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Royaume-Uni : Andy Burham, possible successeur de Keir Starmer ?

Le Premier ministre britannique a annoncé sa démission ce lundi matin. Andy Burnham, maire travailliste du Grand Manchester, a remporté le 19 juin une victoire à la législative partielle de Makerfield, battant Robert Kenyon avec 34,5 % des voix et 20 points d’avance.


Et si Andy Burnham succédait à Keir Starmer ? Ce lundi matin, le Premier ministre britannique a annoncé sa démission. En difficulté dans les sondages et lors des élections, Keir Starmer a vu ses deux années de mandat ponctuées de renoncements, de maladresses et d’échecs électoraux.

À l’inverse, Andy Burnham, le maire travailliste du Grand Manchester, a remporté le 19 juin une victoire claire lors de l’élection partielle de Makerfield, devançant son principal rival, le candidat de Reform UK, Robert Kenyon (34,5 % des voix), avec 20 points d’avance, alors que les sondages prédisaient une compétition beaucoup plus serrée. Cette dynamique pourrait donc lui ouvrir les portes de Downing Street, lui qui a confirmé ce lundi son intention de se présenter et a reçu le soutien du seul autre candidat déclaré, l’ancien ministre de la Santé Wes Streeting.

**Plusieurs fois au gouvernement**

Andrew Murray Burnham, né en 1970 près de Liverpool, a grandi près de Warrington après que son père, ingénieur en télécommunications, a été muté à Manchester. Bien qu’il ait très tôt manifesté un intérêt pour la politique, il a d’abord fait carrière dans les médias.

Après avoir été l’assistant de la députée de Dulwich Tessa Jowell, il devient député à la Chambre des Communes de 2001 à 2016. Parallèlement, il occupe plusieurs postes au gouvernement sous Gordon Brown, notamment celui de secrétaire en Chef du Trésor de 2007 à 2008, secrétaire d’État à la Culture jusqu’en 2009, puis secrétaire d’État à la Santé.

Élu maire du Grand Manchester (la deuxième métropole du pays après Londres) en 2017, ce supporter du club de football Everton avait déjà tenté de prendre la direction du Labour Party en 2010 puis en 2015, mais avait échoué face à Ed Miliband d’abord, puis à Jeremy Corbyn.

**Un élu de « gauche modérée »**

À l’aile gauche du Parti travailliste, le député de 56 ans a déclaré vendredi que sa victoire représentait un « tournant » dans la vie politique britannique et la « dernière chance » pour son parti d’apporter le « changement » réclamé par les électeurs, se positionnant ainsi comme un rival sérieux et un éventuel successeur de Keir Starmer.

« Nous avons besoin d’une économie qui fonctionne pour tout le monde, nous devons abaisser le prix des billets de train, des factures d’énergie […], nous devons réindustrialiser le Nord et mettre fin à un système éducatif qui privilégie les universités au détriment de l’apprentissage », a-t-il affirmé, se plaçant comme le plus populaire des élus travaillistes et peut-être même des hommes politiques britanniques selon plusieurs sondages.

Surnommé le « roi du nord », cet élu de la « soft left » (gauche modérée) avant son élection à la mairie du Grand Manchester a renforcé sa popularité et son ancrage local en se faisant le porte-parole des villes du Nord contre Londres, notamment durant la pandémie de Covid-19, où il a critiqué la gestion centralisée des restrictions.

**Le modèle économique mancunien sur tout le pays ?**

Sa politique repose sur le constat que le Royaume-Uni et son économie se sont dégradés à cause de la désindustrialisation, des privatisations, des politiques d’austérité et du Brexit, ce qui a accentué les inégalités, particulièrement dans le nord du pays.

Pour y remédier, Andy Burnham propose de transférer des pouvoirs et des moyens vers les grandes régions, comme celle de Manchester, où il a instauré un réseau intégré de bus et de tramways sous gouvernance locale, avec un ticket verrouillé à 2 livres, géré par la région plutôt que par l’État central, afin d’assurer la cohésion sociale et l’attractivité économique tout en réduisant les coûts et l’incertitude des déplacements pour les travailleurs et les entreprises.

La ville a également réussi sa transformation, passant d’un ancien bassin industriel, touché par des crises économiques, à une métropole dynamique en matière de culture, d’éducation et de sport, où l’immobilier et les services ont prospéré grâce à une main-d’œuvre qualifiée. Parfois, cela nécessite des investissements privés et étrangers, mais Manchester s’affirme désormais comme un pendant régional à la ville de Londres, très financière et internationale.