Mathieu Mori : Le Maroc, partenaire clé du Conseil de l’Europe
La coopération avec le Maroc a franchi une étape décisive avec l’octroi au Maroc, en 2019, du statut de premier Partenaire pour la démocratie locale. Mathieu Mori, secrétaire général du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, a souligné que le Maroc s’affirme aujourd’hui comme un “partenaire stratégique” du Congrès.
La coopération avec le Maroc est désormais perçue comme “un partenariat structurant, tant au niveau national que dans une perspective régionale et africaine”, a déclaré Mathieu Mori, secrétaire général du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe.
Il a souligné que “cette coopération de longue date a franchi une étape décisive avec l’octroi au Maroc, en 2019, du statut de premier Partenaire pour la démocratie locale”, notant que le Royaume est “désormais un acteur central, dont le rôle dépasse le cadre bilatéral”.
Mori a affirmé que “notre coopération a évolué de manière positive et constructive”, offrant “une plateforme précieuse de dialogue politique et institutionnel”, avec une intégration progressive du Maroc dans les axes de coopération du Congrès, notamment dans le contexte du Partenariat de voisinage du Conseil de l’Europe.
Le responsable européen a exprimé son “appréciation” pour l’implication continue de la délégation marocaine dans les travaux du Congrès et a noté que la présence d’un jeune délégué marocain, pour la deuxième année consécutive, illustre “la vitalité” de ce partenariat.
Sur le plan interne, Mori a indiqué que le Congrès soutient les réformes engagées par le Maroc en matière de décentralisation et de régionalisation avancée, en partageant des expériences et de l’expertise, ainsi que les principes de la Charte européenne de l’autonomie locale au sein des Etats membres.
Il a mentionné sa participation à la 2ème Conférence nationale sur la régionalisation avancée, qui s’est tenue à Tanger en décembre 2024, où il a pu “constater concrètement les évolutions” de ce projet majeur, ajoutant que cette visite a ouvert des perspectives concrètes pour le renforcement de cette coopération.
Concernant l’avenir de ce partenariat, Mori a précisé que le Congrès souhaite continuer et renforcer cette relation, tant par le dialogue entre pairs avec la délégation marocaine que par des activités de coopération sur le terrain.
Il a également souligné que les priorités pour les prochaines années incluent le renforcement de la gouvernance démocratique, l’appui aux réformes de décentralisation, l’amélioration du dialogue entre les niveaux de gouvernance et le développement des mécanismes participatifs.
Mori a particulièrement insisté sur des enjeux concrets pour les collectivités territoriales marocaines, comme la gouvernance environnementale, la résilience territoriale et le stress hydrique. Il a exprimé la “pleine disposition” du Congrès à soutenir et coorganiser des initiatives au Maroc, en étroite collaboration avec les autorités et la délégation marocaines, en mobilisant ses standards, ses outils et son expertise.
Il a également mentionné que s’ajoutent à ces axes la participation citoyenne, notamment des jeunes, à la vie publique locale, ainsi que la transparence et la redevabilité au niveau local et l’égalité hommes-femmes.
Mori a signalé qu’au-delà du cadre national, la coopération entre le Maroc et le Congrès tend à s’inscrire dans une dimension régionale, en précisant que son institution “attache une importance particulière à la dimension régionale” de ce partenariat et “œuvre à renforcer les synergies avec d’autres acteurs territoriaux africains”.
L’objectif est de favoriser un échange plus large d’expériences, de pratiques et d’expertises sur des enjeux communs, notamment en matière de gouvernance territoriale, de participation citoyenne et de résilience des territoires.
Il a noté que le Maroc, avec son “potentiel réel”, peut jouer un rôle de plateforme pour accueillir des activités régionales et contribuer à une appropriation progressive des approches du Conseil de l’Europe adaptées aux réalités locales.
En conclusion, Mori a affirmé que le Maroc s’affirme aujourd’hui comme un “partenaire stratégique” du Congrès, à la fois acteur engagé et levier potentiel pour diffuser les standards européens en Afrique, consolidant son rôle de pont entre les deux espaces et de “hub régional” de la coopération territoriale.
**Par Salah Aouni (MAP)**

