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Besançon : Naissance rare d’un lémurien bambou, espèce menacée

Un bébé lémurien hapalémur, une espèce en danger critique d’extinction, est né en captivité au parc zoologique de Besançon le 6 mai dernier. Le grand hapalémur est classé « en danger critique d’extinction » par l’UICN depuis 1996, et entre 1.000 et 1.500 spécimens vivent actuellement à l’état sauvage dans une petite zone du centre-est de Madagascar.


C’est une naissance peu commune et surtout bienvenue : celle d’un bébé lémurien hapalémur, une espèce menacée d’extinction critique, née en captivité au parc zoologique de Besançon le 6 mai dernier.

Accroché à la fourrure de sa mère, avec des yeux vifs et des oreilles duveteuses, ce bébé grand hapalémur représente un « événement d’une grande rareté et un rempart direct contre l’extinction définitive de l’espèce », selon les équipes du parc zoologique du muséum de la Citadelle de Besançon, spécialisé dans la sauvegarde des lémuriens. Le grand hapalémur, un primate au pelage marron gris et aux yeux noisette, se nourrit de bambous et figure parmi les lémuriens les plus menacés au monde. Surnommé « petit panda de Madagascar », il est classé « en danger critique d’extinction » par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) depuis 1996 et a frôlé la disparition totale.

Le bébé, dont les soigneurs ignorent le sexe, vit avec sa mère, son père et sa tante dans une grande cage ornée de verdure, de branches et d’accessoires en bois. Il est le premier petit de Tsingy, une jeune femelle de 3 ans. Dès sa naissance, elle a montré de bons réflexes, et son bébé s’est immédiatement dirigé vers la mamelle pour se nourrir. « Elle est très protectrice, ce qui est une bonne chose », note l’un de ses soigneurs, Kevin Faivre-Chalon. Le père, Dakari, « a envie de voir son petit, il est intrigué et curieux », mais Tsingy ne le laisse pas s’approcher, ajoute-t-il.

Menacé par la déforestation, le braconnage et le changement climatique, le grand hapalémur ne compte « qu’une quarantaine » d’individus préservés en captivité dans le monde, tous en Europe, et entre 1.000 et 1.500 spécimens vivent à l’état sauvage dans « une petite zone du centre-est de Madagascar », explique Margaux Pizzo, responsable du parc zoologique. Selon elle, l’animal est en danger à cause « à la fois de la déforestation, du braconnage et d’autres problématiques majeures comme le changement climatique », sans oublier les « forts cyclones qui ont impacté les forêts où vit cette espèce ».

L’objectif du muséum bisontin est « de préserver une diversité génétique au sein de la population captive et de préserver aussi les comportements les plus naturels possibles » de l’animal. L’enjeu est « d’avoir une population de sauvegarde » et « de mieux connaître l’espèce pour mieux la préserver dans la nature », souligne Margaux Pizzo. Et cela semble porter ses fruits : depuis 2005, l’établissement a enregistré la naissance de sept bébés grand hapalémur, la dernière datant de 2013.