France

La romance, star des réseaux sociaux, ne conquiert pas la BD.

Les réseaux sociaux, en particulier TikTok avec les hashtags #RomanceBD et #BookTok, ont profondément modifié les habitudes de lecture. Le Festival du Livre de Paris, qui se tient ce week-end au Grand Palais, présente l’exposition CRUSH ! sur la romance en bande dessinée.


Ce n’est plus un secret, les réseaux sociaux ont modifié les habitudes de lecture. Sur TikTok, le hashtag #RomanceBD ou #BookTok connaît un engouement considérable, avec des vidéos où les lectrices (et de plus en plus de lecteurs) partagent leurs pages préférées, leurs larmes ou leurs coups de cœur littéraires. Même le Festival du Livre de Paris qui a lieu ce week-end au Grand Palais a décidé de souligner ce phénomène avec l’exposition CRUSH ! consacrée à la romance en bande dessinée.

Les webtoons, ces bandes dessinées numériques verticales, ont ouvert la voie il y a quelques années, avec des titres comme *Lore Olympus* ou des romances coréennes très appréciées. Aujourd’hui, les éditeurs français emboîtent le pas : ils adaptent des succès numériques en version papier et lancent leurs propres créations. Le résultat ? Des albums qui se vendent très bien, souvent grâce à une communauté particulièrement active.

### Les webtoons, précurseurs de ce succès

Propulsée par les booktokeurs sur TikTok, relayée par des influenceurs et visible en bonne place dans les librairies, la romance en bande dessinée attire un public jeune, principalement féminin, qui y trouve émotion, évasion et esthétique. Plébiscité sur les réseaux sociaux et en librairie, ce genre connaît enfin un essor dans le 9e art. Des titres comme *Les Normaux* (Casterman), une romance feel-good fantastique riche en diversité, ou des adaptations de webtoons à succès, suscitent un véritable engouement. Les illustrations permettent de transmettre les émotions de manière saisissante : un regard, une couleur, une case sans texte… et les cœurs s’affolent.

Les éditions Glénat ont choisi d’investir partiellement dans des webtoons, des œuvres à lire sur téléphone, présentées sous forme de planches comme dans les bandes dessinées. « Ce qui est super positif avec le webtoon, c’est que c’est un média extrêmement communautaire. Avec la bande dessinée, l’auteur travaille souvent en solitaire pendant un an, produisant laborieusement ses planches et les distribuant via des canaux bien établis », explique Hugo Manos, l’éditeur webtoon aux éditions Glénat. « Alors que l’auteur de webtoon peut être n’importe qui. »

### L’alliance fait la force

Les éditeurs ont bien compris l’intérêt de se positionner sur ce créneau. Glénat, Casterman, Dupuis ainsi que des maisons indépendantes ne cessent d’augmenter leurs publications. Ce n’est donc plus un genre « à part », mais une nouvelle offre attrayante pour les lecteurs. D’ailleurs, les éditions Hugo Publishing, un acteur majeur dans le domaine de la New romance, ont formé un partenariat avec Glénat. « Ils possèdent un savoir-faire totalement différent du nôtre, donc cela devient complémentaire. Par conséquent, dans mon comité éditorial, je fais appel à des éditrices de Hugo Publishing pour choisir les productions à suivre et financer », précise Hugo Manos. Les acteurs s’associent progressivement pour créer des synergies et des romances sous divers formats.

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D’autres maisons d’édition avancent prudemment. Pour Dargaud, l’approche est plus ciblée, comme l’exprime le directeur éditorial François Le Bescond : « Nous ne publions quasiment pas de romance et ne développons pas ce créneau. Notre logique n’est pas de reproduire ce qui fonctionne. Toutefois, nous avons la collection Combo qui présente de jeunes auteurs abordant des thèmes romantiques. C’est donc une initiative qui vient d’eux, ce n’est pas une demande de notre part. » conclut François Le Bescond. Avec des lecteurs passionnés par ce genre et des auteurs explorant de nouveaux horizons, la bande dessinée est en train de cocher une nouvelle case.