
Festival international du film d’Amman : Ouverture dédiée au cinéma tunisien
Le Festival international du film d’Amman – Awal Film – a lancé, dimanche soir, sa septième édition. Cette manifestation, qui se déroulera jusqu’au 3 août, mettra particulièrement en avant le cinéma tunisien, avec le film « Sofia » de Dhafer Labidine comme film d’ouverture, une rétrospective dédiée aux grandes œuvres cinématographiques tunisiennes et une forte présence de professionnels tunisiens.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue au Centre culturel Al Hussein, en présence de la princesse Rym Ali, présidente du festival, du prince Ali bin Al Hussein, ainsi que de nombreux cinéastes, artistes et professionnels du cinéma venus de Jordanie et d’autres pays.
L’événement a été marqué par la projection en avant-première jordanienne de « Sofia », le nouveau long métrage de l’acteur et réalisateur tunisien Dhafer Labidine, qui a été choisi comme film d’ouverture.
Le cinéaste, présent dans la salle, a eu l’occasion de présenter son œuvre au public. En hommage au pays invité d’honneur, le chanteur jordanien Yazan Al Rousan a interprété Sabah El Kheir Tunis, ajoutant une dimension musicale à cette soirée inaugurale.
Dans son discours, la princesse Rym Ali a placé cette édition sous le thème « Au-delà du cadre », soulignant que la force des films réside dans « la culture, la mémoire et l’expérience » et appelant les cinéastes arabes à se réapproprier leurs récits et leurs imaginaires.
Créé pour soutenir les premiers et deuxièmes longs métrages, le Festival international du film d’Amman s’est progressivement affirmé comme l’un des événements majeurs dédiés au jeune cinéma arabe.
Son objectif est d’accompagner les nouvelles générations de réalisateurs tout en facilitant les échanges entre les professionnels de la région et leurs homologues internationaux. Chaque année, les œuvres en compétition concourent pour l’Iris Noir, la principale distinction du festival. Cette édition, qui se poursuivra jusqu’au 3 août, présente 82 films provenant de 27 pays, dont 42 œuvres en compétition, réparties entre les catégories des longs métrages de fiction arabes, des documentaires arabes, des courts métrages arabes et des premiers longs métrages internationaux.
La sélection a été réalisée parmi près de 900 candidatures, témoignant du rayonnement croissant du festival sur la scène cinématographique régionale et internationale. Cette année, la Tunisie est mise à l’honneur. En plus de la sélection de « Sofia » pour ouvrir le festival, le cinéma tunisien est célébré à travers une section spéciale, « Spotlight on Tunisian Cinema », qui propose un panorama de six films ayant marqué son histoire récente : « Les Silences du palais » de Moufida Tlatli, « Satin Rouge » de Raja Amari, « Making Of » de Nouri Bouzid, « Hedi » de Mohamed Ben Attia, « La Belle et la Meute » de Kaouther Ben Hania et « Exile » de Mehdi Hmili.
La présence tunisienne se poursuit également dans les compétitions officielles. Le long métrage « Where the Wind Comes From » d’Amel Guellaty est en lice dans la catégorie des longs métrages de fiction arabes, tandis que les courts métrages « Somewhere I Belong » de Youssef Handouse et « The Light that Remains » de Youssef Guermazi participent à la compétition des courts métrages arabes.
Le programme met également en avant plusieurs personnalités tunisiennes. L’actrice Hend Sabry, membre du jury des longs métrages de fiction arabes, participera à une rencontre avec le public sur son parcours entre la Tunisie et l’Égypte. La productrice Dora Bouchoucha animera une discussion sur sa contribution au développement du cinéma tunisien et arabe, tandis que le réalisateur Mehdi Barsaoui siègera au jury des Journées de l’industrie cinématographique d’Amman (AFID). En plus des projections, le festival propose un programme riche en rencontres professionnelles, tables rondes, masterclasses, plateformes de pitch et ateliers destinés à soutenir les jeunes cinéastes.
Les Journées de l’industrie cinématographique d’Amman accueillent, cette année, vingt projets arabes et jordaniens, ainsi qu’un nouvel incubateur dédié au développement de courts métrages jordaniens. La soirée d’ouverture a également été marquée par un hommage au comédien palestinien disparu Mohammad Bakri, en présence de sa famille.
Les membres des différents jurys des compétitions et des Journées de l’industrie cinématographique ont été présentés au public, lançant officiellement neuf jours de projections, de débats et de rencontres qui feront d’Amman un carrefour du cinéma arabe et international. En plaçant la Tunisie au cœur de sa programmation, le Festival international du film d’Amman confirme la place grandissante qu’occupe aujourd’hui le cinéma tunisien sur la scène régionale et internationale.
