Maroc

Maroc et Banque mondiale : 15 milliards de dollars sur dix ans


La Banque mondiale prévoit de mobiliser une enveloppe indicative de 15 milliards de dollars en faveur du Maroc sur la période 2026-2035. Le Cadre de partenariat-Maroc (CPF) adopte un programme ciblé, centré sur la création de plus d’emplois et de meilleure qualité, dans les domaines où le Groupe de la Banque mondiale peut avoir le plus d’impact.


La Banque mondiale prévoit de mobiliser une enveloppe indicative de 15 milliards de dollars pour le Maroc sur la période 2026-2035, dans le cadre d’un nouveau partenariat. Ce dispositif, axé sur la création d’emplois, le renforcement du secteur privé, la réduction des disparités territoriales et l’amélioration du capital humain, marque une nouvelle étape dans l’engagement du Groupe de la Banque mondiale envers le Royaume.

Le 13 juillet 2026, le Groupe de la Banque mondiale et le gouvernement marocain ont annoncé l’adoption d’un nouveau cadre de partenariat visant à accélérer la prochaine phase de croissance et de création d’emplois au Maroc tout en soutenant les priorités de développement ambitieuses du Royaume et sa vision d’une économie plus inclusive, compétitive et résiliente pour l’ensemble de sa population.

Le Cadre de partenariat-Maroc (CPF) proposera un programme ciblé, centré sur la création d’emplois supplémentaires et de meilleure qualité dans les secteurs où le Groupe peut avoir le plus d’impact. Pour atteindre cet objectif, la collaboration se déroulera autour de trois axes :

1. Accroître la compétitivité des entreprises en éliminant les obstacles réglementaires, en renforçant la concurrence sur les marchés et en facilitant l’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises.
2. Développer des villes et des territoires mieux connectés et plus inclusifs, en réduisant les disparités géographiques et en améliorant l’accès aux marchés et aux services en zones urbaines et rurales.
3. Renforcer le capital humain par le soutien aux réformes éducatives, à la couverture sanitaire universelle et à l’extension du système de protection sociale.

À travers ces trois axes, le CPF cherche à combiner « des réformes de politique publique et des solutions du secteur privé pour lever les principaux obstacles à la création d’emplois, tout en favorisant une croissance plus inclusive et résiliente ».

Le programme du CPF repose sur trois principes fondamentaux : l’alignement sur la mission du Groupe de la Banque mondiale de mettre fin à l’extrême pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée, la cohérence avec les priorités de développement marocaines établies dans le Nouveau Modèle de développement, et la concentration sur les domaines d’impact maximum.

Le soutien de la Banque mondiale sera axé sur les secteurs où sa valeur ajoutée est la plus forte, notamment lorsqu’il peut aider à mobiliser des investissements privés à grande échelle. Son intervention sera plus sélective dans d’autres domaines.

La Banque mondiale précise que « ce cadre vise à garantir des résultats visibles, mesurables et tangibles pour la population marocaine », avec des indicateurs concrets tels que le nombre d’emplois créés, les investissements privés mobilisés, l’accès accru aux soins de santé et à une éducation de qualité, ainsi que la protection des communautés vulnérables face aux chocs climatiques.

Concernant l’appui financier, le CPF détaillera que sa mise en œuvre reposera sur une approche intégrée au sein du Groupe, avec des interventions séquencées et mutuellement complémentaires de la BIRD, de la SFI et de la MIGA. Le CPF prévoit une enveloppe indicative de la BIRD d’environ 15 milliards de dollars sur une période de dix ans.

La SFI et la MIGA contribueront à mobiliser des investissements privés à grande échelle et fourniront des garanties, y compris des assurances contre les risques politiques, afin de réduire les risques liés aux projets et d’attirer des capitaux privés, notamment dans les secteurs à forte intensité d’emplois.

« Ce nouveau cadre de partenariat représente une étape décisive pour le Maroc. Sa nature structurante permet d’aligner financements publics et privés, savoirs et réformes autour d’une vision commune pour l’avenir du Royaume. La création d’emplois pour nos jeunes et nos femmes, dans nos villes et nos territoires ruraux, est au cœur de cette ambition partagée. Avec un partenaire qui nous aide à bâtir les fondations de demain, le Maroc va de l’avant », a déclaré Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances du Maroc.

Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan, a souligné les « avancées remarquables » du Maroc et la source d’inspiration que représente l’ambition de son Nouveau Modèle de développement. En portant notre partenariat sur dix ans, nous choisissons de dépasser les cycles de projet pour investir dans une transformation structurelle durable, reflétant notre engagement aux côtés du Maroc qui façonne sa prochaine trajectoire de progrès.

Ethiopis Tafara, vice-président d’IFC pour l’Afrique, a ajouté que « l’économie marocaine est l’une des plus dynamiques d’Afrique et son parcours de croissance est exemplaire » et a renforcé l’engagement à consolider les marchés, à mobiliser davantage de capitaux privés et à soutenir la prochaine génération d’entreprises pour qu’elles puissent croître et créer des emplois dans l’économie.

Ed Mountfield, vice-président et directeur financier de la MIGA, a affirmé que dans le cadre de ce partenariat renforcé, la MIGA utilisera ses garanties pour mobiliser des capitaux privés et atténuer les risques d’investissement au Maroc, contribuant ainsi à la création d’emplois et à la promotion d’un modèle de croissance plus résilient porté par le secteur privé.