Tunisie

Grève de trois jours dans les banques et assurances : informations essentielles.

Les banques, les établissements financiers et les compagnies d’assurances entament, à partir de ce mardi 23 juin 2026, une grève sectorielle d’envergure nationale prévue pour durer trois jours, jusqu’au jeudi 25 juin. Selon le communiqué officiel publié par la Fédération générale des banques et des finances, ce débrayage massif fait suite à l’échec critique de toutes les médiations et tentatives de dialogue visant à relancer les négociations avec le Conseil bancaire et financier (CBF) ainsi qu’avec la Fédération tunisienne des sociétés d’assurances (FTUSA).

Le système financier tunisien s’apprête à connaître une paralysie. À partir de ce mardi 23 juin 2026 et jusqu’au jeudi 25 juin, les banques, établissements financiers et compagnies d’assurances se lanceront dans une grève nationale de grande ampleur. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de tensions entre les syndicats et le Conseil bancaire et financier, lié à des revendications salariales et statutaires. La direction a d’ores et déjà annoncé des sanctions financières immédiates contre les grévistes.

Selon un communiqué officiel de la Fédération générale des banques et des finances, cette grève fait suite à l’échec des médiations et tentatives de dialogue pour relancer les négociations avec le Conseil bancaire et financier (CBF) et la Fédération tunisienne des sociétés d’assurances (FTUSA).

Le point central du conflit repose sur deux enjeux majeurs. Les représentants syndicaux dénoncent le blocage des discussions relatives aux augmentations salariales pour l’exercice 2026. Ce point financier est accompagné d’exigences relatives à des dispositions statutaires : le refus d’appliquer les protections prévues au second paragraphe de l’article 412 de la loi n°41-2024, qui concerne la modification du Code de commerce, une législation que les employés souhaitent voir étendue à leur secteur.

Réponse et sanctions

La réaction des employeurs a été rapide. Dans un communiqué diffusé lundi soir, le Conseil bancaire et financier a vigoureusement condamné cette grève, la qualifiant d’« injustifiée ». Pour justifier sa position, le CBF rappelle que des augmentations salariales ont déjà été mises en œuvre et versées aux employés conformément au décret n°68-2026 du 30 avril 2026.

Adoptant une approche rigoureuse, le Conseil a précisé que, dans un contexte de conflit social, la législation en vigueur sera appliquée avec sévérité. Les jours de grève seront systématiquement déduits du salaire mensuel net des grévistes, affectant non seulement le salaire de base, mais également toutes les primes et avantages en nature habituellement offerts par les institutions financières.

Conséquences pour les citoyens

L’impact sur le citoyen ordinaire sera indéniablement significatif. Les personnes sans carte bancaire risquent de se retrouver dans une situation délicate, sacrifiées sur l’autel de ce conflit qui ne les concerne pas directement. Les banquiers, étant en grève, ne seront pas disponibles aux guichets, rendant impossible toute opération bancaire. Aucune possibilité de virement, de retrait direct, d’encaissement de chèque ou d’utilisation d’un carnet d’épargne ne sera disponible durant ces trois jours, coïncidant avec les périodes habituelles de versement des salaires des employés tunisiens.

Cependant, pour une large majorité des fonctionnaires de l’État et des retraités affiliés à la CNSS et à la CNRPS, un virement anticipé a été réalisé afin de leur permettre de retirer leur argent avant le début de la grève. Ceux qui n’ont pas pu le faire pourront toujours retirer de l’argent via les distributeurs automatiques.

Contactée par La Presse.tn, une banquière a indiqué que les opérations essentielles restent fonctionnelles. « Les salaires seront dans les comptes courants comme d’habitude », a-t-elle précisé, ajoutant que les responsables des différentes agences sont tenus d’assurer le réapprovisionnement des distributeurs automatiques. « Cela permettra aux citoyens de retirer de l’argent, étant donné qu’ils ne peuvent pas effectuer de retraits directs via la banque », a-t-elle ajouté.

Toutefois, il est encore incertain si cette réapprovisionnement suffira à satisfaire une demande qui devrait être accrue. De plus, on ne sait pas si les paiements par carte resteront possibles ou si les réseaux de connexion seront impactés… Affaire à suivre !