
« Un véritable chaos » : Barcelone interdit les vélos électriques en libre-service
Barcelone ne renouvellera pas les licences des sociétés qui exploitent les vélos électriques en libre-service, et sept marques, dont Lime et Voi, perdront leur licence fin 2026. À partir du 1er janvier 2027, ces vélos ne circuleront plus dans la capitale catalane.
Barcelone ne proposera plus de vélos électriques en libre-service privés. Le maire de la ville catalane a annoncé que sept opérateurs, dont Lime et Voi, perdraient leur licence à la fin de 2026.
Jaume Collboni a fait cette annonce jeudi matin sur Catalunya Ràdio, précisant que la ville ne renouvellera pas les licences des entreprises exploitant ces services. Les sept marques concernées sont Lime, Bird, Voi, Bolt, Cooltra, RideMovi et Smart Cycles. Leurs licences expireront le 31 décembre 2026, signifiant qu’à compter du 1er janvier 2027, ces vélos ne circuleront plus à Barcelone.
Ces opérateurs possèdent au total 3 478 vélos dans la ville. Le maire justifie sa décision en qualifiant ce type de service de « véritable chaos ». Il a déclaré : « La ville doit impérativement protéger l’espace public ». Selon lui, malgré plusieurs réunions avec les entreprises, les nuisances persistent.
Pour étayer ses déclarations, la mairie a fourni des chiffres. Depuis janvier de l’année dernière, le conseil municipal a infligé 5 413 amendes aux sept sociétés. Cela représente en moyenne une amende et demie par vélo en service.
De plus, la fourrière a dû retirer 2 099 vélos mal garés depuis le début de 2025, et 4 443 plaintes pour stationnement gênant ont été reçues de la part des habitants. La plupart de ces plaintes proviennent des quartiers les plus touristiques : Ciutat Vella, Eixample et Sant Martí.
À la fin de 2024, lors de l’attribution de nouvelles licences, le conseil municipal avait, pourtant, demandé aux entreprises de mieux gérer le stationnement. Bien que les opérateurs aient accepté cette exigence, cet accord n’a apparemment jamais été respecté.
Un autre argument avancé par la mairie concerne le profil des utilisateurs : ces vélos sont principalement utilisés par des touristes. Selon le conseil municipal, seulement 10 % des utilisateurs résident réellement à Barcelone. Cela représente un des principaux reproches faits à ces flottes privées, qui auraient également nui aux loueurs de vélos traditionnels dans les zones touristiques.
Pour compenser la fin de ces services, Collboni a annoncé que la mairie renforcerait sa flotte Bicing, son propre service de vélos en libre-service lancé en 2007. La différence majeure avec Lime et autres est que Bicing fonctionne sur un modèle d’abonnement et est réservé aux résidents de Catalogne.
Cette décision suscite des critiques. Henk Swarttouw, président de la Fédération européenne des cyclistes, a exprimé sa « très déception » dans un message sur LinkedIn, diffusé par Road.cc. Selon lui, la suppression de ces flottes est contraire aux tendances observées ailleurs en Europe, où le vélo partagé devient de plus en plus intégré dans les réseaux de mobilité, et cela alors que Barcelone accueillera le départ du Tour de France cet été.
En définitive, Barcelone se sépare d’un parc privé jugé ingérable en faveur d’un système public qu’elle estime plus maîtrisable.
