
Coupe du monde 2026 : Joueurs de l’équipe de France près de leur hôtel
Boston a été choisie comme camp de base de l’équipe de France pour cette Coupe du monde, après un tirage au sort qui a envoyé les Bleus disputer ses matchs dans le nord-est des Etats-Unis. Selon la sécurité de l’hôtel, les joueurs ne sortent que pour aller à l’entraînement.
De notre envoyé spécial à Boston,
Il ne faut pas grand-chose pour qu’une ville devienne la meilleure du monde, selon nos critères : quelques arbres, la proximité de l’océan, des monuments intéressants, des parcs, et un centre-ville accessible à pied. Voilà pourquoi nous remercions le staff de l’équipe de France d’avoir choisi Boston comme camp de base pour cette Coupe du Monde. Ce choix, fait à la suite d’un tirage au sort qui a propulsé les Bleus dans le nord-est des États-Unis, est avantageux pour les suiveurs de l’équipe, mais surtout pour le bien-être des joueurs.
Oubliés l’isolement du camp de base à Istra en 2018, le luxe superflu de Doha en 2022, et le calme mortel de Bad Lippspringe en Allemagne lors de l’Euro 2024. À Boston, les Bleus ont trouvé ce qu’il leur fallait, avec l’hôtel Four Seasons situé en plein centre-ville, leur offrant une tranquillité appréciable tout en leur permettant de profiter de la ville à leur guise. Ils peuvent notamment visiter Boston Common, le plus ancien parc urbain des États-Unis, créé en 1634, qui se trouve à côté de l’établissement.
C’est dans ce parc que, selon certaines sources, les joueurs de l’équipe de France peuvent sortir se promener dès l’aube, comme plusieurs photos sur les réseaux sociaux l’attestent. Nous avons donc décidé de vérifier par nous-mêmes et avons réglé notre réveil à l’heure à laquelle nos confrères se couchent (pas tous, un message de service).
6h52 : Arrivée sur les lieux de l’enquête. Nous nous plaçons sur un banc derrière des buissons, juste devant la statue de Wendell Phillips, permettant une vue dégagée sur l’entrée de l’hôtel des Bleus. Observer sans se faire voir est un principe essentiel pour tout bon détective.
7h03 : La porte du Four Seasons s’ouvre, la sécurité déplace les barrières pour laisser passer deux personnes vêtues de tee-shirts et shorts des Bleus. Il y a bien des membres de l’équipe de France qui sortent dans Boston Common. En entrant dans le parc, nous réalisons finalement qu’il s’agit de deux membres du staff, dont l’officier de sécurité Mohamed Sanhadji. C’est un bon début.
7h17 : Étant donné le peu de mouvements, nous décide de longer le chemin près de l’hôtel, tout en gardant un œil sur l’entrée (ne jamais perdre sa cible de vue, comme le dirait James Bond), où une multitude d’écureuils se déplacent. Pas du tout effrayés par notre présence, ces petites créatures montrent même une certaine agacement en voyant qu’elles n’ont rien à manger. Nous retournons nous asseoir sur le banc, évitant tout risque inutile, règle d’or à suivre.
7h34 : Trois autres personnes dans des tenues des Bleus sortent pour faire du jogging. Cette fois, nous ne sommes pas dupes, trois têtes rasées indiquent qu’il s’agit de membres du staff de Didier Deschamps ou de Frank Leboeuf.
7h41 : À côté de la statue de Wendell Phillips, une personne sans domicile fixe dort sur l’herbe. Autour de lui, les joggeurs en tenues toujours plus fluo se multiplient. Deux mondes se côtoient sans jamais se croiser.
7h50 : Première frayeur de la matinée, un « crac » suivi d’un « boum ». Une branche d’arbre tombe à cinq mètres de nous, emportant un écureuil. Pas du tout effrayée, la bestiole file à toute allure vers l’arbre. Et le protocole de commotion, dans tout ça ?
8h02 : Voilà notre premier joueur ! Au loin, après avoir détourné le regard quelques instants, nous apercevons Théo Hernandez, tee-shirt orange et short noir, qui fait un léger footing. À mesure qu’il se rapproche, il devient évident qu’il ne s’agit pas du latéral gauche de l’équipe de France. Leur seul point commun : une belle chevelure, des tatouages et un physique plutôt costaud. On continue nos recherches.
8h19 : Quatre autres membres du staff des Bleus sortent faire un footing, mais aucun joueur ne se montre encore. L’espoir demeure : le petit-déjeuner des joueurs se termine à 10 heures, et ils ne devraient pas tarder à sortir ensuite.
8h44 : Puisque nous n’avons rien d’autre à faire, nous décidons d’en apprendre un peu plus : Wendell Phillips était un abolitionniste américain au XIXe siècle. Sur le même chemin, trois autres statues se trouvent : Thomas Cass, un commandant militaire durant la guerre civile américaine au XIXe siècle, Tadeusz Kosciuszko, qui a servi au XVIIIe siècle, et Charles Sumner, avocat et sénateur du Massachusetts au XIXe siècle. Toujours aucune trace d’Adrien Rabiot ou d’Ousmane Dembélé.
9h13 : Face à ce vide, nous quittons notre planque et nous approchons innocemment de l’entrée de l’hôtel, en nous faisant passer pour des supporters français. Nous demandons à la sécurité si les joueurs sortent souvent au parc. « Non, juste pour aller à l’entraînement. » Nous ne saurons pas plus, et retournons sur notre banc, qui ressemble de plus en plus à un banc des lamentations.
9h38 : Au milieu des Bostoniens qui joggent, nous remarquons plusieurs spécimens : un homme ressemblant à Joe Exotic marchant tranquillement en arrière, une personne avec une casquette des Boston Bruins frottant le tronc d’un arbre avec de l’eau, comme pour le nettoyer, et un employé municipal qui nous demande de quitter notre repère pour qu’il puisse travailler (nous avons obéi).
10h12 : L’erreur fatale. Le réveil matinal nous a fait oublier de prendre notre petit-déjeuner. Mais l’idée de quitter notre poste d’observation pour aller chercher à manger n’est pas envisageable (le professionnalisme exige des sacrifices). Nous nous contentons de regarder le menu du restaurant français, le Bistrot du Midi, juste à côté de l’hôtel : omelette, terrine de foie gras, « french onion soup »… La cuisine française commence à nous manquer.
11h53 : Après quatre heures d’attente, nous décidons de ranger nos affaires. Aucun joueur ne viendra se balader à cette heure tardive, alors que Boston Common se remplit rapidement. Ceux qui sortent s’accompagnent de membres de sécurité, tandis que d’autres parviennent à circuler seuls sans être inquiétés par les Américains, dont la culture footballistique n’est pas très développée. À n’en pas douter, le choix de Boston était idéal pour les joueurs.
