devant Bizerte et les régions du Sud, tant en termes de production que quant au nombre d’apiculteurs et à la qualité du miel. Il a dénoncé la commercialisation de miel importé conditionné sous une appellation et un emballage d’origine locale, vendu à des prix en dessous des coûts de production, pénalisant ainsi les apiculteurs tunisiens et faussant les règles de concurrence sur le marché national. Ce miel est vendu entre 15 et 30 dinars le kilogramme, tandis que le miel naturel tunisien se vend entre 40 et 120 dinars selon la qualité et l’origine.
Mohamed Ben Hamouda a ajouté que cette pratique induit les consommateurs en erreur et désorganise une filière dont la production est par nature saisonnière. Les plus grands apiculteurs du pays produisent rarement plus de cinq tonnes par an, en raison du processus naturel de fabrication du miel. En revanche, ces « intrus » du secteur commercialisent jusqu’à 50 tonnes de miel par an, des volumes incompatibles avec la nature même de la production de miel.
Il a aussi averti de l’évolution des méthodes frauduleuses, qui compliquent la distinction entre miel naturel et produit industriel. Il a recommandé aux consommateurs de privilégier les apiculteurs et les enseignes reconnues, en l’absence d’un test fiable permettant d’authentifier le miel naturel fabriqué localement.
Face à cette situation préoccupante, la Chambre nationale des apiculteurs prévoit de se réunir prochainement pour élaborer des propositions visant à protéger la production nationale et garantir la pérennité de la filière.
