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Ebola : l’épidémie progresse en RDC avec 438 décès recensés.

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a fait plus de 400 morts et au total, 438 décès et 1.406 cas ont été recensés, soit un taux de létalité de 31,2 %. Selon des sources locales, un centre de santé Ebola a été incendié dans la zone de Nia Nia, entraînant la fuite de sept cas suspects placés en isolement.


L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) continue de s’aggraver. Selon un dernier bilan ce jeudi, le nombre de morts a dépassé 400, et un nouveau cas a été confirmé à Kisangani, une grande ville du nord-est située à près de 600 km du foyer de la crise. Au total, 438 décès et 1.406 cas ont été recensés, ce qui correspond à un taux de létalité de 31,2 %, selon l’Institut national de santé publique (INSP) congolais. Depuis 50 ans, Ebola a causé la mort de plus de 15.000 personnes en Afrique. L’épidémie la plus meurtrière en RDC a provoqué près de 2.300 décès parmi 3.500 malades entre 2018 et 2020.

La 17e épidémie, déclarée officiellement le 15 mai, est due au virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin, ni traitement. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis une alerte internationale, et des tests cliniques sont en préparation. Le foyer actuel se situe dans la province de l’Ituri, qui représente 91,2 % des cas et 83,6 % des décès, frontalière du Soudan du Sud et de l’Ouganda, où 20 cas, dont deux décès, ont été enregistrés.

À Kisangani, une ville de 1,5 million d’habitants et capitale de la province de la Tshopo, un test récent sur la dépouille d’une femme de 24 ans, enceinte de six mois, s’est révélé positif, selon l’INSP. Les autorités sanitaires ont signalé que « le corps de la défunte a été transporté clandestinement par moto vers Kisangani » depuis la zone de santé de Nia Nia en Ituri, située à environ 350 km. La dépouille d’une victime d’Ebola est très contagieuse et la maladie se transmet souvent lors des rites funéraires.

Un autre décès et un cas de transmission ont également été signalés en début de semaine dans la province voisine du Haut-Uélé. La personne contaminée a été qualifiée par les autorités sanitaires de « en fuite » depuis la zone de santé de Nia Nia. Bien qu’il y ait trois cas signalés dans deux provinces supplémentaires, les autorités congolaises affirment que seules trois provinces sont touchées par l’épidémie, en considérant que ces cas dans la Tshopo et le Haut-Uélé sont des « cas importés » d’Ituri.

Les soignants et humanitaires, au cœur de l’épidémie, rencontrent une grande défiance de la part des populations locales. Certains habitants nient l’existence de la maladie, tandis que d’autres accusent les organisations internationales de chercher à tirer profit de la situation. Mercredi, un centre de santé Ebola géré par les autorités locales a été incendié dans la zone de Nia Nia, selon des sources locales à l’AFP. Sept cas suspects, qui étaient placés en isolement, ont tous pris la fuite et n’ont pas été retrouvés, a indiqué le Dr Joseph Pemanakue, médecin chef de la zone.

Le centre hébergeait également deux corps de personnes probablement décédées du virus. Avant leur inhumation sanitaire, « un groupe de jeunes s’y est opposé et a voulu récupérer les corps, considérant que ces personnes n’étaient pas mortes d’Ebola et estimant que cette maladie est un  » business  » », a expliqué le Dr Pemanakue. La police est intervenue en tirant des sommations, mais les manifestants ont mis le feu aux lieux.

Plusieurs incidents de cette nature ont été signalés depuis le début de l’épidémie, ce qui ralentit une riposte sanitaire qui, bien que renforcée, a longtemps été entravée.