
France – Espagne : Mbappé, Olise et Dembélé ne font pas rêver.
Mardi, l’équipe de France a établit un record de 0,3 pourcentage d’expected goals, le plus bas de son histoire en Coupe du monde depuis 60 ans. Kylian Mbappé a déclaré : « C’est une grande déception bien sûr mais, si on est objectif, on n’a pas mis tous les ingrédients pour aller en finale. »
De notre envoyé spécial à Dallas, le plus surprenant dans ce que l’on peut qualifier de « fiasco bleu » de mardi, c’est que la plus belle action des Bleus a eu lieu avant même le coup d’envoi. Kylian Mbappé est apparu sur les écrans géants depuis le couloir du stade de Dallas, avec un visage fermé et un regard déterminé, prêt à affronter les Espagnols. Cela rappelait sa sortie avant la rencontre contre le Paraguay, où il avait affiché une attitude exemplaire, jouant le rôle du capitaine déterminé à mener son équipe.
En le voyant arriver tel un général en tête de ses troupes, on pouvait penser que rien ne pourrait nous arriver. Ce sentiment a été renforcé au début du match, jusqu’à ce que Lucas Digne intervienne et plonge la rencontre dans l’horreur. Avant cet incident, les Bleus semblaient maîtriser le jeu, et il avait même failli que Dembélé, avec une passe lumineuse, lance parfaitement Mbappé, qui a ensuite été bloqué par trois défenseurs espagnols.
Cependant, Digne a, sans le vouloir, modifié le visage de cette demi-finale, alors qu’il était loin d’être le seul responsable de l’effondrement collectif et individuel de mardi. Il restait suffisamment de temps à l’attaque que le monde nous enviait pour faire la différence et transformer cette faute de Digne en un incident mineur. Pour cela, il aurait fallu que le trio Mbappé-Olise-Dembélé soit à la hauteur de l’événement, ce qui n’a pas été le cas, et dans des proportions alarmantes.
Michael Olise, que le public a appris à connaître cet été, celui qui a la capacité de rendre le football magnifique, n’était pas au rendez-vous. Son début de match a été catastrophique : une touche de balle, une passe manquée. Puis il a enchaîné avec un contrôle trop long, encore une passe ratée, et ainsi de suite. Un véritable enfer en Texas. Pourtant, le mental solide de l’attaquant laissait espérer qu’il finirait par briller. Cela ne s’est jamais produit. Pire, en s’accrochant à des dribbles malheureux, il a exposé le milieu français à de nombreuses contre-attaques espagnoles. Il est incompréhensible que Deschamps ait attendu la 72e minute pour le remplacer par Rayan Cherki, qui a su faire mieux en vingt minutes qu’Olise en une heure de jeu.
Ousmane Dembélé a lui aussi passé l’intégralité du match sur le terrain et il est difficile de y croire tant le Ballon d’or 2025 a manqué son rendez-vous de demi-finale, malgré quelques gestes intéressants au début. Placé à droite, Dembélé est ensuite passé dans l’axe pour tenter de surpasser Olise, mais en vain. Quant à Kylian Mbappé, bien qu’il ait semblé moins en difficulté que ses coéquipiers, sa prestation a été pénible à suivre.
Pour être franc, on ne se souvient pas d’une seule action au cours de laquelle nous aurions pu nous lever de notre siège, tant il a paru isolé et en manque d’inspiration. On passe également sur ce coup franc envoyé deux mètres au-dessus de la barre, l’une des rares occasions où les Bleus ont pu s’approcher du but de Simon. Finalement, mardi, le meilleur attaquant tricolore se nommait Bradley Barcola, qui, sans briller particulièrement, était suffisamment au-dessus des autres pour échapper à la critique.
Les statistiques sur les tirs sont un véritable cri d’alarme. Mardi soir, l’équipe de France a inscrit un record dont elle se serait bien passée : le plus faible ratio d’expected goals de son histoire en Coupe du monde, selon les données d’Opta. Avec un xG de 0,3 contre 1,63 pour l’Espagne (qui a marqué ses deux buts sur ses deux tirs cadrés), il est évident que les Bleus n’ont jamais mis en danger la défense espagnole et leur gardien Unai Simon. La défense espagnole, louée durant toute la compétition, n’a même pas eu à se surpasser tant les Bleus ont échoué à concrétiser leurs actions.
« Quand on commet autant d’erreurs techniques, il est difficile de poser problème à l’adversaire », a constaté Deschamps après le match. « Si nous n’avons pas l’expression offensive et technique que nous avions précédemment, c’est notre faute. Face à une telle équipe, il fallait être au maximum, et l’équipe de France ne l’a pas été aujourd’hui. » Mbappé a ajouté sur M6 : « Quand vous additionnez les imprécisions techniques et tactiques, cela mène à une défaite. C’est une grande déception, mais si nous sommes objectifs, nous n’avons pas mis tous les ingrédients pour aller en finale. »
Cette analyse, bien que lucide de la part du capitaine des Bleus, demeure incompréhensible dans la mesure où Mbappé et ses coéquipiers avaient fourni des performances presque parfaites depuis le début du tournoi. Ils avaient marqué de nombreux buts et présenté des combinaisons impressionnantes. Comment expliquer alors qu’ils aient pu flancher de la sorte ?
Est-ce un coup de moins bien sur le plan physique, comme l’a suggéré Deschamps, ou une confirmation des mots de Luis De La Fuente affirmant que « les meilleurs joueurs du monde » ont perdu contre « la meilleure équipe du monde » ? Il y a sans doute un peu de chacune de ces raisons. Pour notre part, nous penchons vers l’idée d’une équipe de France arrivée à ce match avec appréhension, face à une Espagne débordant de confiance.
Dans le sport de haut niveau, le doute et la peur sont des ennemis redoutables qui peuvent affecter la performance. En fin de compte, l’attaque française avait l’apparence d’une équipe dont on raconte les exploits dans les livres d’histoire, mais il est crucial de fournir une performance impeccable du début à la fin, en particulier à la fin, et c’est précisément sur ce point que les joueurs ont failli. Ce n’est pas la fin du monde, mais la France quitte les États-Unis avec un fort sentiment d’inachevé.
