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« C’est un big deal » : le patron de Fiat parle de voitures électriques à 10 000 et 15 000 €

Fiat prévoit de lancer une citadine électrique à 15 000 € et un quadricycle à 10 000 €. La Multiplina Concept, un quadricycle lourd à 4 places, devrait être présenté fin 2026, avec un lancement prévu pour 2028.

Fiat annonce officiellement son retour, se concentrant sur un marché spécifique : celui des petites voitures. Après la mise sur le marché de la Topolino sans permis, la marque prévoit de lancer une citadine électrique à 15 000 € ainsi qu’un quadricycle à 10 000 €. Quelles sont les stratégies envisagées et les contraintes rencontrées ? Olivier François, CEO de Fiat, et Guillaume Clerc, directeur produit, ont partagé leurs réflexions.
Fiat Multiplina Concept // Source : Fiat

Suite à une fusion mouvementée avec Chrysler pour former FCA, Fiat a trouvé un nouveau souffle grâce à la création de Stellantis.

L’accès aux synergies et technologies d’autres marques du groupe a permis à Fiat de développer sa gamme et d’aborder l’avenir avec un optimisme renouvelé, en se spécialisant résolument dans les petites voitures.

Les modèles 500 et Panda constituent des atouts majeurs, mais le succès rencontré par la Topolino sans permis ouvre la voie à de nouveaux projets. Parmi ceux-ci, un quadricycle lourd (version 4 places de la Topolino) et une citadine électrique abordable, en lien avec la future Citroën 2CV.

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Nous avons discuté de cette nouvelle gamme à l’occasion du lancement des nouvelles versions de la Topolino avec Olivier François, CEO de Fiat, et Guillaume Clerc, directeur produit. Après avoir abordé la réinterprétation du Multipla prévue pour le Mondial de l’Auto 2026, nous avons voulu en apprendre davantage sur les deux citadines à venir.

Une « Multiplina » prévue pour 2028

En plus des Topolino Sport et Vilebrequin, ainsi que du Tris, Fiat devait également présenter la Multiplina Concept, qui préfigure un quadricycle lourd (catégorie L7) à 4 places pour compléter la Topolino. Cette présentation a été apparemment annulée à la dernière minute, une décision soutenue par Olivier François.

« Je ne vais pas vous présenter un concept, je vais vous présenter une voiture », justifie-t-il. « Pour être tout à fait honnête, c’est un lancement super important ; pour moi, c’est aussi important que la nouvelle 500 ou la nouvelle Panda. C’est une vraie voiture avec quatre places, c’est [le retour de Fiat] dans le segment A historique. C’est un véritable lancement. C’est un gros deal. »

Fiat Topolino // Source : Fiat

Quand la Multiplina sera-t-elle dévoilée ? « Je pense qu’on peut envisager de vous montrer la voiture en fin d’année [2026] », avance-t-il. « Sachant qu’on a le temps, parce que c’est un lancement de 2028. »

Guillaume Clerc précise de son côté : « Si on arrive à trouver une solution technique qui la rend viable, on vise 2028. »

« Nous avons deux contraintes principales », ajoute-t-il. « La première, c’est le respect de la masse car un L7 doit peser moins de 450 kg hors batterie. »

Cela représente une « très grosse contrainte », doublée de « la convergence technico-économique. Faire un produit léger, tout le monde sait le faire : vous utilisez de l’aluminium et ça fonctionne, mais le coût et l’investissement seront alors beaucoup trop élevés. »

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Olivier François // Source : Fiat

« C’est cet équilibre-là qu’il faut qu’on arrive à trouver », conclut-il : « C’est comment créer un produit L7 qui respecte les limites de cette catégorie tout en étant suffisamment rentable pour nous permettre de le proposer. »

Un éventuel partage du projet avec d’autres marques de Stellantis pourrait-il être bénéfique ? « Pour l’instant, c’est une exploration Fiat », répond-il, avant d’ajouter : « Nous élargirons à d’autres marques si nous trouvons une solution et si nous constatons un potentiel commercial. Actuellement, les volumes du L7 sont limités. Nous devons donc agir avec ambition mais aussi avec prudence. »

En d’autres termes : « Si nous trouvons la solution, nous évaluerons les performances de Fiat et, dans ce cas, nous pourrions envisager d’élargir à d’autres marques de Stellantis. »

Une citadine électrique encore bien mystérieuse

Deux voitures distinctes à des prix proches des citadines actuelles

Parallèlement à la Multiplina, Fiat développe un autre projet : une citadine électrique très abordable, positionnée sous la Grande Panda, qui répond au projet européen M1E et est désignée en interne comme « E-Car ».

Cette voiture, qui sera apparentée à la future Citroën 2CV, ne doit pas être confondue avec la Multiplina : « Les deux projets sont distincts, ne répondent pas aux mêmes besoins et ne cibleront pas les mêmes clients », confirme Guillaume Clerc.

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Citroën 2CV E-Car // Source : Capture d’écran Frandroid

Olivier François ajoute : « La E-Car sera capable de plusieurs fonctions, alors que la L7 sera davantage destinée à un usage urbain. » Quel sera son prix ? Le CEO précise : « L’idée est d’avoir une E-Car dont le prix de départ sera aux alentours de 15 000 € avec les subventions, alors que la [Multiplina] devrait se vendre en dessous de 10 000 €. »

Si les 15 000 euros annoncés incluent effectivement les incitations, cela signifie que le tarif de l’E-Car serait comparable à celui des citadines électriques actuelles : la Renault Twingo, avec l’aide minimale, débute à 15 870 euros et peut descendre à 13 750 euros avec le maximum d’incitations.

Concernant la Multiplina, les 10 000 euros annoncés semblent également inclure des aides, ce qui semble logique puisque la Topolino débute à 9 990 euros en France. Toutefois, il convient de noter qu’à l’exception d’une prime CEE de 280 euros, aucune aide n’est prévue pour les quadricycles en France ; en revanche, l’Italie offre des aides allant jusqu’à 30 % du coût de la voiture.

Une réglementation pour le moins floue

Il est crucial de rappeler ce que signifie la catégorie M1E. Annoncée par la Commission européenne en décembre 2025 dans le cadre d’un plan d’action pour rendre le secteur européen plus compétitif face à la Chine, cette catégorie inclut toutes les voitures électriques de moins de 4,20 mètres de long produites en Europe.

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3,92 m de long, fabriquée en France : la Renault 5 E-Tech pourrait être une excellente « M1E » // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Cette catégorie sera dotée de « super crédits » permettant aux fabricants de réduire virtuellement leurs émissions de CO2 : chaque véhicule M1E produit comptera pour 1,3 voiture dans le calcul de la moyenne d’émissions de CO2 de tous les modèles fabriqués chaque année. Cet aspect est pris en compte dans la norme européenne CAFE, qui inflige des sanctions aux marques dont la moyenne dépasse une limite stricte de CO2 par kilomètre.

Guillaume Clerc exprime un certain mécontentement à cet égard : « C’est un premier pas intéressant, mais cela ne répond pas à un besoin d’accessibilité, qui était notre intention initiale. »

« Actuellement, il n’y a pas d’harmonisation » entre la Commission européenne et les constructeurs, regrette-t-il. « Dans l’industrie automobile, nous avons besoin de stabilité et de prévisibilité pour développer nos projets avec la réglementation encore floue. »

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Il est à noter que des discussions sont en cours. L’ACEA (l’association des constructeurs européens, incluant Stellantis) est très active sur le sujet et publie régulièrement ses positions.

Les quadricycles injustement exclus ?

Guillaume Clerc est affirmatif : « Nous souhaitons que la réglementation se développe davantage autour du M1E. »

Cela rappelle la position de Microlino, un fabricant suisse de quadricycles qui milite pour que cette catégorie soit intégrée dans les M1E, afin de bénéficier des incitations et d’être prises en compte dans le calcul de la moyenne CAFE des grandes marques.

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Microlino Lite // Source : Jérémy Fdida pour Frandroid

Guillaume Clerc soutient cette revendication : « C’est vraiment la position de Fiat, et même de Stellantis en général », explique-t-il. « Je pense que Microlino a raison. Pour une transition énergétique efficace, il est crucial que l’Europe facilite la mobilité de ses citoyens, et ces véhicules sont une excellente solution. »

Il ajoute : « Nous ne comprenons pas pourquoi des véhicules de mobilité qui transportent des personnes de A à B, sans émettre de CO2 et affichant une empreinte carbone bien inférieure à celle d’une voiture classique, soient exclus. [Fabriquer une Topolino nécessite deux à trois fois moins de ressources qu’une Fiat 500 électrique !] Cependant, en raison des normes de sécurité, le législateur a imposé des restrictions claires excluant les L6 / L7. »

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Dacia Hipster Concept // Source : Cetadi Prod

Un début de solution semble se dessiner : « Le débat avec l’Union européenne ces derniers mois était : pourquoi ne pas créer une catégorie spécifique entre le L7 et le M1, en fixant des limites de poids et de vitesse, par exemple. »

Une perspective que Dacia semblent embrasser avec son concept Hipster, qui se positionne dans cette catégorie intermédiaire, avec moins d’exigences en matière de sécurité en échange d’une vitesse limitée. « Mais pour l’instant, ce n’est pas la direction qui est prise », déplore-t-il, « donc nous devons composer avec les règles actuelles. »

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