El Hassan Lachguar : L’USFP ne doit pas négliger sa présence quotidienne.
L’USFP n’est pas une machine électorale froide et désincarnée, mais un organisme vivant, ancré dans la société, qui se nourrit de son énergie et la lui rend en retour. El Hassan Lachguar a déclaré que « aucune décision ne peut être prise en dehors du cadre légal ou au détriment des intérêts des citoyens ».
L’USFP n’est pas une machine électorale froide et désincarnée, mais un organisme vivant, ancré dans la société, qui se nourrit de son énergie et la lui rend en retour. Les citoyens sont aujourd’hui capables de distinguer ceux qui travaillent sur le terrain de ceux qui se contentent des slogans — cette lucidité citoyenne constitue la meilleure garantie d’un vote de qualité.
Dans un entretien avec nos confrères du site d’information Febrayer.com, le député ittihadi El Hassan Lachguar a abordé plusieurs sujets d’actualité : le rôle unique de l’USFP dans la mémoire collective marocaine, les transformations urbaines de Rabat et les enjeux démocratiques à l’approche des prochaines élections.
Une relation d’exception entre le parti et le citoyen
Peu de formations politiques peuvent se vanter d’avoir établi un lien à la fois affectif et idéologique avec leurs concitoyens, et l’Union socialiste des forces populaires en fait partie. « La relation qui unit l’USFP aux citoyennes et citoyens est une relation d’exception », déclare Lachguar, affirmant qu’elle oscille entre attachement sentimental et critique lucide, sans jamais se rompre. Ce constat, selon le député, se vérifie à chaque contact sur le terrain.
« Durant mes campagnes électorales, il n’est pratiquement pas une maison où l’on ne trouve pas quelqu’un ayant un lien avec le parti », confie-t-il. Cette empreinte populaire s’étend jusqu’au Parlement, où « il n’est quasiment aucun parlementaire, quelle que soit son appartenance politique, qui n’entretienne un lien direct ou indirect avec le parti de la Rose ». Une réalité qui, selon Lachguar, impose une responsabilité considérable à la direction actuelle.
Rabat en chantier : lucidité et exigence citoyenne
Concernant les transformations à Rabat, El Hassan Lachguar se positionne comme un élu responsable : il reconnaît les progrès tout en restant vigilant sur les tâches qui restent à accomplir. Il admet que l’ampleur des chantiers engagés sous les directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, tels que les routes, les équipements publics, les infrastructures hospitalières, ainsi que des ouvrages souterrains coûteux comme les canaux d’assainissement, est indéniable. Il souligne que ces infrastructures ont prouvé leur efficacité durant les pluies exceptionnelles de cette année, y compris dans les quartiers vulnérables.
Cependant, sa lucidité s’étend aux inquiétudes des habitants de certains quartiers de l’arrondissement de Youssoufia, qui redoutent de possibles opérations de relogement. Face à ces préoccupations, le député se veut rassurant tout en restant strict : « Le Maroc est un État de droit, et aucune décision ne peut être prise en dehors du cadre légal ou au détriment des intérêts des citoyens ». Une étude globale est actuellement menée par des bureaux spécialisés sur des quartiers abritant près de cinquante mille familles, et la diversité des situations requiert une approche scientifique rigoureuse, loin des décisions hâtives. Il plaide pour une démarche médicale : « On ne prescrit pas un traitement avant d’avoir procédé aux examens nécessaires ».
La démocratie, une exigence permanente
Sur la question de la participation politique, la parole de Lachguar prend une résonance particulière. Dans un pays où l’abstention est un défi structurel, le député refuse de voir dans tout non-vote un boycott conscient. « L’abstention n’est pas toujours le fruit d’une position politique réfléchie », remarque-t-il, notant qu’elle peut également résulter d’un désintérêt ou d’une méconnaissance des candidats. « Si le boycott était aussi clair et conscient, il se serait transformé en force politique à part entière », tranche-t-il.
Le risque d’abstention est authentiquement présent : il ouvre la porte aux pratiques clientélistes, permettant à certains acteurs d’obtenir des résultats avec peu de suffrages. À l’inverse, un taux de participation élevé réduit l’influence de l’argent et restaure le verdict des urnes.
Un parti vivant, en perpétuel renouveau
Sur le plan organisationnel, Lachguar dresse un bilan solide. L’USFP, dit-il, a connu ces dernières années une dynamique remarquable, se traduisant par l’organisation de rencontres, de rassemblements et de congrès régionaux et provinciaux dans tout le pays, avec une participation active des militantes et militants. Le parti est présent dans tous les débats des questions nationales, avec des positions claires et responsables.
Cette vitalité interne se manifeste aussi par l’émergence de nouvelles élites : le Forum des jeunes parlementaires socialistes, qui a tenu plusieurs sessions au Maroc, en est une illustration frappante. De nouveaux cadres ont pris leur place et incarnent ce renouveau générationnel que le parti appelle de ses vœux.
El Hassan Lachguar réagit aux critiques évoquant une nostalgie du passé avec la sérénité de celui qui connaît les arcanes de l’histoire partisane. Beaucoup de ces voix, dit-il, appartiennent à des expériences révolues ou ont quitté le parti depuis longtemps. Cela ne les prive pas de leur droit à la parole — « la liberté d’expression reste garantie et ne peut être confisquée à personne » — mais cela ne doit pas occulter la réalité de milliers de militants qui continuent d’agir avec sérieux et conviction au sein du parti. « L’USFP n’a pas renoncé à ses principes. Il renforce sa présence par un travail quotidien et permanent », affirme-t-il avec conviction.
Concernant le leadership de Driss Lachguar, à la tête du parti, le député souligne qu’il bénéficie d’un consensus quasi total au sein des structures partisanes, représentant « le choix le plus approprié pour cette étape ».
Un rendez-vous avec l’Histoire
À l’approche des prochaines échéances, le parlementaire ittihadi aborde l’avenir avec l’optimisme mesuré du politique expérimenté. Les citoyens, affirme-t-il, sont désormais capables de faire la distinction entre ceux qui travaillent sur le terrain et ceux qui se contentent de slogans — et cette lucidité citoyenne représente la meilleure garantie d’un vote de qualité.
L’USFP, en tant que parti d’opposition, se prépare à ces échéances en présentant le bilan de son travail, en évaluant l’action gouvernementale et en renouvelant le dialogue avec les citoyens. En fin de compte, c’est là la force profonde de l’Union socialiste : non pas une machine électorale froide et désincarnée, mais un organisme vivant, ancré dans la société, qui se nourrit de son énergie et la lui rend sous forme d’engagement, de propositions et d’exigences démocratiques.
Mehdi Ouassat

