Un loup décime 26 brebis à L’Église, le bourgmestre est inquiet.
La famille Damien gère un troupeau de 26 brebis dans le village de Louftémont (Léglise), où 15 cadavres ont été découverts et cinq autres brebis ont dû être abattues sur place par un vétérinaire. Un couple de loups s’est installé depuis quelques mois dans la forêt d’Anlier, et selon Vinciane Schockert, il s’agit de la première attaque sur du bétail domestique.
C’est un petit troupeau de 26 brebis que gère la famille Damien dans le village de Louftémont (Léglise). Ce vendredi matin, seule une poignée d’entre elles est restée indemne. La prairie offrait une vision d’horreur, avec 15 cadavres éparpillés. Cinq autres brebis, gravement blessées, ont dû être abattues sur place par le vétérinaire.
Mais l’horreur ne s’est pas arrêtée là. À 18h, lors d’un contrôle d’une autre prairie située à 300 mètres, Clément Damien a découvert que leur mâle reproducteur Suffolk avait également été attaqué et tué. Il s’interroge : « Dans la première pâture, on parlait déjà de la folie d’un ou plusieurs loups. Mais comment expliquer plusieurs attaques sur deux terrains différents la même nuit ? »
Dans ce cas, difficile d’invoquer une attaque seulement motivée par la faim.
Le DNF (Département de la Nature et des Forêts) est intervenu pour relever les indices ADN et confirme que tous les signes relevés sont typiques d’une attaque de loup. Un couple de loups s’est installé dans la forêt d’Anlier, mais c’est la première fois qu’il s’attaque au bétail domestique, indique Vinciane Schockert, du Département de l’Étude du milieu naturel et agricole dans une interview avec TV Lux. « Jusqu’à présent, ce couple se nourrissait essentiellement d’animaux sauvages. Nous n’avons pas encore de preuve de la présence d’individus juvéniles, mais l’attaque d’aujourd’hui pourrait aller dans ce sens : le couple pourrait attaquer de manière opportuniste pour subvenir aux besoins de ses petits », ajoute-t-elle.
Le bourgmestre de Léglise s’est rendu sur les lieux et a assisté à l’abattage en compagnie d’autres agriculteurs pour montrer leur solidarité. Inquiet pour l’avenir, en raison de la présence prévue de 19 camps scouts cet été dans la commune, il estime que les préoccupations des éleveurs sont justifiées : « Les pouvoirs publics vont devoir apporter des réponses convaincantes et réalistes rapidement. »
Il explique à la RTBF : « À partir de lundi, nous allons prendre l’emplacement de chaque camp pour voir leur situation par rapport à la forêt d’Anlier, et nous allons consulter des spécialistes pour déterminer les actions à entreprendre. En fonction de chaque emplacement de camp, nous verrons s’il y a lieu de prendre des mesures supplémentaires ou de prévoir un déplacement. Je veux juste qu’on puisse me garantir qu’il n’y a pas de danger. »
