France – Côte d’Ivoire : Inquiétudes persistantes sur la défense des Bleus ?
Le match amical de préparation entre les Bleus et la Côte d’Ivoire a eu lieu jeudi soir à Nantes, où la France a perdu, affichant des signes de faiblesses défensives. Didier Deschamps a déclaré qu’il ne remettrait pas tout en cause à cause de cette défaite, bien qu’il ait reconnu qu’il y avait eu des erreurs et que l’équipe doit s’améliorer avant le Mondial.
De notre envoyé spécial à Nantes,
Écartons d’emblée les idées reçues répétées. Oui, il est préférable de perdre un match amical de préparation qu’un match de phase de groupes de la Coupe du monde. Oui, les Bleus viennent de réaliser une préparation physique intense. Oui, des automatismes doivent être établis entre des joueurs qui ne sont pas forcément habitués à jouer ensemble. Cela dit, il ne faut pas faire semblant : oui, cette défense française nous inquiète à quelques jours du début de son Mondial.
Après déjà des hésitations lors de la tournée américaine en mars, qui avait notamment conduit à un carton rouge pour Dayot Upamecano face au Brésil, la défense française a une nouvelle fois révélé de nombreuses faiblesses, jeudi soir à Nantes, où les Bleus ont affronté la Côte d’Ivoire, dans ce qui devait être une simulation grandeur nature du premier match du Mondial contre le Sénégal, à New York, le 16 juin.
« Deux trois choses à peaufiner », seulement ?
Et il faut dire qu’actuellement, il y a de quoi s’inquiéter à l’idée que les Lions de la Teranga viennent exercer une pression haute. Car c’est systématiquement sur ce type de phase que les Bleus se sont mis en danger face aux Éléphants, comme en témoignent les pertes de balle regrettables d’Adrien Rabiot (14e) ou Aurélien Tchouameni (42e) qui auraient dû être sévèrement sanctionnées. Heureusement, Dayot Upamecano et Mike Maignan étaient vigilants.
Il y a aussi eu ce duel perdu par Ibrahima Konaté, à la suite d’un mauvais contrôle de la cuisse, face à Yann Diomandé (4e). Autant de situations dangereuses qui pourraient avoir de graves conséquences si elles se reproduisent de l’autre côté de l’Atlantique. Interrogé sur ces difficultés récurrentes, Aurélien Tchouameni a reconnu les problèmes, sans toutefois les dramatiser : « Il y a deux trois choses à peaufiner, mais on reste confiants. On a des pertes de balle qu’on doit éviter et aussi sur transitions, on a fait face à une belle équipe. »

Une équipe qui a su tirer parti des largesses défensives des Bleus en seconde période, où Maxence Lacroix a été aligné avec Ibrahima Konaté puis Lucas Hernandez. Leur manque d’expérience commune s’est fait sentir. Ils ont été attirés vers le milieu de terrain par un mouvement d’Elye Wahi, permettant à Guéla Doué de se retrouver seul face à Mike Maignan.
Le même Guéla Doué, qui a délivré un centre parfait en retrait en fin de match à Hamad Diallo, laissé seul par Malo Gusto, pour offrir la victoire aux Ivoiriens, très nombreux et bruyants à La Beaujoire. Emerse Faé, le sélectionneur des Éléphants, avait d’ailleurs bien préparé son équipe pour exploiter les faiblesses tricolores. « On a fait un pressing un peu plus haut et j’ai des ailiers de qualité, on avait vu que c’était un secteur où l’on pouvait rivaliser avec eux et leur poser problème », a-t-il déclaré avec satisfaction.
« Je ne vais pas nous voir trop laids »
En outre, au-delà des problèmes défensifs, l’apport offensif des arrières français a été quasiment inexistant. Jules Koundé a principalement joué de passes simples, tandis que son homologue de l’aile gauche, Theo Hernandez, a connu un gros déchet technique, à l’image de cette passe pour Fantomas (27e) après un joli mouvement collectif des Bleus.
Alors, doit-on s’inquiéter pour ces Bleus qui ne montrent pas une solidité irréprochable et qui ont perdu leur premier match depuis près d’un an ? L’espoir est qu’il manque leur leader William Saliba, resté sur le banc hier suite à quelques petits problèmes de santé. Didier Deschamps, au micro de TF1, a partagé un constat similaire : « Il y a eu des erreurs, des niveaux différents selon les joueurs. Ils (les Ivoiriens) vont vite, mais nous avons donné ces occasions, nous étions plusieurs fois en retard, notamment sur le deuxième but. C’est une étape qui n’est pas positive parce qu’il y a une défaite, mais je ne vais pas tout remettre en cause à cause de cela. »
« Je ne nous voyais pas trop beaux et je ne vais pas nous voir trop laids, mais si nous avions besoin d’une piqûre de rappel, nous l’avons eue », a poursuivi le sélectionneur en conférence de presse. Il serait prudent pour les Bleus de ne pas avoir à subir une deuxième piqûre de rappel, lundi à Lille, face à une Irlande du Nord dont le potentiel offensif reste incertain. Cela présagerait d’une Coupe du monde bien compliquée, bien plus que prévu.

