France

Le parquet classe sans suite la plainte contre Charles Alloncle pour prise illégale d’intérêts.

Le parquet national financier (PNF) a décidé de classer sans suite la plainte déposée contre le député Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Cette décision a été annoncée lundi et concerne une accusation de prise illégale d’intérêts et de trafic d’influence, plainte qui avait été formulée au début du mois de mai.

L’avocat de l’association AC !! Anti-Corruption, Me Jérôme Karsenti, avait adressé cette plainte au procureur national financier, Pascal Prache. Il soutenait que Charles Alloncle aurait influencé les débats de la commission en posant des questions qui lui auraient été suggérées par la direction de Lagardère News, dans le but de favoriser leurs intérêts.

Cependant, le PNF a conclu que la notion de « prise illégale d’intérêts » ne pouvait pas s’appliquer dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire. En ce qui concerne le trafic d’influence, le parquet a estimé que les éléments présentés ne justifiaient pas l’ouverture d’une enquête pénale, affirmant que « la perception d’un avantage indu par Charles Alloncle n’est pas apparue suffisamment étayée ».

Le parquet a également noté que les positions des personnes mises en cause n’étaient pas forcément « incompatibles avec la simple expression de positions politiques ». Le 26 avril, le quotidien Le Monde avait révélé que Lagardère News avait transmis des listes de questions à plusieurs députés, dont Charles Alloncle, en vue des auditions de la commission.

Le député UDR, qui est allié du Rassemblement National, a déclaré à l’AFP qu’il avait effectivement reçu ces listes, mais qu’il ne les avait pas utilisées. Il a également affirmé n’avoir « jamais rencontré » Constance Benqué, la présidente de Lagardère News, et qu’il avait veillé à maintenir une « indépendance la plus stricte » durant les travaux de la commission.

Dans la plainte consultée par l’AFP, l’association AC !! Anti-Corruption contestait la version de Charles Alloncle, arguant que son comportement durant les six mois de la commission était en contradiction avec ses déclarations. Elle a mis en avant une « hostilité systématique envers l’audiovisuel public » de sa part, similaire à celle suggérée par le groupe Bolloré dans ses listes. Le rapport final de Charles Alloncle, publié le 5 mai, concluait à une « crise » de l’audiovisuel public, affirmant qu’il ne répondait plus aux « attentes des Français », une analyse qui avait suscité des critiques de la part de ses opposants.