
Les Rencontres du Film Documentaire de Redeyef : Neuf ans d’absence, les projecteurs se rallument.
Les Rencontres du film documentaire de Redeyef (Rfdr) font leur grand retour après une absence de neuf ans, du 7 au 11 septembre 2026. Cet événement, qui en est à sa cinquième édition, est orchestré par l’association Nomad08, soutenue par Amavi, Tacir et Afac.
Les organisateurs visent à transformer le cinéma documentaire en un lieu de découverte, de réflexion et de débat, tout en rapprochant les jeunes de la région de la pratique cinématographique. Cette initiative prend une importance particulière dans un contexte local où les défis sont nombreux. Malgré ces difficultés, l’équipe du festival a décidé de relancer cette manifestation, en s’appuyant sur l’engagement local, la transmission de connaissances et les échanges.
Avant le lancement officiel du festival, deux ateliers sont prévus pour les jeunes de la région. Du 1er au 10 septembre, un atelier d’initiation au cinéma documentaire sera dirigé par Yosr Guesmi et Mauro Mazzocchi, permettant aux participants de découvrir les différentes étapes de la création d’un documentaire. De plus, les 5 et 6 septembre, Loïc Verdillon et Katherine Bauer animeront un atelier intitulé « Grattage sur pellicule 16 mm », axé sur l’exploration plastique et expérimentale du film.
La cérémonie d’ouverture se déroulera le lundi 7 septembre à 19h30, avec une performance sonore de l’artiste libano-suisse NAR, accompagnée d’une projection d’images en 16 mm par Loïc Verdillon. Cette première soirée promet de poser les bases d’une édition où le documentaire interagira avec d’autres formes artistiques, considérant l’image à la fois comme un outil de représentation et comme un matériau à expérimenter.
Les jours suivants, le public pourra assister à trois projections par jour à l’espace L’Économat de Redeyef, mis à disposition par Siwa Plateforme. La programmation inclut une sélection de films courts et longs, provenant de Tunisie et d’autres pays, abordant des thématiques variées allant des réalités locales aux enjeux mondiaux, tout en questionnant la place du cinéma et les potentialités de l’image.
Le mardi 8 septembre, la première projection commencera à 15h00 avec « Maudites tomates » de Marwa Tiba (24 mn, Tunisie), suivie de « Chronicle of Vagabond » d’Elyes Jridi (48 mn, Tunisie) et « Images de Tunisie » de Younes Ben Slimane (15 mn, Tunisie). À 17h30, le film « Au cœur des volcans » de Werner Herzog (1 heure 21, Allemagne-France) sera projeté, suivi de « Ancestral Vision of the Future » de Lemohang Jeremiah Mosese (1 heure 30, Lesotho) à 19h30.
Le mercredi 9 septembre, la programmation débutera à 15h00 avec « Compagnions of the Cave » de Fakhri Ghezel (19 mn, Tunisie), suivi des deux parties de « Direct Action » de Ben Russell et Guillaume Cailleau, d’une durée respective de 1 heure 36 et 2 heures.
Le jeudi 10 septembre, les Rfdr continueront leur exploration des formes documentaires et expérimentales. À 15h00, « The Stone Opera » de Haythem Zakaria (23 mn, Tunisie) sera projeté, suivi de « La Langue du feu » de Sami Tarek (1 heure 35, Algérie). À 17h30, le public pourra découvrir « Studio Baumettes » de Hassen Ferhani (32 mn, Algérie-France) et « No Title » de Ghassen Salhab (42 mn, Liban). La soirée se clôturera à 19h30 avec deux films de Philip Rizk, « Terror Tales » (7 mn, Égypte) et « Mapping Lessons » (61 mn, Égypte), avant « Chronicle of Vagabond – Romance » d’Elyes Jridi (55 mn, Tunisie).
Enfin, la dernière journée, le vendredi 11 septembre, sera dédiée à 16h00 aux films Tacir, réalisés dans le cadre du programme éponyme, suivie d’une projection des films issus de l’atelier documentaire, notamment « Matula » d’Abdallah Yahia (1 heure 15, Tunisie).
Le retour des Rfdr représente un véritable défi. Après près d’une décennie d’interruption, cet événement se réinstalle dans une région où les conditions d’organisation sont souvent difficiles, marquées par des ressources limitées. Toutefois, l’engagement de l’équipe demeure fort, avec l’ambition de rétablir un rendez-vous régulier autour du cinéma documentaire à Redeyef.
Les organisateurs aspirent à ancrer cette renaissance dans la durée, souhaitant que ces rencontres deviennent un espace permanent de réflexion et de débats. Ils souhaitent également offrir aux jeunes de la région l’opportunité de découvrir le cinéma sous un autre angle, d’apprendre à observer et de s’approprier progressivement les outils de création. Comme ils l’expriment, leur objectif est d’« instaurer un espace de réflexion et de débats à travers ces rencontres et de vulgariser le cinéma auprès des jeunes de la région ».
Ainsi, du 7 au 11 septembre, Redeyef retrouvera l’effervescence des projections, des échanges et des images, marquant une renaissance que l’on espère pérenne.
