Athlétisme : Maroua Bouzayani doit prendre une décision pour le 3000 m steeple
Maroua a battu le record du meeting et a encore une fois réalisé un temps inférieur à neuf minutes. Les progrès après un stage en altitude sont généralement estimés à un gain de performance de 1 à 3 %.

La Presse — A la différence de certains qui interprètent mal les faits, Maroua a établi un record lors de son meeting, et non un record du monde. Cependant, elle a de nouveau réalisé un temps sous les neuf minutes, ce qui est plus significatif qu’un simple record. En effet, réussir à atteindre régulièrement une telle performance indique que l’athlète a le potentiel d’aller encore plus loin. À l’heure actuelle, elle se démarque comme l’unique athlète de confiance, contrairement à ceux qui évoluent dans d’autres disciplines, souvent en alternant performances satisfaisantes et échecs.
Les marcheurs, garçons et filles, se distinguent toutefois par la régularité de leurs performances.
Importance du matériel et de l’habillement
Une controverse s’est levée concernant la tenue de notre athlète. Il ne paraît pas judicieux d’y entrer, car cela n’apporterait rien de positif. Nous souhaitons simplement souligner l’importance de l’équipement. Pour illustrer cela, rappelons un incident survenu il y a quelques années dans le domaine de la natation. Des maillots en tissu spécial avaient été conçus pour faciliter le glissement dans l’eau.
La fédération internationale de natation de l’époque avait reconnu puis interdit ces maillots, considérant qu’ils constituaient une aide extérieure à l’effort humain. Le prix de ces maillots dépassait les deux mille dinars l’unité.
Ils ont finalement été bannis. Même un léger poids supplémentaire peut affecter les performances, surtout sur de longues distances. Par ailleurs, l’aspect technique est également à prendre en compte, notamment pour les passages d’obstacles.
Lors d’une course de 3000 m steeple, les athlètes réalisent 7,5 tours et franchissent au total 35 obstacles, dont 7 passages de rivière (un par tour, à partir du deuxième) et 28 barrières classiques (4 par tour). Chaque tour comporte exactement 5 obstacles : 4 barrières sèches et 1 barrière avec rivière.
Un ancien entraîneur national d’athlétisme, Si Ahmed Aouadi, a publié sur son réseau social la remarque suivante : « Deux petites observations à prendre en compte : éviter de piétiner à l’approche des obstacles et lors du sprint final, il est important d’accélérer. Elle peut gagner encore des secondes en tenant compte des 28 obstacles et des 7 sauts de rivière ».
Ces conseils impliquent qu’il y a un temps à gagner en cherchant à concevoir des tenues qui retiennent le moins d’eau possible et en optimisant la technique de passage des obstacles.
Stagiaire en altitude
Cependant, ce n’est pas tout. Nous avons toujours soutenu qu’elle devrait envisager des stages en altitude pour améliorer ses performances.
Les avancées après un stage en altitude sont couramment évaluées à une amélioration de performance de l’ordre de 1 à 3 %. En course à pied, cela peut représenter environ 5 % d’amélioration sur des distances comme le marathon ou dans les épreuves de marche. Ce type de camp d’entraînement est particulièrement bénéfique pour les sports d’endurance, un séjour de 3 à 4 semaines étant généralement nécessaire pour maximiser les bénéfices. Cette optimisation dure environ 15 à 20 jours.
Pour cette athlète, qui se trouve sur le point d’accéder à un podium mondial ou aux Jeux Olympiques, il ne s’agit plus de récompenses symboliques ou de simples encouragements, mais de mettre en place un programme adapté à son statut de prétendante olympique. Le ministère du Sport et la FTA devraient y réfléchir le plus tôt possible.
