La clinique veut « humaniser » les naissances par césarienne participative.
Sara, âgée de 28 ans, a été la première patiente à bénéficier d’une césarienne dite participative à la clinique Bretéché de Nantes. En France, la césarienne concerne 21,4 % des accouchements selon Santé publique France.
Comme de nombreuses mères, Sara, 28 ans, s’était imaginé un accouchement par voie basse. Enceinte de son premier enfant, elle a finalement dû opter pour une césarienne en fin de grossesse pour des raisons médicales. À la clinique Bretéché de Nantes, elle a été la première patiente à bénéficier d’une césarienne dite participative. Ce procédé permet aux parents de jouer un rôle actif dans la naissance de leur enfant, malgré le cadre chirurgical.
Dans la salle d’opération, Sara a pu voir son bébé sortir grâce à un champ transparent, toucher son enfant avec des gants stérilisés intégrés et le poser contre sa poitrine jusqu’à la fin de l’intervention.
Améliorer le cadre de la césarienne
« On ne voit ni le sang ni l’incision ! », rassure la jeune maman encore émerveillée. Le papa a lui aussi « adoré » l’expérience, « il a été pleinement impliqué dans l’intervention et a pu couper le cordon », se réjouit sa partenaire. L’équipe de gynécologues obstétriciens a réussi son pari, avec pour objectif principal « d’humaniser l’acte chirurgical », explique le docteur Xavier Duval-Arnould.

En France, 21,4 % des accouchements sont par césarienne selon Santé publique France. Ce moment est perçu comme « un échec » pour certaines mères qui « ont l’impression de vivre un acte chirurgical plutôt qu’une naissance », déplore le Docteur Louise Cariou de Vergie, gynécologue obstétricienne à la clinique nantaise. Grâce à la césarienne participative, « nous espérons améliorer le vécu des parents », précise la spécialiste.
Plus de proximité, moins de baby blues
Lors d’une césarienne participative, « les règles restent les mêmes que pour une césarienne classique », rappelle le Docteur Duval-Arnould, « l’intervention est proposée hors d’un contexte d’urgence et ne doit pas remplacer un accouchement par voie basse ».
Bien que les équipes n’aient que peu de recul sur cette pratique, le docteur Cariou de Vergie estime que le post-partum est moins compliqué pour ses patientes ayant bénéficié d’une césarienne participative par rapport à celles ayant eu une césarienne classique. « Pour l’instant, nous constatons que les douleurs sont moins fortes chez ces patientes et que leur baby blues est moins marqué », détaille-t-elle.
« La naissance de mon fils a été tout sauf traumatisante »
Sarah, qui s’était informée sur cette pratique dès le huitième mois de sa grossesse, recommencerait sans hésiter : « C’était très agréable et rassurant de voir ma gynécologue à travers cette petite fenêtre, cela crée une vraie proximité ». Elle, qui avait des « avis négatifs » et des craintes concernant la césarienne, est formelle : « La naissance de mon fils a été tout sauf traumatisante. »
Notre dossier maternité
Lancée en 2025 par le Groupe hospitalier mutualiste de Grenoble, cette nouvelle approche de la césarienne a été mise en place dans une poignée d’établissements français mais reste encore peu répandue. Depuis fin février, la clinique nantaise a réalisé une quinzaine de naissances via la césarienne participative.

