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Khalil al-Hayya, nouveau chef politique du Hamas, succède à Sinouar.

L’annonce a été faite ce lundi par le Hamas. Khalil al-Hayya a été élu nouveau dirigeant du mouvement islamiste palestinien. Le scrutin s’est déroulé sans médiatisation après plusieurs mois de direction collégiale suite à la mort du dirigeant Yahya Sinouar.

Le Hamas a déclaré sur Telegram « l’élection du frère combattant Khalil al-Hayya à la présidence du bureau politique du mouvement, en remplacement du dirigeant martyr Yahya Sinouar ». « Khalil al-Hayya a été élu à une majorité écrasante par le Conseil général de la Choura », organe consultatif chargé notamment d’élire les instances dirigeantes, a indiqué à l’AFP un haut responsable du Hamas, précisant que sa candidature avait reçu un soutien quasi unanime, tant à Gaza qu’à l’étranger.

Né en janvier 1960 à Gaza-ville, cet homme que les Palestiniens appellent Abou Ossama a grandi dans une famille conservatrice et religieuse, avant d’étudier à l’Université islamique de Gaza, puis d’obtenir une maîtrise en Jordanie et un doctorat en droit islamique au Soudan. Il rejoint les Frères musulmans au début des années 1980, puis participe à la fondation du Hamas en 1987.

Khalil al-Hayya a également passé trois ans dans une prison israélienne à la fin des années 1990 pour son appartenance au Hamas, et a survécu à deux autres tentatives d’assassinat, en 2007 et en 2014. Plusieurs membres de sa famille, dont sa femme et son fils aîné, ont été tués.

Il avait été élu député en 2006, lors des dernières élections législatives palestiniennes tenues à ce jour. En 2017, il devient vice-président de la direction politique du Hamas pour la bande de Gaza avant de succéder à Yahya Sinouar, le chef local du mouvement tué par Israël en octobre 2024.

Khalil al-Hayya entretient également des relations « privilégiées » avec le Jihad islamique palestinien et le Hezbollah libanais, ainsi qu’avec des pays arabes tels que le Qatar, l’Égypte et l’Algérie, en plus de liens étroits avec l’Iran, principal soutien financier et militaire du mouvement, a ajouté un membre du Hamas à l’AFP. Il était présent aux côtés du chef politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, lorsque ce dernier a été tué à Téhéran en juillet 2024.

Le fait d’avoir perdu plusieurs de ses enfants et plusieurs membres de sa famille « lui a valu une grande sympathie » de la part des Palestiniens, estime Yasser Abou Hein, analyste politique gazaoui, pour qui la dernière tentative d’assassinat à Doha a fait de lui « une icône et un symbole de la lutte palestinienne ». Selon des sources au sein du Hamas, Khalil al-Hayya continuera, dans l’immédiat, à partager son temps entre le Qatar et la Turquie. Il devrait officiellement prendre ses fonctions la semaine prochaine, ont déclaré plusieurs sources à l’AFP.