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France – Suède : Les Bleus ne parviennent pas à élever le football au rang d’art

L’équipe de France, qualifiée pour les huitièmes de finale après une victoire de 3-0 contre la Suède, a réalisé plus de 60 % de possession et 25 tirs lors de cette rencontre. Didier Deschamps a déclaré qu’il y a toujours des choses à améliorer et a invité les critiques à continuer à chercher des problèmes.

De notre envoyé spécial à New York,

Il va falloir s’adapter. Assister à un match en arborant un maillot ou une écharpe des Bleus tout en exprimant son admiration pour Kylian Mbappé n’est plus à la mode. La prochaine fois que vous vous rendant à une rencontre de l’équipe de France, habillez-vous de votre plus beau smoking, prenez une pipe et un monocle, et observez. Il vous faudra vous balader dans les couloirs de l’arène, vous arrêter avec un regard curieux lorsque Michael Olise a le ballon ou analyser très sérieusement les mouvements de course.

L’équipe de France n’est plus simplement une équipe de football. Elle est devenue ces dernières semaines une véritable œuvre d’art. Qualifiés pour les huitièmes de finale après une victoire éclatante contre la Suède (3-0), mardi, les Bleus introduisent une nouvelle tendance dans l’impressionnisme. Le concept est clair : utilisation de couleurs bleu ou vert menthe, tout en privilégiant la technique collective. Des éléments qui s’unissent avec des instants fugaces, conférant à l’ensemble une nouvelle dimension.

Un nouveau courant impressionniste

On peut citer, par exemple, cet incroyable ciseau retourné, réalisé instinctivement par Michael Olise à l’entrée de la surface de réparation, qui finit sur le poteau, ce but en solo de Kylian Mbappé après une belle action dans la défense suédoise, ces passes dans le dos de la défense suédoise de la part d’Olise, ce crochet dévastateur de Bradley Barcola qui met deux défenseurs à terre… N’en jetez plus, la palette est complète.

A la base de ce nouveau mouvement, il y a Didier Deschamps. À l’instar de Claude Monet, maître de l’impressionnisme qui a longtemps peiné à se faire reconnaître pour ses innovations dans la peinture, le sélectionneur des Bleus, plutôt traditionnel dans son approche, a mis du temps à dénicher la bonne technique. Ce n’est que quelques semaines avant de ranger les pinceaux qu’il parvient à obtenir le bon mélange de couleurs pour concocter un cocktail explosif, avec quatre attaquants alignés simultanément.

Mbappé a marqué un doublé face à la Suède.
Mbappé a marqué un doublé face à la Suède. - Andre Ricardo/SPP/Shutterstock/SIPA

Cette recette a porté ses fruits de manière éclatante contre la Suède : plus de 60 % de possession, 25 tirs dont 12 cadrés, plus de 550 passes… L’œuvre réalisée a été la plus aboutie de ce début de Coupe du monde. Les trois petits buts encaissés sont dérisoires comparés à la déroute que les coéquipiers de Viktor Gyokeres auraient dû subir, tant Jacob Widell Zetterstrom a sauvé son équipe à plusieurs reprises ou a bénéficié de la chance des montants.

« Allez-y, trouvez des problèmes »

Les Bleus non seulement dominé la rencontre de manière écrasante, mais ils ont également apporté une part de plaisir rarement vue tout au long d’un match (à part, peut-être, durant le premier quart d’heure si l’on veut être pointilleux). « Je prends beaucoup de plaisir aussi, a déclaré Didier Deschamps en conférence de presse. Il y a une bonne connexion. Quand on doit fournir des efforts avec le ballon, tout le monde est impliqué, même les attaquants. C’est une excellente chose. Je suis fier de cela. »

Du beau, de l’excitant… Tout est réuni pour faire avancer le groupe ensemble. Même les sceptiques qui souhaitaient opposer Mbappé à d’autres acteurs ont finalement abandonné. « On sait que tout le peuple français est derrière nous, a souligné Malo Gusto, entré en remplacement de Jules Koundé en cours de match. Nous les faisons vibrer, et c’est à nous de continuer ainsi et de démontrer que nous souhaitons nous battre pour la Coupe, tout simplement. »

Tout le monde se projette déjà en train de voir les Bleus lever les bras dans ce même stade à New York le 19 juillet. Et tant pis si parfois quelques petites taches peuvent apparaître, notamment sur le côté gauche du tableau. D’ailleurs, Didier Deschamps a exhorté les critiques à continuer à chercher des défauts pour éviter une euphorie excessive.

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« Il y a toujours des choses à améliorer, a assuré le sélectionneur. Allez-y, trouvez des problèmes, c’est positif, il ne faut pas que tout soit parfait. Nous ne sommes encore qu’en huitièmes, il faut apprécier, redescendre pendant quarante-huit heures, se recentrer et remettre ça. » On attend donc une toile encore plus réussie contre le Paraguay. Il se pourrait que quelques touches de rouge viennent dynamiser le tableau, compte tenu de l’agressivité du jeu sud-américain. De toute manière, un peu de sang n’a jamais fait de mal à la peinture. N’est-ce pas, Vincent van Gogh ?