Les sons d’une forêt en feu font revivre l’esprit d’un génie suisse

Temps fort du festival Culturescapes, qui se déroule jusqu’au 1er décembre, le Burnt Instruments Orchestra (BIO) s’oppose à la destruction de la forêt amazonienne. Une manière d’insuffler l’esprit et le génie de Walter Smetak dans sa Suisse natale. Pendant la rédaction de cet article, 80’000 hectares de forêt amazonienne ont brûlé. Et la même superficie sera en feu pendant que vous le lirez. Cette échelle de destruction quotidienne est devenue si banale qu’elle ne fait plus l’actualité. Néanmoins des initiatives artistiques hors du commun, telles que Culturescapes, s’efforcent de faire prendre conscience des menaces actuelles et constantes, qui pèsent non seulement sur la nature mais aussi sur les populations, autochtones ou non, dépendantes de ressources naturelles en voie de destruction. Le bois brûlé est également le matériau utilisé par Marco Scarassatti et Lívio Tragtenberg pour construire les sculptures musicales de leur Burnt Instruments Orchestra. Le duo de compositeurs…

Lire la suite

La COP26, dernier espoir pour limiter le réchauffement climatique?

La conférence des Nations unies sur le climat (COP26) est considérée par beaucoup comme la dernière chance d’éviter les conséquences les plus catastrophiques et irréversibles de la hausse des températures. Voici les points clés de l’événement, qui se déroule à Glasgow, en Écosse, du 31 octobre au 12 novembre. La conférence internationale représente «un tournant pour l’humanité», selon le Premier ministre britannique Boris Johnson. Ces mots forts traduisent l’importance de l’événement. Les Nations unies n’ont d’ailleurs pas voulu le reporter une nouvelle fois à cause de la pandémie, malgré l’appel de nombreuses organisations non gouvernementales, qui craignent que le manque de vaccins dans les pays pauvres ne permette pas à tous de participer. La Suisse veut réitérer sa position sur l’action climatique lors de la COP26, mais la clé du succès – ou de l’échec – de la conférence se mesurera à l’aune des décisions prises collectivement. Qu’est-ce que la COP? Il s’agit de la…

Lire la suite

Jo Siffert, l’homme qui fit monter Porsche dans les tours aux États-Unis

Avec Jo Siffert, tué sur un circuit il y a exactement 50 ans, la course automobile a perdu l’un de ses meilleurs pilotes et la Suisse son premier ambassadeur du sport mondial. Mais il a laissé une riche moisson à son employeur Porsche: la marque lui doit la conquête du marché américain. Jusque dans les années 1970, les courses étaient une roulette pour obtenir des prix en argent, la gloire et des chiffres de vente. L’enjeu: la vie des pilotes. Dans ce contexte, Jo Siffert a été un acteur clef. Il n’a certes jamais remporté le Championnat du monde de Formule 1, mais pour Porsche, ce pilote charismatique et cool issu du quartier pauvre de Fribourg faisait un peu office de Most Valuable Player. En 1968, sa victoire dans un Grand Prix de Formule 1 en avait fait un héros. Durant la seconde moitié de la saison 1971, après une série interminable de déconfitures et de pannes dues à un matériel de qualité inférieure, il faisait enfin partie des pilotes de Formule 1 les plus rapides du monde.

Lire la suite

Jo Siffert ou quand la course automobile est devenue un mythe

Le 24 octobre 1971, le coureur automobile suisse Jo Siffert perdait la vie sur un circuit. Cinquante ans plus tard, les fans de sports mécaniques se souviennent avec émotion de ce pilote entré dans la légende et à qui l’on devrait notamment – dit-on – la tradition des douches de champagne sur les podiums. Circuit de Brands Hatch, Royaume-Uni, 24 octobre 1971: Jo Siffert prend part à sa 96e course de Formule 1. Bien qu’en pole position, il rate son départ et doit lutter ferme pour revenir en tête. Mais après 15 tours, c’est le drame; sa voiture fait une embardée, rebondit, se retourne et prend feu. Les secours sont trop lents et le pilote, inconscient, meurt asphyxié. Quelques jours plus tard, ses obsèques, à la cathédrale de Fribourg, réunissent près de 50’000 personnes. Comme coureur de F1, Jo Siffert n’a de loin pas eu le palmarès et la gloire d’un Juan Manuel Fangio, d’un Niki Lauda ou d’un Ayrton Senna. Pourtant, cinquante ans après sa mort, ce pilote qui aurait pu, comme…

Lire la suite

Une université suisse s’attaque aux préjugés sexistes dans les facultés de médecine

La recherche et l’enseignement médicaux ont longtemps été critiqués comme étant «aveugles aux questions de genre», «orientés vers les hommes» ou faits par les hommes pour les hommes. L’Université de Lausanne entend remédier à cette situation: elle est l’une des rares institutions du monde à intégrer la dimension genre dans l’enseignement de la médecine. Carole Clair et Joëlle Schwarz, coresponsables de l’unité médecine et genre du Centre universitaire de médecine générale et de santé publique (Unisanté) à Lausanne, souhaitent que les futurs médecins aient connaissance des différences entre les sexes en santé. Hommes et femmes ne sont pas affectés de la même manière par certaines maladies et vivent celles-ci souvent différemment, ce qui peut avoir d’importantes conséquences sur la manière dont une maladie est diagnostiquée et traitée. Pourtant, les facultés de médecine abordent rarement les questions du sexe et du genre dans leur cursus, excepté en matière de santé reproductive.

Lire la suite

«En Suisse, un tribunal sur cinq ne dispose d’aucune femme juge à plein temps»

Une initiative demande que les juges soient choisis par tirage au sort. Les initiantes et initiants estiment que ce procédé améliorerait les chances des femmes d’accéder à des fonctions officielles. Une avocate n’est pas d’accord. Lorsque les orchestres ont commencé à auditionner les candidats musiciens derrière un rideau, la proportion de femmes a augmenté. Le camp du oui à l’initiative sur la justice espèrent un effet similaire de la procédure de tirage au sort pour la sélection des juges fédéraux. Les opposantes et opposants ne sont pas d’accord. Étant donné qu’un groupe d’expertes et experts procéderait à la présélection, le risque serait encore plus grand que le pouvoir judiciaire ne soit composé que d’hommes conservateurs. Qui a raison? Nous avons posé la question à la juriste Nina Ochsenbein, qui, dans sa thèse, a étudié la proportion de femmes juges dans les tribunaux suisses et analysé leur système électoral. Nina Ochsenbein L’avocate Nina Ochsenbein a dirigé le centre…

Lire la suite

La Suisse se prononce sur le tirage au sort des juges

Une initiative populaire demande que les juges fédéraux soient tirés au sort, pour les soustraire aux pressions politiques. L’initiative n’a aucune chance de succès, même si la critique du système suisse est justifiée. Ce qui est interdit dans certains pays fait partie du système en Suisse: les juges sont membres d’un parti et sont élus par le Parlement. Une initiative populaire veut changer cette donne. Quel est l’enjeu? Fondamentalement, la question posée au corps électoral touche à l’indépendance du pouvoir judiciaire suisse. Le système judiciaire est étroitement lié à la politique. Cela s’applique à tous les juges, mais l’initiative vise uniquement les juges fédéraux. À l’avenir, ils devraient être nommés par une commission d’expertes et d’experts sur la base de leurs qualifications, puis tirés au sort. Les juges fédéraux ne devraient plus avoir à se représenter aux élections et devraient rester en fonction jusqu’à l’âge de 70 ans. Ce n’est qu’en cas de manquement grave aux…

Lire la suite

Au Brésil, «la liberté d’expression a un prix»

Le Brésil n’a jamais été très amateur de liberté d’expression, affirme l’acteur et humoriste brésilien Gregório Duvivier. L’animateur de l’émission hebdomadaire «Greg News» sur HBO Brésil, populaire auprès des jeunes, est le dernier contributeur de la série Global Voices of Freedom de swissinfo.ch. «J’ai certes la liberté d’expression, presque comme en Suisse, mais elle a un prix», déclare Gregório Duvivier. Après une blague sur un Jésus-Christ gay en 2019, le comédien et ses collègues de la société de production Porta dos Fundos ont dû être placés sous la protection de gardes du corps armés pendant plusieurs mois. Leur studio de production a également été visé par une bombe incendiaire la veille de Noël. Originaire de Rio de Janeiro, Gregório Duvivier a commencé à vivre de la comédie dès l’adolescence. Fils d’un sculpteur et d’une chanteuse, il s’est ensuite tourné vers le théâtre, la comédie et l’écriture. Il commente la politique brésilienne depuis huit ans. «Je me sens très…

Lire la suite

Un centre sur l’origine de la vie sur Terre et dans l’univers

Le prix Nobel Didier Queloz et l’astrophysicien Sascha Quanz vont étudier les origines de la vie dans un nouveau centre à Zurich. Qu’en attendent exactement les deux chercheurs suisses? Le Centre for the Origin and Prevalence of Life devrait ouvrir ses portes l’année prochaine à l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH). Des collaborations avec l’université britannique de Cambridge sont également prévues. SWI swissinfo.ch a rencontré les maîtres d’œuvre de ce nouveau campus. SWI swissinfo.ch: Didier Queloz, vous avez reçu le prix Nobel pour la découverte de la première exoplanète. Quelle chance y a-t-il que la vie existe en dehors de la Terre, peut-être sur une exoplanète, ou sur Mars? Didier Queloz: Je suis absolument convaincu qu’il y a de la vie ailleurs dans l’univers. Pour la simple raison qu’il y a beaucoup trop d’étoiles et beaucoup trop de planètes. Donc considérer la vie comme propre à la Terre uniquement, ce serait trop rare pour être possible. En tant que…

Lire la suite

«Je ne veux tuer personne»

La Bâloise Erika Preisig, médecin et présidente de l’organisation de suicide assisté Lifecircle, a aidé à mourir des patients et patientes, y compris venant de l’étranger. La militante défend également la légalisation du suicide assisté dans d’autres pays. Nous lui avons demandé pourquoi. SWI swissinfo.ch: Pourquoi votre organisation apporte-t-elle son aide à des personnes venant de pays où le suicide assisté est illégal? Erika Preisig: Parce que chaque être humain a le droit de décider quand, où et comment il veut mourir. Souvent, lorsque des personnes se rendent en Suisse pour mourir, elles souffrent d’une maladie grave et ne sont pas en état de voyager. Si elles pouvaient avoir cette possibilité dans leur pays d’origine, elles ne seraient pas obligées de le faire ici. L’aide à la mort devrait être légale partout dans le monde. Je travaille avec des patients et patientes en soins palliatifs depuis 21 ans, en tant que médecin de famille. Même avec de bons soins palliatifs en…

Lire la suite