Tunisie

BCT : Rapport 2025 sur la résilience de l’économie tunisienne

Le rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie indique que la croissance économique a atteint 2,5 % en 2025, contre 1,6 % en 2024, malgré un environnement mondial difficile. Le taux d’endettement extérieur à long terme a été ramené à 39,5 % du PIB à la fin de 2025, contre 47,5 % un an auparavant.


Croissance en hausse, inflation maîtrisée, endettement extérieur en baisse et progression des IDE : le rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie met en lumière une amélioration de plusieurs indicateurs clés, soulignant la résilience de l’économie nationale malgré un contexte international encore incertain.

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a récemment publié son rapport annuel 2025, insistant sur la capacité de résistance de l’économie tunisienne. Bien que de nombreux indicateurs soient positifs, tels que l’augmentation de la croissance économique, la diminution du taux d’endettement extérieur à long terme, l’augmentation des flux d’investissements directs étrangers (IDE) et le contrôle de l’inflation, le gouverneur de la BCT a souligné les défis persistants, dont le principal est le déficit énergétique chronique, qui accroît les pressions sur les équilibres extérieurs.

Concernant la croissance, le gouverneur de la BCT, Fethi Zouhaier Nouri, a déclaré : « Au niveau national, malgré la persistance des tensions affectant les équilibres financiers et macroéconomiques, l’économie tunisienne a continué de faire preuve d’une résilience notable face aux multiples chocs auxquels elle a été confrontée ». En effet, la croissance a atteint 2,5 % en 2025, contre 1,6 % en 2024, poursuivant son redressement malgré un environnement mondial contraignant, marqué par une montée des incertitudes économiques et géopolitiques ainsi qu’une forte volatilité financière.

Cette amélioration a été principalement soutenue par de bonnes performances dans le secteur agricole, le dynamisme des services marchands, notamment le tourisme, et l’amélioration de certaines activités industrielles. Selon le gouverneur, cette tendance a permis une détente progressive sur le marché du travail, le taux de chômage ayant diminué à 15,2 %, contre 16,5 % l’année précédente.

L’inflation, quant à elle, a connu une décélération, atteignant une moyenne annuelle de 5,3 %, le niveau le plus bas depuis 2017, après avoir atteint 7 % en 2024. Cette baisse est considérée comme l’un des principaux acquis de l’année, contribuant à la stabilisation macroéconomique. Le rapport indique que l’atténuation des tensions inflationnistes provient non seulement des effets du resserrement monétaire des années précédentes, mais aussi de la baisse des prix internationaux des produits de base et de l’amélioration de l’offre intérieure, grâce à une campagne agricole favorable.

Cette situation a permis à la BCT de commencer un assouplissement graduel de sa politique monétaire, avec deux baisses successives de son taux directeur de 50 points de base, en mars et décembre 2025, portant celui-ci à 7 %, marquant ainsi la fin d’un cycle de hausse des taux entamé en 2022. « Cette orientation vise à soutenir l’activité économique tout en préservant l’objectif fondamental de stabilité des prix », a précisé le gouverneur de la BCT.

Sur le plan extérieur, les fondamentaux de l’économie tunisienne ont continué de montrer une résilience remarquable malgré un environnement international complexe. Bien que le déficit courant se soit creusé, passant de 1,6 % du PIB en 2024 à 2,3 % en 2025, principalement en raison de l’augmentation de 15,2 % du déficit commercial (FOB-CAF) causée par le déficit énergétique structurel, la consolidation des recettes touristiques et des transferts des Tunisiens depuis l’étranger a largement contribué à atténuer cet impact.

En dépit des incertitudes mondiales, la hausse de 30 % des flux d’IDE témoigne du maintien de la confiance des investisseurs dans l’économie tunisienne. Concernant les financements extérieurs, la mobilisation d’emprunts a été limitée à moins de 4 milliards de dinars en 2025, alors que les remboursements du principal de la dette extérieure à long terme ont atteint 10,4 milliards de dinars, bien qu’en diminution par rapport à 2024. Cette dynamique a permis de réduire le poids de la dette extérieure, le taux d’endettement extérieur à long terme ayant chuté à 39,5 % du PIB à la fin de 2025, contre 47,5 % un an auparavant. En outre, les avoirs nets en devises continuent de garantir une couverture confortable des importations, s’établissant à 25,1 milliards de dinars à la fin de l’année, soit l’équivalent de 106 jours d’importation.

Concernant les équilibres macroéconomiques, le rapport souligne les avancées significatives réalisées dans le domaine de l’assainissement des finances publiques. Le déficit budgétaire a ainsi chuté à 5,2 % du PIB, contre 6,3 % l’année précédente, tandis que le taux d’endettement public a diminué de 2,8 points pour s’établir à 82,1 % du PIB. « Dans l’ensemble, ces performances reflètent les efforts continus de préservation des équilibres fondamentaux et traduisent la capacité d’adaptation de l’économie tunisienne face à un environnement international parmi les plus incertains des dernières décennies. Cependant, nous devons rester lucides : les progrès réalisés ne doivent pas occulter les défis persistants », a mis en garde Fethi Zouhaier Nouri.

Le gouverneur a rappelé que le déficit énergétique reste l’une des principales sources de vulnérabilité extérieure. La baisse de la production nationale d’hydrocarbures, combinée à l’essoufflement des découvertes et au ralentissement des activités d’exploration, a renforcé la dépendance du pays vis-à-vis des approvisionnements extérieurs, accentuant ainsi les pressions sur les équilibres extérieurs. Dans ce contexte, il a indiqué que la dépendance énergétique, le manque d’investissement productif et les transformations profondes et rapides de l’environnement international soulignent l’urgence de renforcer la capacité d’adaptation du tissu productif national et d’accélérer la transition énergétique.