L’euro numérique approuvé : impacts concrets dès maintenant.
Le Parlement européen a voté pour l’euro numérique, qui est une version électronique de la monnaie unique, émise directement par la Banque centrale européenne (BCE). Le lancement de cette initiative est prévu pour 2029, après un vote en séance plénière attendu en juillet 2026 et une phase pilote à partir du second semestre 2027.

La commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen a donné son accord pour l’euro numérique. Il est important de noter qu’il s’agit d’un vote en commission et non en séance plénière. Le calendrier de mise en œuvre de ce projet se clarifie progressivement. Mais qu’est-ce que l’euro numérique exactement ?
C’est quoi l’euro numérique ?
L’euro numérique représente une version électronique de la monnaie unique, émise directement par la Banque centrale européenne (BCE). Aujourd’hui, lorsqu’une personne paie par carte, elle utilise de l’argent émis par des banques commerciales. Avec l’euro numérique, cette personne utilisera de la monnaie émise par la banque centrale. Les billets de banque ont le même statut, et l’euro numérique est donc une version dématérialisée de ces billets.
L’euro numérique serait une nouvelle forme de monnaie électronique émise par la Banque centrale européenne (BCE), fonctionnant à la fois en ligne et hors ligne. Les paiements en ligne seraient traités via un système basé sur un compte, tandis que les paiements hors ligne seraient effectués directement via des dispositifs de stockage locaux. La fonctionnalité hors ligne équivaudrait à utiliser de l’argent physique, car perdre son appareil entraînerait la perte de l’argent hors ligne, sans possibilité de remboursement.
Communiqué du Parlement européen
L’Europe ne veut pas dépendre des États-Unis
Le véritable motif de cette initiative est la souveraineté. Actuellement, lorsque l’on paie par carte dans la zone euro, les transactions passent souvent par Visa ou Mastercard, deux réseaux américains qui prélèvent des commissions. L’euro numérique vise à réduire cette dépendance envers les États-Unis, qui, sous la présidence de Donald Trump, entretiennent des relations politiques et commerciales moins favorables avec l’Europe.
Avec l’euro numérique, les transactions seraient ainsi moins coûteuses pour les commerçants et instantanées, puisqu’elles ne passeraient plus par ces sociétés américaines.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, soutient cette initiative depuis plusieurs années. Elle a voulu rassurer sur un point d’inquiétude : les espèces ne disparaîtront pas. La BCE et les responsables européens présentent l’euro numérique comme un complément à la monnaie liquide et à la carte, et non comme un substitut. Les billets continueront de circuler tant que les utilisateurs en feront la demande.
Ce que ça change vraiment pour vous
Dès son lancement, deux modes de fonctionnement seront disponibles : en ligne et hors ligne. La version hors ligne est particulièrement intéressante. Elle permettrait d’effectuer des paiements de téléphone à téléphone sans connexion internet, tant qu’ils se trouvent à proximité. Cela reviendrait à ce que votre smartphone transmette un billet de 20 euros au smartphone d’un commerçant.
En matière de confidentialité, selon la documentation officielle de la Commission européenne, lors d’un paiement hors ligne, les détails de la transaction ne seraient connus que par vous et le bénéficiaire. Ni la banque, ni la BCE ne pourraient accéder à ce que vous achetez. Le niveau de confidentialité serait donc équivalent à celui des espèces.
Cependant, il est important de noter qu’il ne s’agira pas d’un anonymat total. La proposition l’exclut explicitement, notamment pour les paiements en ligne, où votre banque conserverait accès aux données nécessaires pour lutter contre le blanchiment d’argent. Un autre point crucial est le plafonnement. La BCE établirait une limite de détention par personne afin d’éviter que les utilisateurs vident leurs comptes bancaires vers ce nouveau portefeuille numérique.
Selon CoinDesk, l’institution ne prévoit pas de risques pour la stabilité financière jusqu’à un seuil de 3 000 euros par personne. Ce montant reste cependant à définir durant les négociations. Par ailleurs, le projet a un coût important. La BCE l’évalue à environ 1,3 milliard d’euros jusqu’au lancement, puis à 320 millions d’euros annuels pour son fonctionnement.
Il faudra attendre 2029 pour un vrai déploiement
Actuellement, rien ne change dans votre quotidien. Le vote en séance plénière est attendu pour juillet 2026, suivi de négociations entre le Parlement, le Conseil et la Commission. Une phase pilote de douze mois est prévue à partir du second semestre 2027, avec un premier lancement visé pour 2029. Tout dépendra du plafond final et de la solidité des garanties de confidentialité.
Cette initiative européenne, tendant vers une plus grande souveraineté économique, fait écho à la plateforme Wero, de plus en plus adoptée en Europe, qui devrait prochainement permettre, en France, de réaliser des achats.
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Il convient également de noter que le réseau CB français connaît un essor croissant afin de réduire la dépendance à Visa ou Mastercard.
