Coupe du monde 2026 : Chilavert dérape, le racisme revient au galop
Depuis le début de la compétition, le racisme s’invite régulièrement aux micros ou dans les commentaires sans qu’on lui ait demandé. Le Service de modération pour les réseaux sociaux (SMPS) de la FIFA a annoncé ce mercredi avoir « identifié 89.000 publications injurieuses au cours de la phase de groupes du Mondial », dont 11 % à caractère raciste.
Des supporters du monde entier, arborant des maillots de toutes les couleurs, se rassemblent et célèbrent ensemble leur passion pour le football. Ces scènes de camaraderie sont courantes lors de chaque Coupe du monde, offrant une parenthèse réjouissante dans un monde souvent marqué par des actualités dramatiques et cruelles.
Cependant, certains s’obstinent à troubler cette fête en rompant ce contrat implicite de trêve. Depuis le début du tournoi, le racisme fait régulièrement surface dans les commentaires, sans qu’on ne l’y ait invité. La dernière provocation en date est celle de l’ancien gardien paraguayen José Luis Chilavert.
De nature peu aimable durant sa carrière de joueur, Chilavert est devenu particulièrement controversé après avoir arrêté sa carrière. Ce vendredi, en réponse à Christophe Dugarry qui avait déclaré que le Paraguay allait « prendre une rouste » contre la France, Chilavert a tweeté une réponse écœurante qui n’avait aucun rapport avec le jeu : « Christophe, tu as raison, à la Coupe du monde de 98, nous avons affronté les Français et maintenant, le Paraguay affrontera une sélection d’Afrique. »
Malheureusement pour cette légende du football paraguayen, ancien joueur du Racing Club de Strasbourg, cette sortie ne fait que s’ajouter à un palmarès déjà controversé, qui comprend des déclarations homophobes, masculinistes et sa candidature à l’élection présidentielle paraguayenne de 2023 avec un programme jugé « protofasciste ».
Ce n’est pas la première déclaration condamnable depuis le début de ce Mondial. L’ancien international yougoslave et consultant à la télévision serbe, Rade Bogdanović, a affirmé que les « Noirs n’ont pas la concentration nécessaire pour tenir plus de 60 à 80 minutes » après le match nul entre la Belgique et l’Iran. Quelques jours plus tard, l’ancien international allemand Bastian Schweinsteiger a qualifié le football africain de « sauvage ». Bien qu’il se défende de toute intention raciste, déclarant parler de football et non de personnes, cette affirmation a suscité une forte indignation parmi les acteurs concernés et le grand public.
Une explication similaire a été donnée par Rudi Garcia, le sélectionneur français de l’équipe de Belgique, qui après le match contre le Sénégal a déclaré : « On connaît ces équipes-là, elles perdent leur structure tactique vers la fin du match. » Bien que critiqué, il a tenté de justifier ses propos en affirmant avoir voulu parler des équipes qui ont moins d’expérience à ce niveau de compétition.
Des observateurs notent que ces propos tendancieux visent souvent les équipes africaines. Ce racisme ne se limite pas aux acteurs du football. Un racisme décomplexé s’étale sur les réseaux sociaux, au point que le Service de modération pour les réseaux sociaux (SMPS) de la FIFA a annoncé avoir « identifié 89.000 publications injurieuses au cours de la phase de groupes du Mondial », parmi lesquelles 11 % étaient d’ordre raciste.
« Les injures racistes sont en hausse et sont devenues une menace persistante pour le bien-être des joueurs », a dénoncé le SMPS, qui a constaté « 13 fois plus » de publications injurieuses par rapport à la phase de groupes de la Coupe du monde 2022 au Qatar (89.000 contre 6.700).
En France, plusieurs influenceurs d’extrême droite profitent également de cette dynamique. Parmi eux, l’influenceuse identitaire Thaïs d’Escufon s’est exprimée en ces termes : « J’échangerais toutes les Coupes du monde remportées par cette équipe contre un vol charter vers l’Afrique. » Elle semble moins préoccupée par les commentaires racistes d’internautes étrangers à l’égard des joueurs noirs de l’équipe de France, qu’elle partage sans retenue, montrant ainsi que pour elle, le patriotisme passe après la couleur de peau.
