NBA : La « bataille » Thunder-Spurs passionne le monde du basket.
Le premier match des finales de la conférence Ouest en NBA entre OKC et San Antonio aura lieu dans la nuit de lundi à mardi à 2h30. Victor Wembanyama affrontera pour la première fois en play-offs Shai Gilgeous-Alexander, qui a été nommé double MVP.
On pourrait s’imaginer qu’OKC nous réserve un coup marketing mémorable lors de la nuit de lundi à mardi (2h30), pour l’ouverture du premier match des finales de la conférence Ouest en NBA contre San Antonio. Il s’agirait d’une présentation étincelante du tout nouveau deuxième titre de MVP de son leader Shai Gilgeous-Alexander, visant à agacer davantage Victor Wembanyama dans l’autre camp. Puis, le Paycom Center d’Oklahoma City serait chauffé à blanc avec un concert surprise d’AC/DC, prêt à interpréter son célèbre titre Thunderstruck.
Brian Johnson surprendrait alors tout le monde en hurlant pendant le refrain « Thuuuuunder-Spuuuuurs », pour accentuer encore plus la rivalité qui promet de captiver les passionnés de basket durant les deux prochaines semaines. Avouez que cela aurait de la classe, dans la lignée des différentes communications de la Ligue pour titiller notre curiosité.

La finale avant l’heure
Considéré comme le meilleur sport mondial en matière de statistiques, le basket américain nous a offert un sacré clin d’œil historique dimanche : cette série OKC-San Antonio sera la première à opposer deux équipes ayant réalisé au moins 62 victoires en saison régulière depuis les finales NBA de 1998 entre les Chicago Bulls et le Utah Jazz. Oui, avec en climax le tir emblématique de Michael Jordan à Salt Lake City. Même si les New York Knicks affichent un niveau impressionnant dans ces play-offs, nous sommes clairement en présence de LA finale anticipée, dans cette jungle qu’est souvent l’Ouest.
Le combatif arrière d’OKC, Alex Caruso, déclare ainsi : « Il s’agit des deux meilleures équipes de la saison si l’on se base sur les bilans. Nous savons à quel point les Spurs sont forts. Nous avons beaucoup de respect pour eux et nous nous préparons à une bataille ». Cela pourrait même se poursuivre avec sept affrontements très physiques, bien plus intenses que les haletantes demies entre Spurs et Wolves (4-2).
OKC invaincu dans ces play-offs
Des défenseurs de premier plan ne manqueront pas sur le parquet dès la nuit prochaine, avec Lu Dort, Casen Wallace, Alex Caruso et Chet Holmgren d’un côté, et Stephon Castle, Carter Bryant et, bien sûr, Victor Wembanyama de l’autre. De quoi assurer une tension palpable, surtout quand on sait les tensions causées par certains coups de sifflet généreux obtenus par « SGA ». Son équipe, championne NBA en titre, sort de deux « sweeps » (des victoires 4-0) face aux Phoenix Suns et à des Lakers (privés de Luka Doncic) bien trop limités pour rivaliser.
Ces jeunes Spurs ambitieux, ayant effectué une poussée remarquable (+ 28 victoires par rapport à la saison précédente où ils avaient terminé à la 13e place à l’Ouest) n’ont pas du tout l’allure de victimes expiatoires. Les leaders texans, dirigés par « Wemby », ainsi que les impressionnants Stephon Castle (21 ans, 19,9 points) et Dylan Harper (rookie de 20 ans, 13,7 points), découvrent une nouvelle dimension avec l’intensité des play-offs, et le test s’avère concluant. Les statistiques de Sofascore ci-dessous révèlent à quel point San Antonio a su élever collectivement tous ses chiffres majeurs en « postseason », excepté pour ses points marqués (116,9 en moyenne contre 119,8).

« Nous ne les prenons absolument pas à la légère »
« C’est évidemment une très bonne équipe, admet Shai Gilgeous-Alexander. J’ai le sentiment que les Spurs ont été juste derrière nous toute l’année [62 victoires contre 64 au final, sur les 82 matchs de la saison régulière]. Donc nous ne les prenons absolument pas à la légère. » La star canadienne du Thunder est consciente que les quatre jours supplémentaires de repos (depuis la fin des demi-finales à l’Ouest) ne sont pas forcément bénéfiques.
Une perte de rythme pour le rouleau compresseur qu’est Oklahoma City n’est pas à exclure, puisque l’équipe n’a pas joué de match officiel depuis une semaine. Une éternité à l’échelle des matchs disputés tous les deux jours en play-offs. San Antonio a surtout eu la bonne idée de gagner quatre de ses cinq matchs face à « SGA » cette saison. De quoi alimenter chez tout le monde l’idée d’une bête noire pour la nouvelle dynastie en devenir de la Ligue ?

Des tensions entre « Wemby » et Chet Holmgren
L’intérieur du Thunder, Jaylin Williams, a tenu à diminuer l’importance de ces précédentes rencontres à enjeux variables : « Honnêtement, ça n’a rien à voir. En play-offs, c’est un jeu tellement différent. On n’affronte jamais une équipe autant de fois d’affilée en saison régulière. Là, les décisions arbitrales sont différentes, les gars jouent plus dur, tout est différent ». Sauf l’animosité de Victor Wembanyama envers Chet Holmgren, qui ne risque pas de disparaître lors des joutes de play-offs à haute tension.
Cette rivalité croissante entre les deux jeunes intérieurs atypiques contribue à l’excitation générale entourant ces finales de conférence à l’Ouest. « J’ai hâte de voir le duel entre Chet et « Wemby », confie l’ancien MVP fidèle aux Mavs, Dirk Nowitzki, désormais consultant pour Prime Video. Je veux également voir comment les Spurs tenteront de défendre sur Shai. Il y a une énorme attente autour de cette série, j’aimerais qu’elle puisse aller jusqu’à un maximum de 11 matchs.
Notre dossier sur Victor Wembanyama
Bonne blague, Dirk, mais il n’y aura pas d’exception : en sept « batailles » au maximum, nous saurons si notre phénomène français de 2,24 m est sur le point de remporter sa première bague de champion NBA après avoir écarté le grandissime favori. « Rien que l’expression « conference finals » est incroyable, confiait ces derniers jours le pivot de l’équipe de France. J’ai entendu ça quasiment toute ma vie, et le vivre à présent, ça va être spécial. » Comme tout ce que « Wemby » touche, finalement.

