David Clarinval (MR) se réjouit de l’extension des flexi-jobs : « C’est une success-story »
Depuis ce mercredi matin, les flexi-jobs sont étendus à tous les secteurs, comme le prévoyaient l’accord de gouvernement Arizona et son ministre de l’Emploi, David Clarinval (MR). Selon une étude de 2019, ce système ne détruit pas, ou très peu (9 pour 10.000) d’emplois à temps partiel.

Depuis ce mercredi matin, la mesure des flexi-jobs a été élargie à tous les secteurs, conformément aux engagements pris par l’accord de gouvernement Arizona, sous l’égide du ministre de l’Emploi, David Clarinval (MR). Les flexi-jobs constituent des emplois complémentaires, bénéficiant d’une fiscalité allégée, qui s’adressent notamment aux salariés travaillant au moins à 4/5 temps ou aux retraités. Toutefois, cette extension ne signifie pas que tous les travailleurs deviendront flexi-jobbeurs, « car c’est sur une base volontaire, personne n’est obligé de faire un flexi-job », a souligné le ministre ce mercredi sur La Première (RTBF).
Pour David Clarinval, l’élargissement aux différents secteurs est une avancée positive car « des centaines de milliers de personnes veulent (un flexi-job), on voit que c’est une success-story. On a des indicateurs qui montrent que plusieurs centaines de milliers de travailleurs font déjà des flexi-jobs, veulent en faire, et les secteurs sont demandeurs d’en proposer. » Au troisième trimestre 2025, les dernières données disponibles indiquaient que la Belgique comptait 212.000 flexi-jobs, répartis entre 156.000 travailleurs différents, un même travailleur pouvant détenir plusieurs flexi-jobs.
Des personnes vont pouvoir faire des flexi-jobs plutôt que de travailler au noir.
Au sein du monde syndical, la critique se concentre également sur la perte de revenus fiscaux pour l’État générée par ce système favorable aux travailleurs et aux employeurs. La FGTB estime que la perte pour l’État s’élèvera à 380 millions d’euros en 2024, tandis que deux économistes de la CSC évaluent cette perte à 76 millions d’euros pour la même année. « On ne voit pas du tout de perte financière », soutient le vice-Premier ministre, en qualité de négociateur des budgets de l’État. « Au contraire, il y a une cotisation patronale de 28%. On voit que ça permet aussi de blanchir (régulariser) toute une série de personnes qui travaillaient au noir. Et donc des personnes vont pouvoir faire des flexi-jobs plutôt que de travailler au noir. On voit que ça augmente le pouvoir d’achat, donc ça crée de l’économie, de la croissance, des recettes pour les entreprises, de l’activité, donc du dynamisme. On doit vraiment considérer les flexis comme étant quelque chose de positif et arrêter d’avoir cette vision négative que les syndicats propagent. »
Environ 33% de remise à l’emploi pour les exclus du chômage : « un vrai succès »
En 2026, la réforme du chômage est entrée en vigueur, introduisant une exclusion pour les demandeurs d’emploi percevant des indemnités depuis plus de deux ans. Après six mois, le ministre dresse un bilan positif de cette réforme. « Je suis assez optimiste quand je vois les différentes études qui sortent. Que ce soit la KULeuven, la Cour des comptes, mais aussi l’ONEM, on voit que les chiffres montrent vraiment une croissance, une augmentation claire du nombre de chômeurs qui trouvent du travail. » Selon la Cour des comptes, après les deux premières vagues d’exclusion, la théorie des trois tiers semble se vérifier : un tiers des exclus retrouverait un emploi, un tiers se tournerait vers le CPAS (31,9%) et un tiers ne pourrait prétendre ni à un emploi, ni à une aide sociale.
Quand on aura le système classique, fin de cette année donc, on aura aux alentours de 33% de remise au travail.
Le ministre a précisé que « 10% des exclus de la première vague » ont trouvé un emploi, cette première vague ayant principalement concerné des jeunes percevant des allocations et des chômeurs depuis plus de 20 ans, « donc c’était vraiment les publics les plus difficiles. » Il a ajouté : « Mais quand on regarde les quelques mois précédents, quand les gens ont commencé à se dire « bon, maintenant il va falloir que je cherche du travail parce que dans 2-3 mois je n’aurai plus mon chômage », eh bien on voit qu’on est déjà presque à 33%. Et on voit que les études en général montrent que quand on aura le système classique, fin de cette année donc, on aura aux alentours de 33% de remise au travail. Et donc, on peut clairement dire que ce sera un vrai succès.«
Dans cette optique des trois tiers, un autre tiers (33%) se tourne également vers l’aide sociale des CPAS. Dans certaines grandes villes, cela atteint même 55%, comme l’a révélé la DH à Charleroi. « Oui à Charleroi, mais pas dans toutes les grandes villes », affirme David Clarinval. « Il y a un effet culturel très important qui joue. On voit qu’en Flandre, même dans les grandes villes de chômeurs, le taux est inférieur. Donc, il y a un effort spécifique à faire dans certaines grandes villes. Mais ça ne porte pas seulement sur la politique du chômage. »
A-t-on été « trop loin, trop vite », dans les réglementations environnementales ?
La Belgique a récemment traversé une vague de chaleur d’une intensité et d’une durée exceptionnelles. En réponse, le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), a organisé une réunion avec les régions pour discuter des enjeux liés au changement climatique, étant donné que la compétence en matière de climat est principalement régionale. Cependant, cette réunion a été ignorée par le ministre-président wallon Adrien Dolimont (MR).
« Chacun met en œuvre la politique climatique dans le champ de ses compétences, a justifié David Clarinval. Et je sais que depuis les inondations, la région Wallonne a beaucoup travaillé sur le climat. Donc je sais qu’Adrien (Dolimont) travaille beaucoup là-dessus, et ils n’ont pas attendu que Jean-Luc fasse une table ronde un peu communicative pour se faire.«
Pour David Clarinval, « c’est une table ronde qui tombe du ciel parce qu’il y a une canicule. C’est un peu de l’opportunisme. En ce qui me concerne, je n’ai pas non plus attendu pour travailler sur le climat. Vous savez que depuis très longtemps, je me suis motivé pour pouvoir mobiliser, pour pouvoir prolonger les centrales nucléaires. Et c’est un succès que l’on met en œuvre. Et dans le champ de mes compétences, au niveau de l’emploi, j’ai veillé à ce que l’on rappelle qu’il y a des mesures de précaution à prendre en période de canicule.«
L’écologie punitive était vraiment symbolisée par ces taxes carbone, etc. Donc moi, je demande qu’on puisse les geler.
Concernant les questions climatiques, David Clarinval fait face à des critiques pour avoir plaidé pour une suspension des mesures environnementales dans un article de l’Echo en juillet 2025. Il déclarait : « Quand, avec De Croo (Alexander De Croo, ancien Premier ministre – 2021-2024), on avait dit qu’il fallait faire une pause dans les réglementations environnementales, on nous avait traités de fous et d’horribles climatosceptiques. Maintenant, c’est la Commission qui dit qu’il faut changer de cap. Et réorienter le paquebot est un travail de longue haleine, qui va aussi nécessiter toute une série de changements au niveau national. Mais donc, pour vous, la mise en pause des mesures climatiques et environnementales s’impose ? » Il a alors confirmé : « Clairement, parce qu’on a été trop loin et trop vite. Sans cela, les entreprises en Europe vont tout simplement partir vers les États-Unis et vers l’Asie.«
Actuellement, le ministre défend cette position en précisant : « Quand je parle des mesures climatiques, ce sont les taxes qui sont mises en œuvre. Et vous avez bien vu que ETS2 (un système d’échange de quota d’émissions de gaz à effet de serre) va clairement taxer très fort les entreprises. Et oui, c’est clair que les mesures climatiques, ce ne sont pas des taxes. Or, aujourd’hui, c’est souvent comme ça que ça se traduit. L’écologie punitive était vraiment symbolisée par ces taxes carbone, etc. Donc moi, je demande qu’on puisse les geler, parce qu’aujourd’hui, elles impactent beaucoup trop les entreprises, et elles vont perdre pas mal de milliers d’emplois à cause de ces taxes qui les impactent directement.«
Selon l’agence wallonne de l’air et du climat, rendant compte directement au gouvernement wallon, les coûts de l’inaction représenteraient 1,6 milliard d’euros par an de pertes pour la Wallonie dans un scénario à + 2 degrés, et causeraient 174 décès supplémentaires liés aux vagues de chaleur. Dans un monde à + 3 degrés, cette inaction se chiffrerait à plus de deux milliards d’euros et entraînerait 300 décès supplémentaires par an en région wallonne.
