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Gaza : le plan en 15 points pour désarmer le Hamas dévoilé


Le Conseil de paix, dirigé par Donald Trump, a rendu public un plan visant à organiser le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l’armée israélienne et le transfert de l’administration de Gaza à un comité palestinien technocratique. Toutefois, sa mise en œuvre dépendra du respect d’engagements mutuels et de l’adhésion d’Israël.

Le Conseil de paix pour Gaza a dévoilé un plan en quinze points qui décrit le processus de désarmement du Hamas ainsi que des autres groupes armés palestiniens, annoncé le 30 juillet 2026 par le président américain Donald Trump. Cette feuille de route a pour but de lancer la deuxième phase du plan de paix américain, en liant le désarmement progressif des factions palestiniennes au retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza.

Le document s’appuie sur le plan en vingt points de Donald Trump et sur la résolution 2803 adoptée le 17 novembre 2025 par le Conseil de sécurité. Il vise à mettre fin aux opérations militaires, à assurer le retrait complet d’Israël, à rétablir les services publics, à reconstruire Gaza et à ouvrir une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien.

Le Hamas a déclaré à l’Associated Press avoir accepté l’accord. À ce moment-là, Israël n’avait pas encore annoncé publiquement son adhésion à cette nouvelle feuille de route. Comme l’a rapporté Médias24, Donald Trump a évoqué un accord portant sur le « désarmement complet » du Hamas et des autres groupes armés, précisant que le retrait des forces israéliennes progresserait en parallèle au désarmement, avec l’accompagnement d’une force internationale durant la transition.

Israël devra d’abord honorer les engagements qui lui incombent selon le protocole de Charm el-Cheikh, notamment en mettant un terme aux opérations militaires encore autorisées par ce texte. Le Hamas et les autres factions palestiniennes devront également cesser leurs activités.

Le calendrier détaillé et les mécanismes de mise en œuvre de la deuxième phase devront être élaborés dans les quatorze jours suivant l’approbation de la feuille de route par toutes les parties concernées. Ce délai pourra être prolongé par une Commission internationale de vérification.

Cette commission rassemblera des représentants des pays garants, du Conseil de paix et de la Force internationale de stabilisation. Elle devra certifier que chaque partie a respecté ses engagements avant de passer à l’étape suivante, tout en documentant les éventuelles violations.

Le processus sera donc soumis à un principe de conditionnalité : aucune nouvelle phase ne pourra commencer tant que les obligations de la phase précédente n’auront pas été vérifiées. Les responsables américains n’ont pas fixé de date précise pour l’achèvement du désarmement. Le transfert des armes de la police pourrait débuter rapidement, tandis que le traitement des armes lourdes, des dépôts, des sites de production militaire et des tunnels pourrait prendre entre 200 et 350 jours.

Le Hamas et les autres factions devront transférer toutes leurs fonctions civiles et sécuritaires au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une entité palestinienne technocratique qui gouvernera l’enclave durant la période transitoire. Les factions s’engagent à ne pas intervenir dans les décisions du comité, qui devra garantir la continuité des institutions, des administrations et des services publics.

Les fonctionnaires seront traités conformément au droit palestinien. Ceux qui seront mis à la retraite ou dont les services prendront fin conserveront leurs droits financiers, sans discrimination liée à leur affiliation politique. Avec un soutien international, le comité devra également réaliser un audit complet des finances et de l’administration de Gaza, récupérer et gérer les biens publics, puis examiner les engagements jugés légitimes envers les fournisseurs, les entreprises et les autres créanciers.

Le texte fixe à 400 millions de dollars le montant des engagements susceptibles d’être pris en charge. Leur règlement pourrait être échelonné sur une période de trois ans.

La future administration devra appliquer le principe « une autorité, une loi, une arme ». À l’issue du processus, le comité technocratique sera la seule institution autorisée à détenir, stocker ou contrôler des armes dans la bande de Gaza. Les policiers palestiniens en place devront subir une procédure de vérification. Ceux qui répondent aux critères pourront intégrer les nouvelles structures de police, tandis que les autres seront réaffectés à des fonctions civiles ou admis à la retraite.

Toutes les armes de la police devront être transférées sous l’autorité du comité dès son entrée en fonction. Une deuxième étape concernera les armes lourdes, les sites de fabrication militaire, les dépôts de munitions et les tunnels. Leur désarmement et leur stockage devront être organisés progressivement, selon un calendrier établi dans les quatorze jours suivant l’approbation du plan.

Ce processus sera lié au retrait progressif des troupes israéliennes des territoires qu’elles contrôlent encore dans la bande de Gaza. Aucune arme palestinienne ne devra être remise à Israël ou à une entité non palestinienne. Les armes individuelles seront soumises au droit palestinien. Le comité sera le seul habilité à les enregistrer, à délivrer ou retirer les autorisations et à faire appliquer les règles.

Les armes détenues par les milices devront être retirées et placées sous le contrôle de la nouvelle administration. Les membres de ces groupes ne pourront pas intégrer les services de police ou de sécurité. Un « accord de paix sociale » devra enfin interdire les représailles, les violences internes, les démonstrations de force, les défilés militaires et les manifestations armées.

La Force internationale de stabilisation (ISF) sera déployée temporairement dans la bande de Gaza pour séparer les forces israéliennes des zones sous le contrôle du comité palestinien. Elle ne sera pas chargée des missions ordinaires de maintien de l’ordre au sein de la société palestinienne. Son rôle consistera à surveiller le respect du cessez-le-feu, à former la nouvelle police palestinienne, à protéger l’acheminement de l’aide humanitaire et des produits essentiels, et à soutenir l’administration technocratique dans des missions ne relevant pas de la police.

Les incidents de sécurité intérieure resteront sous la responsabilité du comité palestinien. Parallèlement, l’armée israélienne devra terminer son retrait progressif selon un calendrier lié à l’avancement du désarmement. La feuille de route rappelle également l’engagement de ne contraindre aucun habitant à quitter la bande de Gaza.

Le Maroc est l’un des cinq premiers pays ayant officiellement accepté de contribuer à la Force internationale de stabilisation. Sa participation inclut notamment des officiers des Forces armées royales, des personnels de sécurité, la formation de policiers palestiniens et un hôpital militaire de campagne, comme l’avait précisé Médias24 dès février. Selon une exclusivité Médias24, le contingent marocain comptera entre 400 et 500 membres. Des membres de ce détachement ont déjà effectué le 22 juillet une visite dans la bande de Gaza en préparation des prochains déploiements.

Le quinzième et dernier point confie au Conseil de paix et au comité palestinien la préparation et la supervision du programme de reconstruction de Gaza. Ces deux instances devront élaborer le calendrier, mobiliser les ressources financières nécessaires et veiller au respect du droit applicable et des normes internationales.

L’application du plan demeure cependant incertaine. Elle dépendra simultanément de l’arrêt des opérations militaires israéliennes, de l’acceptation du dispositif par Israël, du désarmement effectif des factions palestiniennes, du retrait progressif des troupes et du déploiement de la force internationale.