
Canicule et coupures de courant : Bilan de plus de 100 morts chez les jeunes médecins
Un vent de détresse a récemment soufflé sur les hôpitaux publics tunisiens. Au cours de la semaine passée, le bruit des sirènes d’ambulances a été entendu par la majorité des citoyens, tant il a résonné dans presque chaque quartier.
Dans les coulisses, une véritable crise se profile au sein des institutions sanitaires. Des rumeurs circulent selon lesquelles certains services d’urgence ont été submergés par un nombre élevé de patients en détresse respiratoire. Cette situation a été d’autant plus chaotique en raison des coupures de courant. Des témoins rapportent que ces coupures ont entraîné l’interruption de certains services, mettant en danger la vie des patients.
Face à cette menace, des médecins se sont précipités pour transporter des nouveau-nés intubés et d’autres patients ventilés nécessitant une assistance dans des ambulances équipées pour leur sauver la vie. Une vie dépendant, entre autres, de machines électriques. En effet, entre des températures record et des coupures d’électricité répétées, les médecins ont dû réaliser des acrobaties pour préserver la vie des patients.
Dans ce contexte, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) évoque une situation critique, avec une mortalité estimée à plus de 100 décès. Cette structure syndicale dénonce des urgences saturées à un niveau jamais atteint depuis le pic de la pandémie de Covid-19. L’OTJM confirme que l’impact sanitaire de la dernière vague de chaleur, combiné aux défaillances du réseau électrique, a pris une tournure dramatique. Invité sur le plateau de Jawhara FM, le Dr Bahaeddine Rabii, vice-président de l’OTJM, a dressé un tableau alarmant, évaluant le bilan provisoire à plus d’une centaine de morts causés directement par le stress thermique et les interruptions d’énergie.
« Le constat dressé sur le terrain par les praticiens hospitaliers rappelle les heures les plus sombres de la crise sanitaire mondiale. L’afflux massif et l’engorgement critique que connaissent nos structures, notamment les services des urgences à travers la République, sont sans précédent depuis l’époque du Covid-19 », a affirmé le Dr Rabii.
Il a ajouté que les vagues successives d’admissions ont principalement concerné des profils à haute vulnérabilité. « Les hôpitaux ont principalement reçu des patients en détresse respiratoire aiguë nécessitant une oxygénothérapie immédiate ainsi que des malades chroniques dont les pathologies ont été lourdement décompensées par la chaleur extrême. »
Pour l’organisation syndicale, ce seuil de 100 victimes était largement prévisible dans un contexte où les conditions climatiques sont particulièrement anormales. Cependant, l’intervenant a exprimé sa stupéfaction face au silence de l’autorité de tutelle, déplorant l’absence totale de communication ainsi que la non-officialisation de ces indicateurs de mortalité par le ministère de la Santé, estimant que la transparence est un pilier incontournable pour la gestion d’un tel pic de crise.
