
Russie : Portrait de Boris Nadejdine, opposant à Poutine, arrêté.
Boris Nadejdine a été arrêté lundi à Moscou pour des accusations d’« extrémisme ». L’ancien député libéral de 63 ans avait été classé vendredi « agent de l’étranger ».
L’opposant russe Boris Nadejdine, qui avait ambitionné de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 et préparait sa campagne pour les législatives de septembre, a été arrêté lundi à Moscou pour des accusations d’« extrémisme », a-t-il annoncé.
Âgé de 63 ans, cet ancien député libéral figure parmi les rares voix à critiquer publiquement Vladimir Poutine et l’offensive russe en Ukraine sans être en prison ou en exil. Il avait été déclaré vendredi « agent de l’étranger ».
Ingénieur de formation, Nadejdine a entamé sa carrière politique dans les années 1990 au sein de mouvements libéraux. Élu à la Douma sous l’étiquette de l’Union des forces de droite, il s’est fait remarquer par son approche technocratique et raisonnée. Après son mandat au Parlement, il a occupé divers postes locaux, notamment en tant que conseiller municipal à Moscou, tout en maintenant une critique discrète du pouvoir.
Son retour sur le devant de la scène a eu lieu fin 2023. En tant que seul opposant déclaré à la guerre en Ukraine cherchant à se présenter à l’élection présidentielle de mars 2024, il avait recueilli près de 100 000 signatures. Cependant, la Commission électorale centrale, fidèle au Kremlin, a invalidé sa candidature en raison d’« irrégularités » (comme c’est étrange).
Refusant de se laisser décourager, il s’activait à préparer sa candidature aux législatives de septembre 2026 pour la Douma, se positionnant comme « le seul candidat d’opposition indépendant ». Il collectait des signatures sur le terrain, se distinguant par son choix de rester en Russie plutôt que de vivre en exil ou dans la clandestinité, contrairement à de nombreux opposants qui sont emprisonnés ou contraints de fuir. Il avait également exprimé son intention de contester en justice sa désignation d’« agent de l’étranger », la qualifiant d’« idiote ».
Dans ses interventions, Nadejdine mettait en lumière les « conséquences évidentes » de la guerre, telles que la crise du carburant due aux frappes ukrainiennes, l’inflation, la militarisation et l’isolement du pays. Il avertissait d’un risque de « 25 ans de pouvoir » sous Vladimir Poutine menant à un régime « autoritaire » et à un potentiel « chaos » semblable à celui de 1917.
