
Tunisie : Convocation de l’ambassadrice de France après entretien hostile diffusé.
Il n’a pas du tout apprécié l’entretien accordé par l’ancien président Moncef Marzouki, et il l’a fait savoir. Le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé, vendredi soir, avoir convoqué l’ambassadrice de France à Tunis suite à la diffusion par une « chaîne publique française » d’un entretien « avec une personne recherchée par la justice tunisienne ». Les autorités tunisiennes n’ont pas mentionné le nom de la chaîne ni celui de la personne interviewée. Cependant, il s’agit très probablement de France 24 et d’un entretien récent avec l’ancien président tunisien.
« France 24 dispose d’une totale indépendance éditoriale », a déclaré samedi une source diplomatique française. « Nous regrettons cette polémique qui ne reflète en rien la qualité de la relation bilatérale entre nos deux pays et rappelons notre plein soutien et engagement en faveur de la liberté de la presse », a-t-elle ajouté.
Le ton est très différent du côté de la diplomatie tunisienne, qui estime que de telles émissions s’inscrivent « dans une démarche d’ingérence inacceptable ». « Cet entretien comporte des atteintes à la souveraineté de l’État tunisien, vise sa sécurité nationale ainsi que ses institutions, et constitue un appel explicite à la sédition et aux affrontements internes », a écrit le ministère. Il a également dénoncé ce qu’il considère comme une « répétition délibérée de telles pratiques sur des médias publics français, utilisés pour diffuser des contenus incitant à la haine et des allégations mensongères à l’encontre de l’État tunisien ».
L’ancien président Moncef Marzouki (2011-2014), qui vit en exil en France, est un critique virulent du président Kaïs Saïed. Il a été condamné par contumace en Tunisie à plusieurs peines de prison, notamment pour atteinte à la sûreté de l’État. Dans des entretiens cette semaine à France 24, en arabe et en français, il a déclaré que la Tunisie traversait une « crise politique d’une gravité exceptionnelle » et a jugé que la situation allait « exploser ».
