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L’œil de l’expert – Moncef Chargui : « Un non-match… »

Nos joueurs étaient loin des exigences du football de haut niveau, se contentant de marcher sur le terrain lors de la rencontre contre le Japon. Il n’y a pas deux passes de suite, et la prestation de notre équipe nationale est jugée médiocre.

Selon notre interlocuteur, les performances de nos joueurs étaient largement insuffisantes, tant sur le plan tactique, technique que physique, par rapport aux exigences du football de haut niveau. Face au Japon, ils se sont contentés d’évoluer en marchant sur le terrain.

La Presse — « Le football moderne est exigeant. Pour évoluer au plus haut niveau, il faut faire preuve de rapidité, d’explosivité et d’agressivité. Le gardien japonais n’a été sollicité que deux fois durant toute la rencontre. Personne ne peut remettre en question le travail de Hervé Renard, surtout après seulement quatre jours en poste. Cependant, je lui reproche de ne pas avoir aligné d’avant-centre alors qu’il en dispose. Hervé Renard a, en effet, reproduit la même erreur que Sabri Lamouchi en commençant le match sans attaquants de métier. Pourquoi emmener trois attaquants à la Coupe du monde si ce n’est pour les utiliser ?

Il aurait fallu aligner deux attaquants de métier dès le début et jouer selon nos capacités. Or, le spectacle sur le terrain a été décevant. Les joueurs semblaient marcher à peine. À mon sens, il n’y a pas de match à analyser pour une phase finale de la Coupe du monde. C’est un non-match. La Côte d’Ivoire, le Cap-Vert, l’Égypte et même Haïti pratiquent un football digne d’une Coupe du monde, ce qui n’est malheureusement pas notre cas. Notre équipe nationale déçoit les Tunisiens avec une prestation médiocre. Les passes n’arrivent même pas à s’enchaîner. On peut perdre un match, mais pas de cette manière. Mejbri a montré un léger sursaut par rapport au reste de l’équipe, mais il a un défaut : il conserve trop le ballon. Talbi est bien en dessous de son niveau habituel et sa performance a chuté depuis le départ de Meriah. Quant à Rani Khedira, je m’interroge sur sa présence en sélection. Certains joueurs nous ont qualifiés, d’autres jouent maintenant à la Coupe du monde. À mon sens, il aurait été judicieux de conserver les piliers tels que Meriah, Aidouni et Sassi. Il fallait se rendre à la Coupe du monde avec l’équipe qui s’est qualifiée et effectuer les changements par la suite. De plus, nous manquons de joueurs de haut niveau. Les binationaux n’évoluent pas dans des clubs européens de premier plan. Ces dernières années, à part Wahbi Khazri, je ne vois pas de binational qui ait vraiment fait la différence, sauf peut-être Ellyes Skhiri lorsqu’il jouait aux côtés de Aïssa Laidouni. Ils se complétaient : l’un était attentiste, l’autre était agressif. Nous ne pouvons pas nous permettre d’appeler des binationaux de troisième catégorie alors que des joueurs locaux pourraient faire l’affaire. Je pense, entre autres, à Zaâlouni. Par le passé, les talents émergeaient de notre championnat avant de tenter leur chance en Europe. Je pense à Mehdi Ben Slimane, Adel Sellimi, Karim Haggui, Faouzi Rouissi, Zoubeir Baya, Khaled Badra, et d’autres. Il est essentiel de privilégier les joueurs locaux, tout en améliorant notre championnat, et de ne retenir que les binationaux susceptibles d’apporter une réelle valeur ajoutée. Le football tunisien ne disparaîtra pas. Encore faut-il tirer les leçons de cette participation et engager une véritable restructuration de notre football. »