Maroc

Pouvoir d’achat, investissement, marchés : le pari chiffré d’El Mansouri

Devant les deux chambres du Parlement, Fatima-Zahra El Mansouri a présenté un programme économique qui relie pouvoir d’achat, investissement et organisation des marchés. L’objectif affiché est une croissance moyenne de 5 % par an sur la période 2027-2031, avec des mesures censées agir à la fois sur les revenus des ménages, les prix et le financement de l’économie.

Un cap économique inscrit dans le programme 2026-2031

La présentation a eu lieu en séance plénière commune, dans le cadre de l’article 88 de la Constitution, pour exposer le programme de l’Exécutif sur 2026-2031. Selon les éléments avancés, la stratégie économique repose sur trois axes liés : soutenir le pouvoir d’achat, stimuler l’investissement et réorganiser les marchés. Le gouvernement associe cette trajectoire à une inflation visée autour de 2 % par an, afin de préserver les gains de revenu annoncés.

Le discours met aussi en avant une discipline budgétaire. L’Exécutif dit vouloir maintenir le déficit à 3 % du PIB sur 2026-2031 et faire reculer la dette publique vers 62 % du PIB à l’horizon 2031. Ces objectifs sont présentés comme dépendant d’une assiette fiscale élargie, d’une dépense publique jugée plus efficace, de la croissance et d’une contribution accrue des établissements et entreprises publics.

Des mesures ciblées sur les ménages et les prix

Sur le pouvoir d’achat, le gouvernement annonce plusieurs leviers. Il veut renforcer les revenus des ménages, agir sur les causes de la cherté de la vie, élargir la protection sociale et améliorer les services publics. Pour les produits alimentaires, il prévoit des plans d’approvisionnement pour les biens stratégiques, ainsi qu’un rapprochement entre producteurs et consommateurs grâce à des sociétés régionales et à des plateformes professionnelles encadrées par un cahier des charges commun.

Le texte évoque aussi une réforme des circuits de commercialisation des viandes et des poissons, ainsi qu’un encadrement plus stable du lien entre exportations et approvisionnement du marché intérieur. Côté revenus, une compensation sociale automatique liée à la facture mensuelle d’électricité est annoncée pour certains ménages dont la résidence principale consomme au plus 100 dirhams par mois. Le gouvernement prévoit également une réforme progressive de l’impôt sur le revenu et une hausse de l’aide sociale directe, de 500 à 1 000 dirhams d’ici la fin du mandat, avec une extension de l’indemnité pour perte d’emploi.

Investissement privé, PME et marchés financiers

Sur l’investissement, l’Exécutif veut porter la part du secteur privé à deux tiers de l’investissement national. Pour y parvenir, il compte consolider la Charte de l’investissement, accélérer les projets déjà conventionnés et poursuivre la réforme des Centres régionaux d’investissement. Les très petites, petites et moyennes entreprises sont présentées comme prioritaires, avec un meilleur accès au financement, aux garanties et à la commande publique. Le gouvernement rappelle aussi que 30 % de la valeur des marchés publics doivent être réservés légalement aux PME marocaines.

Le volet productif comprend enfin un soutien à l’industrie, à la substitution d’importations par des produits locaux et au tourisme, avec une feuille de route 2027-2030 visant 26 millions de touristes en 2030. Sur les marchés, l’Exécutif veut mobiliser davantage les financements bancaires et non bancaires, relancer les marchés financiers et lutter contre les monopoles et l’intermédiation opportuniste. Il annonce aussi un programme de souveraineté semencière, avec une hausse de la part des semences nationales de 20 % à 50 %, ainsi qu’un contrôle renforcé des stocks et des exportations dans les filières sensibles.

Ce qu’il faut retenir

  • Le gouvernement vise une croissance moyenne de 5 % par an sur 2027-2031, avec une inflation autour de 2 %.
  • Plusieurs mesures sont annoncées pour le pouvoir d’achat, dont une aide sociale directe portée de 500 à 1 000 dirhams et une compensation liée à l’électricité pour certains ménages.
  • L’Exécutif veut accroître le rôle du privé dans l’investissement, renforcer les PME et réformer l’organisation des marchés pour limiter les monopoles.

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