
Finances publiques : La Tunisie rembourse sa plus grosse dette extérieure et obtient 500 millions de dollars
La Tunisie continue de respecter scrupuleusement ses engagements financiers internationaux. C’est ce qu’a déclaré la ministre Mishkat Salama Khaldi devant la commission parlementaire des finances. Elle a confirmé le remboursement ponctuel d’une dette souveraine majeure de 740 millions d’euros et a défendu un prêt d’Afreximbank pour le second semestre.
Lors d’une audition à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ce lundi 20 juillet 2026, la ministre des Finances a annoncé officiellement que le pays avait remboursé, à la mi-juillet, la tranche due pour l’année 2026 de sa plus importante dette extérieure, s’élevant à 740 millions d’euros. Bien qu’elle ait reconnu l’impact direct de ce paiement sur les réserves de change nationales, la ministre a réaffirmé la position ferme de l’État concernant le respect absolu des échéances de la dette souveraine.
L’audition parlementaire mentionnée était consacrée à l’examen en urgence du projet de loi n° 52-2026. Ce texte valide un avenant modificatif à la convention de crédit entre la Banque centrale de Tunisie (BCT) et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). L’accord concerne une enveloppe d’ajustement de 500 millions de dollars américains.
Dans ce contexte, la ministre a révélé les détails d’une négociation. « Alors que les taux d’intérêt initiaux exigés sur les marchés financiers internationaux dépassaient la barre des 9 % pour le profil de risque tunisien, l’équipe technique de la BCT et du ministère a réussi à verrouiller un taux final compétitif de 5,86 % », a-t-elle précisé.
Cette injection de devises étrangères est cruciale pour aborder la seconde moitié de l’exercice budgétaire 2026. Selon les précisions fournies par la cheffe du département des Finances, ce financement servira de levier sur trois axes stratégiques. Le premier axe est la continuité des approvisionnements, car il facilitera les opérations d’importation de produits vitaux et de première nécessité, notamment les hydrocarbures et les médicaments. Le second axe concerne le soutien aux investissements. Une telle amélioration permettra d’injecter des liquidités pour débloquer de grands projets publics actuellement à l’arrêt à travers le pays. Le troisième volet positif est le cadrage du plan de développement, car les devises fourniront les ressources d’appui indispensables à l’exécution du plan de développement économique de l’État.
Dans ce cadre, la ministre a exhorté les députés à accélérer le processus de ratification de cet avenant. Cela permettra un déblocage rapide des fonds et, par conséquent, de consolider la résilience macroéconomique du pays pour le reste de l’année en cours.
