
Métro de Sfax : le gouvernement ne laisse plus de flou.
Le projet du métro de Sfax est inscrit dans les budgets publics des années 2025 et 2026, selon Idriss Mnejja. Son coût global est estimé à environ 540 millions de dinars, avec une première ligne de 22,8 km.
Le projet du métro de Sfax n’a pas été abandonné et reste une priorité pour l’État, a déclaré Idriss Mnejja, président de la commission technique chargée d’accélérer les projets publics à la présidence du gouvernement, mettant ainsi fin aux interrogations récentes sur son statut.
Cette clarification fait suite à une question écrite de la députée Fatma Mseddi, qui s’étonnait de ne pas voir le projet figurant parmi les initiatives jugées « en difficulté » dans une précédente réponse gouvernementale, alors qu’il est inscrit dans les budgets publics de 2025 et 2026.
Idriss Mnejja a précisé que cette omission ne signifie ni abandon ni mise à l’écart du projet, mais résulte du cadre limité de la réponse antérieure, qui ne concernait que les projets confrontés à des blocages précis, sans inclure l’ensemble des initiatives programmées dans le gouvernorat de Sfax, totalisant plus de 390 interventions en cours de suivi.
### Un projet structurant toujours dans le portefeuille de l’État
Le gouvernement a rappelé que le projet du réseau de transport collectif en site propre de Sfax, couramment désigné sous le nom de “métro de Sfax”, représente une initiative structurant au niveau national, destinée à transformer significativement la mobilité urbaine dans la capitale économique du sud tunisien.
Son but est de désengorger un trafic routier de plus en plus saturé, d’améliorer les conditions de déplacement des citoyens et d’accompagner le développement urbain et économique d’une région considérée comme stratégique.
Dans ce contexte, Idriss Mnejja a souligné que le projet est régulièrement suivi au niveau institutionnel et qu’il demeure intégré dans les priorités nationales pour les infrastructures de transport.
### Des avancées techniques, mais des blocages persistants
Au niveau opérationnel, les autorités ont indiqué que plusieurs étapes essentielles ont été franchies. Les études préliminaires sont achevées et des progrès notables ont été réalisés concernant le montage financier. Des avancées ont aussi été constatées dans les opérations de déplacement des réseaux publics et dans les procédures d’acquisition des terrains nécessaires au tracé du futur réseau.
Cependant, le lancement effectif des travaux reste suspendu à l’achèvement de plusieurs procédures délicates, notamment celles relatives au foncier.
Certaines étapes demeurent en cours, telles que la libération complète de l’emprise du projet, la finalisation des expertises des biens concernés par les expropriations, ainsi que la préparation des dossiers d’appels d’offres pour les différentes composantes du chantier.
Ces contraintes, essentiellement administratives et foncières, continuent de constituer le principal obstacle au passage à la phase de réalisation.
### Une réponse aux critiques sur un projet jugé “bloqué”
Cette précision s’inscrit dans un contexte marqué par des critiques constantes, notamment concernant la lenteur du projet et son absence de concrétisation depuis de nombreuses années.
La députée Fatma Mseddi a rappelé que le projet du métro de Sfax est discuté depuis plus d’une décennie, sans aboutissement tangible, malgré des annonces répétées et des budgets alloués pour les études et les phases préparatoires.
Elle a également noté que la ville de Sfax fait face à une congestion routière croissante et à des insuffisances structurelles dans le transport public, rendant, selon elle, la mise en œuvre du projet de plus en plus urgente.
Pour rappel, le dossier du métro de Sfax remonte à plusieurs années. Créée par un décret gouvernemental en juillet 2015, la société chargée du projet avait initialement établi des objectifs ambitieux, avec un démarrage progressif des travaux prévu dans les années suivantes.
En 2020, les autorités avaient annoncé une mobilisations de financements pour les premières étapes, notamment la libération foncière et le déplacement des réseaux, avec une première phase envisagée à court terme.
En janvier 2024, le ministère du Transport avait mentionné un travail de révision des études et une accélération des procédures dans le cadre d’un partenariat public-privé potentiel, tout en soulignant la nécessité d’actualiser les paramètres techniques du projet.
Plus récemment, en décembre 2025, le ministre du Transport a confirmé que le projet restait en phase de coordination entre les différentes parties prenantes, avec l’appui technique de la Banque africaine de développement prévu pour affiner les études.
### Des solutions temporaires face à l’urgence du transport
Malgré ces annonces successives, le projet se trouve aujourd’hui dans une phase préparatoire prolongée, entre ajustements techniques, contraintes foncières et recherche de financement optimal.
Son coût total est estimé à environ 540 millions de dinars, avec une première ligne de 22,8 km dont une phase initiale de 13,5 km devait représenter le cœur du lancement opérationnel.
En attendant la réalisation du projet, les autorités locales et régionales continuent leurs efforts pour améliorer le transport urbain à Sfax. Des réunions de coordination sont régulièrement tenues avec la société régionale de transport pour ajuster les horaires et mieux répondre aux besoins des étudiants et des élèves, notamment aux heures de pointe.
Cependant, le gouvernement admet que ces solutions demeurent limitées et dépendent des moyens disponibles en matériel roulant et en ressources humaines, en attendant la mise en œuvre d’un programme d’acquisition et de renforcement prévu pour 2026.
Sur le terrain, l’attente est palpable. Pour de nombreux observateurs, le métro de Sfax est devenu au fil des années un symbole des grands projets annoncés mais retardés, dans une ville où la pression démographique et économique rend les enjeux de mobilité de plus en plus pressants.
Entre volonté politique affichée et contraintes d’exécution, le projet navigue ainsi entre espoir et impatience.
