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Syrie : Un attentat au café de Damas fait neuf morts

Neuf personnes ont été tuées et vingt autres blessées jeudi dans un attentat à la bombe visant un café très fréquenté du centre de Damas. Cet attentat est le plus meurtrier enregistré à Damas depuis l’attaque contre une église en juin 2025 qui avait fait 25 morts.


La violence refait surface à Damas. Neuf personnes ont perdu la vie et vingt autres ont été blessées jeudi lors d’un attentat à la bombe ciblant un café très fréquenté dans le centre de la capitale syrienne, d’après les autorités. L’explosion a eu lieu à proximité du Palais de justice, dans un quartier animé regroupant commerces et habitations.

L’attaque n’avait pas encore été revendiquée jeudi soir. Le général Mohammad Khit, des forces de sécurité intérieure, a précisé que l’explosion avait été causée par un engin explosif laissé sur place. Rapidement, les secours se sont rendus sur les lieux alors que les forces syriennes établissaient un périmètre de sécurité autour du café.

Des scènes de panique se sont produites dans le cœur de la capitale. Un correspondant de l’AFP a observé des ambulances se précipitant dans le quartier, sirènes hurlantes, en pleine agitation. Pour de nombreux habitants, ces images évoquent des souvenirs des années de guerre civile. « J’ai entendu une forte détonation vers 15h00 (12h00 GMT) et la devanture de mon magasin a tremblé. Les gens se sont précipités vers le café et ont commencé à appeler les secours », a raconté Nawar Khayyat, propriétaire d’une boutique en face du Palais de justice.

Un autre témoin, Mohammad al-Dahabi, opticien installé à proximité, a décrit une scène horrible. « J’ai couru vers les lieux et j’ai vu des personnes étendues sur le sol, et du sang partout autour d’elles », a-t-il témoigné. Une vision qui lui a rappelé « les explosions qu’a connues Damas » durant la guerre civile. Présent sur les lieux après l’attentat, le gouverneur de Damas, Maher Edelbi, a annoncé l’ouverture d’une enquête. « Si Dieu le veut, les responsables de cette effusion de sang seront punis », a-t-il promis.

Il s’agit du bilan le plus lourd depuis un an. Le responsable a également affirmé que « à chaque fois que le pays connaît une période de stabilité, des parties malveillantes tentent de le déstabiliser ». Depuis la prise de pouvoir de la coalition islamiste dirigée par Ahmad al-Chareh en décembre 2024, les nouvelles autorités s’efforcent de réunifier le pays et de reconstruire des institutions fragilisées par plus d’une décennie de conflit. L’envoyé spécial adjoint de l’ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, a condamné l’attaque et a demandé que les responsables soient poursuivis. « Quels qu’en soient les auteurs, ils doivent être traduits en justice », a-t-il déclaré sur X. L’Égypte, la Jordanie, le Qatar, l’Irak et la Turquie ont également dénoncé l’attentat.

Cet attentat représente le plus meurtrier enregistré à Damas depuis l’attaque contre une église en juin 2025 qui avait fait 25 morts. Cette opération avait été revendiquée par un groupe fondamentaliste sunnite, tandis que les autorités l’avaient attribuée au groupe jihadiste État islamique. Soutenue par Washington, la Syrie d’Ahmad al-Chareh a rejoint l’an dernier la coalition internationale contre l’EI. Bien que défait territorialement en 2019, le groupe garde des cellules dormantes et a appelé à défier le nouveau pouvoir. Ces derniers mois, plusieurs incidents sécuritaires ont encore frappé la capitale, y compris l’explosion d’une voiture piégée ayant coûté la vie à un soldat le 19 mai.