
Les États-Unis interdisent l’accès aux IA d’Anthropic aux pays du G7.
Washington refuse de lever son interdiction d’export sur les IA les plus puissantes d’Anthropic, ce qui a conduit à la coupure de Fable 5 et Mythos 5 pour tous les utilisateurs, y compris en France. À la suite de la demande du Premier ministre britannique Keir Starmer pour une exception, le gouvernement américain a rejeté cette demande, affirmant qu’accorder une exception aux alliés serait « parfaitement illogique ».
Washington maintient son interdiction d’exporter les modèles d’IA les plus avancés d’Anthropic, même envers ses partenaires du G7. En conséquence, Fable 5 et Mythos 5 demeurent inaccessibles pour tous, partout.
Le conflit se prolonge depuis cinq jours, en plein sommet du G7. Le département du Commerce américain a interdit l’exportation des derniers modèles d’Anthropic, Fable 5 et Mythos 5, invoquant des raisons de sécurité nationale.
Cette décision concerne tous les ressortissants étrangers, même en dehors des États-Unis. Comme Anthropic n’est pas en mesure de vérifier la nationalité de chaque utilisateur en temps réel, l’entreprise a dû restreindre l’accès à ces deux systèmes d’IA pour tout le monde, y compris en France.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a sollicité de Donald Trump une dérogation pour le Royaume-Uni lors du sommet d’Évian-les-Bains. Cependant, le gouvernement américain a contraint Anthropic à suspendre l’accès à ses modèles, sans intention de revenir sur cette décision. D’après le New York Post, un responsable de l’administration a jugé qu’accorder une exception aux alliés serait « parfaitement illogique ». La demande britannique a donc été refusée.
Un jailbreak au cœur du conflit
La décision serait liée à une vulnérabilité de sécurité. Un « jailbreak », c’est-à-dire une méthode permettant de contourner les protections, donnerait, selon Washington, à ces IA la capacité d’identifier des failles dans des logiciels, ce qui inquiète quant à leur utilisation par des hackers. Anthropic dément cette assertion : l’entreprise la qualifie de « mineure » et considère qu’il est disproportionné de suspendre un modèle utilisé par des millions de personnes, surtout après avoir testé ses protections avec des agences gouvernementales. Cette alerte proviendrait d’Amazon, le premier investisseur d’Anthropic.
Au déjeuner du G7, le 17 juin, Dario Amodei, PDG d’Anthropic, a exhorté les dirigeants à ne pas se diviser sur le sujet de l’IA, et ce, devant un Donald Trump présent à la même table. Le président américain a simplement répondu que les négociations avec Anthropic se déroulaient « bien ». Ce différend n’est pas récent : plus tôt dans l’année, Anthropic avait déjà été qualifié de « risque pour la sécurité nationale » après avoir refusé de fournir ses modèles pour des applications de surveillance et des armes autonomes.
Pour les utilisateurs européens, cette situation est difficile : un outil d’origine étrangère peut disparaître du jour au lendemain à cause d’une décision d’un autre État. Les autres modèles d’Anthropic restent accessibles, mais la crainte que ces IA ne tombent entre de mauvaises mains persiste.
