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Incendie en Gironde : Qui évacuerait Bordeaux en cas de besoin ?

La nuit a été favorable. L’incendie dévastateur qui ravage la Gironde n’a pas progressé, mais les prévisions météorologiques à partir de ce mardi, marquées par une canicule et des vents, pourraient provoquer des reprises. Alors qu’au moins 220.000 personnes ont été évacuées dans le département, notamment de nombreuses personnes autour de Bordeaux, la question de la protection des habitants de la capitale de la Nouvelle-Aquitaine se pose. Cette possibilité n’a d’ailleurs pas été totalement écartée par Laurent Nuñez lundi soir. Mais comment, concrètement, évacuer une ville de 252.000 habitants ? Où les reloger ? Comment fournir les besoins essentiels aux personnes évacuées ?

C’est la mairie qui est responsable de l’organisation de toutes les opérations en cas de catastrophes naturelles telles que les feux de forêt, mais aussi les inondations, les séismes, les tempêtes, ainsi que tout autre événement nécessitant la mise en sécurité de la population (attentat, crise sanitaire…).

Tout est consigné dans le plan communal de sauvegarde (PCS), disponible en ligne, comme c’est le cas pour Bordeaux. Les risques naturels, technologiques ou de civilisation y sont répertoriés, ainsi que le plan d’action prévu pour y faire face. Bien que les incendies de forêt ne soient pas spécifiquement traités dans le cas de Bordeaux, « la mise à l’abri ou l’évacuation vers des centres de regroupement » est envisagée dans plusieurs situations, notamment lors d’inondations.

Qu’est-ce qu’une « évacuation massive » ? Pour la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), il s’agit d’une évacuation qui « dépasse les capacités habituelles de gestion locale », en particulier en ce qui concerne l’accueil des déplacés. Cela concerne plusieurs dizaines de milliers de personnes, voire plusieurs centaines de milliers.

Lors d’évacuation de masse, c’est le préfet qui prend en charge les opérations, souvent assisté par les Services d’incendie et de secours (SDIS). Étant donné qu’il s’agit d’une « opération particulièrement complexe », elle doit être « anticipée » pour être réalisée efficacement, souligne le Centre européen de prévention du risque d’inondation (Cepri) dans son guide sur l’évacuation massive des populations. D’où l’importance d’un plan communal de sauvegarde.

Avec l’aide des acteurs institutionnels et en coordination avec les élus locaux, le préfet va évaluer les avantages et les risques d’une évacuation, précise au Parisien le colonel Martin Patier, commandant du groupement de gendarmerie des Landes. Ensuite, les habitants sont informés par le système d’alerte sur téléphone, les réseaux sociaux, les mairies ou encore par le porte-à-porte des autorités mobilisées.

En général, les évacués sont accueillis dans des abris temporaires tels que des gymnases, des établissements scolaires, des salles des fêtes, des centres d’accueil ou d’autres lieux comme des palais des congrès. Le Parc des Expositions de Bordeaux héberge ainsi provisoirement 1.000 personnes, dont « moins d’une centaine » de résidents d’Ehpad.

Pour nourrir ces sinistrés, c’est principalement le tissu associatif qui se mobilise, ainsi que la solidarité entre habitants. La Croix-Rouge a annoncé la présence de 300 de ses bénévoles venus de toute la France pour soutenir la Gironde. Parmi eux se trouvent des « logisticiens, cadres techniques nationaux opérationnels, infirmiers, équipiers de réponse aux urgences spécialisés en logistique sur des opérations internationales », précise le communiqué. Certaines des personnes relogées à Bordeaux ont raconté à BFMTV avoir été approchées par des particuliers qui leur ont proposé un hébergement temporaire.

Des évacuations massives de grandes villes ont déjà eu lieu dans le monde. On se souvient par exemple de New York, où environ 375.000 habitants avaient dû quitter des zones inondables de la mégapole américaine à l’approche de l’ouragan Sandy en 2012.