
Procès en appel de Marine Le Pen : stress et espoir pour 2027 ?
Marine Le Pen a été condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate pour détournement de fonds. Ce mardi, à 13h30, la sentence sera rendue dans la 1ère chambre civile de la cour d’appel de Paris.
« Quoi qu’il arrive, je ne serai pas morte. » Marine Le Pen a déclaré mercredi sur LCI ne « pas avoir peur » de son jugement en appel concernant l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate pour détournement de fonds, la leader du RN mise pourtant sur son avenir politique. « C’est une femme qui en a vu d’autres. Toute sa vie a été parsemée d’obstacles. Elle attend donc avec sérénité et conviction », a affirmé Andréa Kotarac, porte-parole du Rassemblement national et proche de Marine Le Pen.
La sentence sera prononcée ce mardi, à 13h30, dans la 1ère chambre civile de la cour d’appel de Paris. Pour pouvoir se présenter pour une quatrième fois à la présidentielle, Marine Le Pen doit espérer que sa peine soit réduite à deux ans ou moins d’inéligibilité, tout en évitant le port d’un bracelet électronique. « Il y a de la colère, du stress et de l’espoir. On vit une situation exceptionnelle. D’habitude, ce sont les adhérents qui choisissent leur candidat. Pour nous, cela se fera dans le bureau d’un juge, c’est inquiétant pour la démocratie », a exprimé Gilles Pennelle, eurodéputé RN.
À quelques heures du verdict, les cadres du RN ont renouvelé leurs critiques contre la justice, lancées depuis le début du procès. « Le premier jugement était un peu partisan. Cette fois, nous avons de l’espoir, car si l’on applique le droit, nous gagnerons », a déclaré le député européen Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen. Ce second procès s’est déroulé dans une ambiance plus calme par rapport à la première instance. Cependant, la stratégie de défense est restée similaire. Le parquet général a requis quatre ans de prison, dont trois avec sursis, 100.000 euros d’amende et, surtout, cinq ans d’inéligibilité.
Si les juges suivent les réquisitions des avocats généraux, le rêve de Marine Le Pen d’accéder à l’Élysée en 2027 pourrait se terminer. « Sa vie publique a été entièrement consacrée à la politique et à la conquête du pouvoir. Si elle devait buter sur cet ultime obstacle judiciaire, ce serait moralement et psychologiquement très difficile à supporter », a confié Roger Chudeau, député RN du Loir-et-Cher. « Mais c’est une femme de fer, elle jouera un rôle important auprès de Jordan Bardella », a-t-il ajouté.
Ses proches persistent à dire qu’en cas d’inéligibilité confirmée, Marine Le Pen ne serait pas anéantie, ni politiquement morte. « Ce serait dur pour elle. Rien ne lui serait épargné. Mais c’est du Breton qui ne renonce jamais. Elle a montré son incroyable capacité de résilience, face à son père, ou en 2017 [après le débat raté]. Comme Ulysse dans l’Odyssée d’Homère, ces épreuves la renforcent », a déclaré Gilles Pennelle. « Les Le Pen ont l’habitude de prendre des coups, comme Mike Tyson sur le ring », a renchéri Philippe Olivier.
L’eurodéputé, qui est également son gendre, a établi une comparaison surprenante : « Si elle était empêchée, elle acquerrait une notoriété morale particulière, pas du tout infréquentable, car elle serait victime d’une énorme injustice, un peu comme Nelson Mandela. Quand vous empêchez le principal opposant de se présenter, même sous couvert juridique, cela lui donne une parole plus forte », a-t-il affirmé.
Marine Le Pen a confirmé que, en cas d’inéligibilité, elle continuera à jouer un rôle important dans la prochaine campagne aux côtés de Jordan Bardella, le président du mouvement. Toutefois, au-delà de la communication autour de ce « duo » qui se veut uni, les divergences des derniers mois ont montré que cela ne sera pas simple. Quelle que soit l’issue du jugement ce mardi, cela marquera un tournant. « Le 7 juillet est coché de longue date dans nos calendriers, cela marquera le début de la campagne », a convenu Gilles Pennelle. L’avocat de Marine Le Pen avait averti la juge lors de sa plaidoirie : « Cette élection présidentielle rendra l’arrêt que vous aurez à rendre vertigineux. » Au bord du précipice, Marine Le Pen n’a plus qu’à espérer.
