Tunisie

Bizerte – Rodéos sauvages : des réactions urgentes sont nécessaires

En 2025, la Tunisie a enregistré 7 137 accidents de la route et 1 253 morts, avec près de la moitié des accidents impliquant des motos et représentant 40 % des victimes mortelles. Un jeune motard a trouvé la mort et deux autres ont été grièvement blessés à Menzel Bourguiba lors d’un accident lié aux rodéos sauvages nocturnes.


En cette période estivale, les rodéos sauvages se multipliant à Bizerte et à Menzel Bourguiba illustrent bien plus qu’un goût pour le risque individuel : ils mettent en lumière une culture de groupe, une recherche de reconnaissance et d’appartenance au sein d’une jeunesse marginalisée.

Ce phénomène, désormais largement répandu à travers le pays, soulève des questions concernant les normes sociales, l’utilisation des espaces publics et les modalités d’expression urbaine contemporaines.

Un jeune motard a perdu la vie et deux autres ont été grièvement blessés à Menzel Bourguiba (gouvernorat de Bizerte) lors d’un accident survenu dans le cadre des rodéos nocturnes.

Ce drame n’est pas un incident isolé : il constitue le symptôme d’un phénomène devenu un fléau quasi quotidien dans plusieurs villes tunisiennes, avec des motos roulant à vive allure sur les boulevards et corniches, transformant les routes en circuits improvisés.

Les rodéos sauvages, ces courses nocturnes non réglementées, transforment nos routes en circuits mortels. En 2025, la Tunisie a enregistré 7 137 accidents de la route, ayant entraîné 1 253 décès. Les motos sont impliquées dans près de la moitié des accidents et représentent 40 % des victimes mortelles.

Derrière ces statistiques se cachent des familles brisées, des vies interrompues et des avenirs volés. Face à ce drame, l’inaction équivaut à une complicité.

Les autorités locales doivent réagir sans délai : augmentation des contrôles policiers, saisie des motos non immatriculées et sanctions exemplaires pour conduite sans permis.

Les municipalités doivent aménager les zones sensibles avec des ralentisseurs, de l’éclairage et des caméras. Toutefois, la répression seule ne suffira pas. La société doit également se mobiliser.

Les écoles doivent intégrer l’éducation routière dans leurs programmes, les associations doivent mener des campagnes de sensibilisation, et des espaces sécurisés doivent être créés pour canaliser la passion de la vitesse.

« Jusqu’à quand allons-nous enterrer nos enfants ? » s’interrogent les habitants. Cette question doit résonner dans chaque bureau municipal et dans chaque ministère.

Les rodéos sauvages ne sont pas un divertissement : ce sont des machines à tuer. Il est temps de briser le silence. Il est temps de sauver nos routes.