Maroc

Des experts à Rabat évaluent les indicateurs de gouvernance publique.

Des experts ont débattu, jeudi à Rabat, des indicateurs d’évaluation de la gouvernance du service public lors d’une table ronde organisée par l’Institution du Médiateur du Royaume, en partenariat avec la Fondation Friedrich Naumann. Le Médiateur du Royaume, Hassan Tariq, a noté que l’objectif de cette table ronde est de jeter les jalons d’un dialogue institutionnel autour de la mise en place d’un réseau d’indicateurs d’analyse et d’évaluation de la gouvernance des services publics.


Des experts se sont réunis, jeudi à Rabat, pour débattre des indicateurs d’évaluation de la gouvernance du service public, en abordant à la fois les droits et les expériences des institutions nationales, ainsi que les indicateurs de médiation et de gouvernance.

Lors d’une table ronde organisée par l’Institution du Médiateur du Royaume, en collaboration avec la Fondation Friedrich Naumann sur le thème « La gouvernance du service public : quels indicateurs d’évaluation ? », les intervenants ont souligné l’évolution du rôle des indicateurs dans l’action publique et les droits de l’Homme. Selon eux, ces indicateurs ne se contentent plus de remplir une fonction d’enregistrement numérique, mais sont devenus des outils essentiels pour construire la connaissance institutionnelle, encadrer l’étude de la performance et mesurer l’impact. Ils ont également insisté sur l’importance de cet événement pour discuter de l’indicateur comme un outil pour comprendre et orienter l’action institutionnelle, en posant des questions précises concernant la mesure, la méthodologie de construction et la fonction au sein du système d’évaluation et de planification.

Dans son intervention, le Médiateur du Royaume, Hassan Tariq, a fait part de l’objectif de la table ronde, qui est d’établir un dialogue institutionnel autour de la création d’un réseau d’indicateurs pour analyser et évaluer la gouvernance des services publics, ainsi que d’examiner les efforts pour développer un indicateur national de médiation institutionnelle. « Nous sommes pleinement conscients de l’importance des indicateurs dans l’analyse des politiques, de la nécessité de mettre en place un réseau national d’indicateurs répondant à la forte demande de transparence, de responsabilité et de réforme, et qui renforce le mandat constitutionnel du Médiateur en tant qu’organe de gouvernance et acteur du débat public », a déclaré M. Tariq.

Il a souligné que la qualité des indicateurs dépendait de leur authenticité, représentativité, simplicité et clarté, ainsi que de la disposition des données liées et de leur applicabilité dans la prise de décision publique. Le Médiateur du Royaume a estimé que soumettre ces indicateurs au débat public pourrait garantir leur légitimité et constituer un point de départ pour développer un réseau d’indicateurs mesurant l’impact des politiques relatives au service public.

Le Médiateur a précisé que la réflexion sur les indicateurs d’évaluation de la gouvernance des services publics repose sur deux grands axes : la mise en place d’un réseau d’analyse dynamique de la gouvernance des services publics et la volonté de repenser la structure et la conception des rapports annuels à partir d’un indicateur national de médiation, comme indiqué dans le rapport 2024.

À ce propos, il a rappelé que le cadre référentiel pour l’évaluation et l’analyse de la gouvernance des services publics repose essentiellement sur la Constitution et la Charte des services publics, notant que la Constitution marocaine lie l’organisation des services publics à trois principes fondamentaux : l’égalité, l’équité territoriale et la continuité du service.

De son côté, Chaime Bourjij, coordinatrice de projet à la Fondation Friedrich Naumann, a souligné l’importance de la gouvernance du service public dans le débat public national. Elle a rappelé que le 9 décembre de chaque année est instauré comme Journée nationale de la médiation de service public, témoignant de l’intérêt croissant pour ce sujet.

L’objectif est de réfléchir à des indicateurs qui évaluent les résultats de la gouvernance du service public et d’en analyser l’efficacité et la faisabilité, notamment en ce qui concerne la relation entre l’usager et l’administration publique, affirmant que ces indicateurs peuvent avoir des répercussions positives sur le développement des politiques publiques au Maroc.

En plus de la séance inaugurale, les travaux de cette table ronde ont été ponctués de deux sessions principales, la première axée sur « Les indicateurs des droits et les expériences des institutions nationales : vers une gouvernance de service public basée sur la mesure », et la seconde portant sur « Les indicateurs de la médiation et de la gouvernance du service public ».