Construire sa Steam Machine : 8 composants, moins cher, mais un piège.
Valve facture sa Steam Machine 1 039 €, et autorise désormais SteamOS sur les PC à carte AMD. Depuis la version 3.8, déployée à la mi-juin, Valve autorise officiellement son installation sur un PC du commerce, à condition d’avoir un GPU AMD ou Intel.
Valve commercialise sa Steam Machine au prix de 1 039 € et permit désormais l’installation de SteamOS sur les PC équipés de cartes AMD. Nous avons réalisé notre propre assemblage pour un coût inférieur : voici les 8 composants à choisir, le système à installer et l’erreur à éviter.
Mardi soir, à 19h, les réservations pour la Steam Machine ont été ouvertes, et un tirage au sort déterminera qui pourra l’acheter. Au lieu d’attendre cette loterie, pourquoi ne pas assembler la machine par soi-même ? En effet, Valve a indiqué ce même soir qu’il était désormais possible d’installer SteamOS sur n’importe quel PC avec une carte AMD. Ainsi, nous vous guidons sur les composants appropriés, le système adéquat, et le faux pas qui pourrait coûter cher. Par conséquent, nous allons examiner la fiche technique de la console pour s’en rapprocher le plus possible.
Pour rappel, la Steam Machine à partir de 1 039 € est dotée d’un processeur AMD Zen 4 à 6 cœurs, d’un GPU RDNA 3 de type Radeon RX 7600 mobile, de 16 Go de mémoire DDR5 et d’un SSD PCIe 4.0, le tout dans un cube de 2,6 kg. Son prix élevé est en grande partie dû à la relation compliquée qu’elle entretient avec les fabricants de RAM. Nous visons donc un CPU AMD AM5 d’entrée de gamme, une RX 7600 de bureau et 16 Go de mémoire. En utilisant des composants disponibles sur le marché, nous pouvons réduire le prix à 971 €, soit 68 € de moins que le tarif de Valve, et sans même optimiser les prix.
**Plus performant, et souvent moins cher**
Sans surprise, à budget équivalent, un PC monté soi-même délivre plus d’images par seconde qu’une Steam Machine.
Rien d’étonnant, même si l’on espérait que Valve baisse les prix, voire subventionne sa console comme le font Sony et Microsoft.
Mon collègue Clément a d’ailleurs comparé la console à une configuration PC à 1 000 € et à une PS5 Pro : à performances équivalentes, le PC s’en sort à un coût inférieur, et avec un peu plus de budget, il surclasse la console. Toutefois, une nuance doit être faite : la Steam Machine est conçue pour rivaliser avec des consoles comme la PlayStation 5, offrant un appareil prêt à utiliser et au format compact. Le test de Clément rappelle que peu de tours de PC peuvent se faire oublier sous une télévision.
**Quels composants choisir, et où mettre le budget**
Passons à l’assemblage de notre machine. Commençons par le processeur. Le Ryzen 5 7500F à 137 € est amplement suffisant, tandis que le 7600 qui ajoute un circuit graphique intégré coûte 53 € de plus, ce qui est superflu si le budget est limité.
La carte graphique est le véritable indicateur du prix : l’Asus Dual Radeon RX 7600 à 280 € est idéale pour obtenir de bonnes performances, c’est le composant sur lequel il ne faut pas faire d’économie.
Concernant le boîtier, comme la carte mère est de type micro-ATX, il est préférable de choisir un format mATX compact, qui est moins coûteux et plus facile à assembler qu’un mini-ITX.
Les autres composants incluent un SSD de 512 Go pour se rapprocher de la console, une alimentation de 650 W offrant une marge, et un Arctic Freezer 36 qui assure un refroidissement silencieux pour 25 €.
Notre montage a l’avantage de dépasser la Steam Machine sur deux aspects : le GPU de la console est légèrement en dessous d’une RX 7600 de bureau, donc notre carte est plus performante. De plus, nous avons installé deux barrettes là où la Steam Machine n’en possède qu’une seule, ce qui limite les performances dans certains jeux.
Cependant, un inconvénient majeur réside dans le coût de la mémoire : ce kit de 16 Go à presque 248 € aurait coûté environ cinquante euros dans une période normale, cette hausse du prix du DDR5 annihile presque tout l’écart avec la console. Toutefois, la tour reste évolutive : on peut envisager par la suite une RX 9060 XT, qui est 53 % plus rapide en Full HD, ou se tourner vers le marché de l’occasion pour le GPU et le boîtier.
– Mettez le budget sur le GPU, pas sur la RAM : c’est lui qui détermine les images par seconde.
– Choisissez un boîtier mATX compact, évitez le mini-ITX, plus cher et difficile à assembler.
– Programmez des alertes de prix chez plusieurs revendeurs : les tarifs d’Amazon ne sont pas toujours les plus avantageux.
– Explorez les options d’occasion pour le GPU et le boîtier, mais restez sur du neuf pour la mémoire et le SSD.
– Un SSD PCIe 4.0 en TLC coûte à peine plus cher et reste fiable même lorsqu’il est plein.
**SteamOS, Bazzite ou attendre Nvidia ?**
Le choix du système est un aspect crucial à considérer actuellement. Pour une configuration utilisant une carte Radeon comme la nôtre, le choix le plus direct est SteamOS.
Depuis la version 3.8 (disponible sur steampowered.com), déployée à la mi-juin, Valve permet son installation sur un PC commercial, à condition d’avoir un GPU AMD ou Intel. Il suffit de récupérer l’image, de désactiver le Secure Boot dans le BIOS, et la machine démarrera dans une interface manette similaire à celle du Steam Deck, avec une précompilation des shaders qui prévient les saccades présentes sous Windows. Deux limites à connaître : l’installation efface tout le disque, et le dual boot avec Windows n’est pas encore disponible, même si Valve indique qu’il y travaille.
Pour les cartes GeForce, c’est une autre affaire. SteamOS ne prend pas encore en charge les GPU Nvidia, dont les pilotes restent fermés, contrairement à ceux d’AMD et d’Intel qui sont ouverts et intégrés au noyau Linux. Valve a confirmé qu’elle travaille en étroite collaboration avec Nvidia à ce sujet, avec une équipe dédiée qui se renforce. Le problème, c’est le calendrier : cette coopération avec Nvidia ne devrait pas aboutir avant fin 2026, voire 2027.
Bazzite est une distribution communautaire qui se rapproche le plus de SteamOS, tout en prenant en compte un matériel plus varié.
Basée sur Fedora Atomic et développée par le projet Universal Blue, Bazzite reprend le mode jeu à la manière de Steam Deck grâce au compositeur Gamescope de Valve, avec Steam préinstallé, le HDR, le VRR et la précompilation des shaders. Nous l’avons testé sur une ROG Ally avec d’excellents résultats.
Son véritable atout est d’intégrer des pilotes Nvidia en plus de Mesa pour AMD et Intel, alors que SteamOS est actuellement restreint aux cartes Radeon, ce qui en fait la solution la plus accessible pour un utilisateur de GeForce aujourd’hui.
À l’instar de SteamOS, Bazzite s’appuie sur un système à image immuable après chaque mise à jour, garantissant que la version précédente est conservée quatre-vingt-dix jours, rendant possible un retour en arrière au démarrage si un pilote cause des dysfonctionnements.
Elle fonctionne aussi bien sur un PC de salon que sur une console portable ou un PC de bureau conventionnel, grâce à des images spécifiques pour chaque machine.
**Nos conseils pour installer SteamOS**
L’installation de SteamOS est semblable à celle d’une distribution Linux classique, mais quelques réglages sont essentiels. Voici les points à ne pas manquer :
– Commencez avec une image récente, SteamOS 3.8 ou plus, téléchargée depuis la page de support de Valve : les versions antérieures ne possèdent pas les pilotes Mesa pour les GPU récents comme la RX 7600.
– Désactivez le Secure Boot dans le BIOS et maintenez le mode UEFI : SteamOS n’étant pas signé par Microsoft, il ne démarrera pas sinon.
– Installez sur un SSD dédié, et débranchez les autres disques durant l’opération : il n’existe pas de dual boot officiel, le disque cible sera entièrement formaté.
– Une clé USB de 8 Go est suffisante, 16 Go pour plus de sécurité, créée avec Rufus sur Windows ou Balena Etcher sur macOS et Linux.
– Branchez un câble Ethernet et gardez un clavier et une souris à disposition : le Wi-Fi et la manette ne sont pas toujours fiables lors des premiers démarrages.
– Dès l’allumage, effectuez la mise à jour à partir des Paramètres puis Système, avant même d’installer un jeu.
**Au-delà de Bazzite, les autres options**
Comme mentionné précédemment, Bazzite demeure la référence pour quiconque souhaite une expérience semblable à celle de Steam Deck sur un matériel non supporté par Valve, y compris les GPU Nvidia. Néanmoins, d’autres options existent, et le choix idéal dépend surtout de votre carte graphique et de votre désir de bricoler.
– **ChimeraOS** : parfait pour transformer un PC de salon en véritable console. Il démarre directement dans Steam Big Picture, se met à jour automatiquement et reste volontairement minimaliste. En revanche, il est peu adapté pour un PC de bureau et cible surtout les cartes AMD.
– **Nobara** : c’est le choix des bricoleurs. Cette distribution basée sur Fedora, développée par GloriousEggroll, inclut Proton-GE et de bonnes configurations pour Nvidia, avec un système entièrement modifiable. Cela apporte davantage de flexibilité, mais au détriment du confort d’une distribution immuable.
– **HoloISO et Steam Fork** : ce sont des « réinventions » communautaires de SteamOS, se rapprochant le plus de l’interface d’origine. Bien qu’alléchants sur le papier, surtout pour les utilisateurs AMD, ils s’avèrent plus instables que la version officielle de Valve.
– **Pop!_OS** : ici, il n’y a pas d’interface console, mais c’est une distribution générale réputée pour ses pilotes Nvidia. Pratique pour faire fonctionner un GPU Nvidia plus ancien en attendant le support officiel de SteamOS.
Pour une configuration avec Radeon, SteamOS officiel reste la solution la plus simple. Pour une GeForce, privilégiez d’abord Bazzite, et tournez-vous vers Nobara si vous aimez le bricolage, ou HoloISO pour les puristes.
**SteamOS gratuit, mais pas sans conditions**
Il est clair que le véritable tournant réside dans une phrase de la FAQ de Valve : SteamOS peut désormais s’installer gratuitement sur tout PC avec une carte AMD Radeon. Pour ceux qui possèdent une machine Radeon, c’est l’expérience Steam Machine sans la contrainte de devoir acheter un appareil ou de participer à une loterie.
Ceci dit, il convient de rester attentif, de nombreuses conditions s’appliquent. Actuellement, il n’y a pas de dual boot avec Windows, il faut désactiver le Secure Boot, et aucun anti-triche au niveau du noyau n’est en place : Valorant, Call of Duty et Battlefield ne sont pas compatibles. De plus, les utilisateurs de cartes Nvidia devront attendre, probablement jusqu’en 2027.
Avec la Steam Machine, Valve, en relation tendue avec ses fournisseurs de mémoire, semble se concentrer sur les consoles plutôt que sur les PC, un choix que l’ancien dirigeant de PlayStation jugeait inimaginable pour une éventuelle PS6 au même tarif.
| | Steam Machine 512 Go | Config maison serrée | Config maison confort |
|—————————|———————-|———————-|———————–|
| Prix | 1 039 € | 971 € | 1 045 € |
| Processeur | Zen 4 6c/12t (custom)| Ryzen 5 7500F | Ryzen 5 7600 |
| GPU | RDNA 3, niveau RX 7600M | RX 7600 (bureau) | RX 7600 (bureau) |
| Mémoire | 16 Go (1 barrette) | 16 Go (2 barrettes) | 16 Go (2 barrettes) |
| Stockage | 512 Go PCIe 4.0 | 512 Go PCIe 3.0 | 512 Go PCIe 3.0 |
| Évolutif | Partiellement | Oui | Oui |
| Prêt à l’emploi | Oui | Non | Non |
Monter sa propre Steam Machine peut avoir du sens pour ceux qui aiment bricoler ou faire évoluer leur configuration, mais la hausse des prix de la RAM a sérieusement réduit l’économie espérée. Pour à peine 70 € de différence, le modèle tout fait reste plus simple et plus compact, et son prix de 1 039 € devient presque défendable. L’auto-assemblage conserve l’avantage de la liberté, ce qui n’a pas de prix.
