Tunisie

Industrie électronique : Deux unités de semi-conducteurs et quatre centres R&D en Tunisie

La Tunisie prévoit la mobilisation de 350 millions d’euros d’investissements directs étrangers pour soutenir une nouvelle phase de développement de son industrie électronique. Le programme prévoit l’implantation de deux unités de production de composants électroniques avancés, dont une dédiée aux semi-conducteurs.


La Tunisie annonce qu’elle mobilisera 350 millions d’euros d’investissements directs étrangers pour soutenir une nouvelle phase de développement de son industrie électronique, à travers plusieurs projets structurants à forte valeur ajoutée. Cette annonce a été faite par Fathi Sahlaoui, directeur général des industries manufacturières au ministère de l’Industrie, dans le cadre du Pacte pour la compétitivité du secteur.

Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie visant à repositionner la Tunisie dans les chaînes de valeur mondiales et à renforcer son rôle dans les industries technologiques.

### Semi-conducteurs et R&D au cœur du dispositif

Le programme prévoit l’implantation de deux unités de production de composants électroniques avancés, dont une sera dédiée aux semi-conducteurs, considérés comme un secteur stratégique au niveau mondial.

Il inclut également la création de quatre centres de recherche et développement spécialisés, y compris un centre pour l’électronique automobile et une plateforme de prototypage pour l’Internet des objets (IoT).

Parmi les autres projets annoncés figurent la création d’un centre national de conception des systèmes embarqués et le développement d’une filière nationale de microprocesseurs, jugée essentielle pour renforcer l’autonomie technologique du pays.

### Zone industrielle dédiée et usines intelligentes

Le responsable a également annoncé la création d’un parc industriel spécialisé, équipé d’infrastructures modernes, de centres de R&D intégrés et de services logistiques mutualisés.

Un programme national intitulé “Usines intelligentes” sera également lancé, visant à moderniser les outils de production et à intégrer davantage de technologies numériques dans les chaînes industrielles.

En outre, la Tunisie prévoit de développer une zone industrielle dédiée à l’électronique sur 50 hectares, actuellement en phase d’identification du site, avec l’objectif de créer un écosystème productif complet répondant aux normes internationales.

Ces annonces interviennent à un moment où l’industrie électronique tunisienne génère environ 3,5 milliards de dinars d’exportations, emploie près de 70 000 personnes et compte environ 150 entreprises.

Selon Fathi Sahlaoui, ce secteur représente un levier stratégique pour soutenir la croissance économique nationale et améliorer le positionnement de la Tunisie dans les chaînes de valeur mondiales.

Il a également souligné que les transformations globales, notamment les récents problèmes de chaînes d’approvisionnement, ont mis en avant l’importance de maîtriser les composants électroniques et les technologies avancées.

Pour rappel, le pacte s’inscrit dans une vision plus large pour renforcer la recherche, l’innovation et l’intégration industrielle, tout en attirant davantage d’investissements étrangers.

L’objectif affiché est de faire de la Tunisie un acteur reconnu dans l’industrie électronique au sein de la région Europe–Moyen-Orient–Afrique (EMEA), en misant sur les compétences locales, l’innovation et les infrastructures spécialisées.