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Crise énergétique : Christine Lagarde (BCE) dénonce la dépendance d’Europe aux fossiles

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a déclaré mardi que le statu quo énergétique en Europe est « clairement insoutenable » et que « l’Europe importe environ 60 % de son énergie, presque entièrement des énergies fossiles ». Depuis l’accord de Paris sur le climat de 2015, le monde a connu la décennie « la plus chaude jamais enregistrée », selon Christine Lagarde.


Le statu quo énergétique en Europe est « clairement insoutenable », a averti mardi la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) alors que le Vieux continent fait face à la flambée des prix de l’énergie fossile largement importée. L’Europe « importe environ 60 % de son énergie, presque entièrement des énergies fossiles », une dépendance dont le coût économique réapparaît au grand jour, a souligné Christine Lagarde lors d’un discours à Francfort, à l’occasion d’une conférence coorganisée par la BCE, l’université privée de Francfort et le centre de recherche londonien Cetex.

Dans ce contexte pesant sur les ménages et les entreprises, les sources alternatives d’énergie « offrent la voie la plus évidente » pour réduire les arbitrages entre les objectifs clés de la politique énergétique européenne, c’est-à-dire la sécurité d’approvisionnement, la durabilité environnementale et l’accessibilité des prix, selon Christine Lagarde.

## La décennie « la plus chaude jamais enregistrée »

Des analyses internes de la BCE montrent que les pays européens, tels que l’Espagne et le Portugal, dont la production d’électricité repose davantage sur des sources non fossiles, ont été mieux protégés contre la hausse des prix du gaz. Toutefois, selon la banquière centrale, « la manière dont nous abordons la transition est également importante ».

Cela implique « d’identifier les trajectoires les plus efficaces au plan économique » pour avancer ensemble vers la croissance et la décarbonation. Depuis l’accord de Paris sur le climat de 2015, visant à limiter le réchauffement climatique à 2 °C, voire 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle, le monde a connu la décennie « la plus chaude jamais enregistrée », a rappelé Christine Lagarde.

## Réponse globale pas à la hauteur des enjeux

Il apparaît, d’après la dirigeante, que « la réponse globale, de la part des gouvernements comme des sociétés dans leur ensemble, est restée en deçà de ce qu’exige la situation ».

Une des raisons est que « le changement climatique, un phénomène qui s’impose indépendamment des positions politiques, est devenu en lui-même un sujet partisan », a souligné la Française. Le monde a donc besoin d’une analyse « impartiale » pour « faire le tri dans le bruit ambiant et aider les décideurs politiques comme les citoyens à comprendre les signaux et ce qui est en jeu ».