France

La Bourse de Paris atteint un record grâce à la baisse du brut.

Lundi, l’indice phare de la Bourse française, le CAC40, a atteint un nouveau sommet en séance à 8.642,32 points, dépassant légèrement le précédent record établi fin février, juste avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. À la clôture, l’indice s’est stabilisé à 8.613,82 points, se rapprochant du pic de 8.620,93 points enregistré le 26 février.

Cette hausse significative n’est pas isolée, car les principales Bourses européennes, notamment celles de Francfort, Madrid et Londres, affichent également des performances remarquables. Selon l’analyste Alexandre Baradez d’IG, « les dernières publications macro ont été meilleures que prévues en Europe ». La zone euro a retrouvé une croissance de 0,4 % au deuxième trimestre, malgré les effets perturbateurs de la guerre au Moyen-Orient, qui a entraîné une augmentation des prix de l’énergie. Même l’augmentation des taux d’emprunt sur le marché obligataire, conséquence de l’inflation, n’a pas freiné cette dynamique boursière. Baradez estime que « le marché se dit que c’est temporaire ».

Un facteur clé de cette tendance positive a été la chute des prix du pétrole, qui a baissé de plus de 5 % après une nouvelle série de frappes militaires et d’initiatives diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran. Les investisseurs anticipent une possible détente dans la région suite à l’annonce de Donald Trump, qui a déclaré renoncer à de nouvelles frappes contre l’Iran. Cependant, Téhéran a rétorqué qu’aucune négociation n’était en cours avec les États-Unis, mais uniquement avec Oman concernant la gestion du détroit d’Ormuz. L’analyste Bjarne Schieldrop de SEB souligne que « ce ne sont pas uniquement les nouveaux espoirs de négociations qui expliquent la baisse des cours », ajoutant que « le pétrole brut continue de circuler via le détroit d’Ormuz ».

Sur le plan des entreprises, la saison des résultats pour le premier semestre 2026 a été « incroyable », avec une croissance de 16 %, principalement portée par les secteurs de l’énergie et financier, selon Isabelle de Gavoty, gérante actions chez AllianzGI. Les marchés européens, avec des industries comme les mines à Londres, le luxe à Paris et les banques à Francfort, semblent moins affectés par les incertitudes entourant les investissements dans l’intelligence artificielle, contrairement à des places comme Séoul et le Nasdaq, qui ont connu une volatilité accrue.

Cependant, cette prospérité boursière contraste avec une réalité sociale difficile, marquée par des inégalités salariales croissantes entre les dirigeants d’entreprise et les employés. Alors que les Français sont appelés à faire des sacrifices en raison d’un budget d’État lourdement grevé par une dette importante, les disparités de revenus continuent de se creuser.